mercredi 3 février 2010

L'esclavage sans traces.

L’historien, qui a publié chez Gallimard une somme qui fait autorité sur les traites négrières, commente les découvertes de Davis sur l’esclavage des chrétiens pour Le Figaro .

LE FIGARO LITTÉRAIRE. - L’étude de Robert C. Davis montre que l’esclavage des chrétiens par les musulmans en Méditerranée n’a rien d’un phénomène anecdotique.

Olivier PÉTRÉ-GRENOUILLEAU. - En effet, c’est l’un des apports de ce livre, qui ouvre une nouvelle piste dans le champ des études sur l’esclavage. Jusqu’à présent, en dehors de quelques spécialistes, on pouvait penser que la captivité des chrétiens
par les barbaresques relevait de la simple anecdote. Les récits de captivité, à commencer par celui de Cervantès, contribuaient à cette légende car ils étaient souvent romancés. Et il était surtout très difficile de se faire une idée de l’ampleur du phénomène. L’étude de Davis donne pour la première fois une analyse chiffrée. On se rend compte qu’il s’agit d’un esclavage d’assez grande ampleur qui est resté longtemps ignoré. Pour le XVIe siècle, le nombre des esclaves chrétiens razziés par les musulmans est supérieur à celui des Africains déportés aux Amériques. Il est vrai que la traite des Noirs ne prendra vraiment son essor qu’à la fin du XVIIe siècle, avec la révolution sucrière dans les Antilles. Mais, selon Davis, il y aurait eu environ un million de Blancs chrétiens réduits en esclavage par les barbaresques entre 1530 et 1780.

C’est un chiffre impressionnant.

Certes. Mais il ne faut pas se focaliser sur la question des chiffres, afin d’établir une sorte d’échelle de Richter des esclavages. Ce que le travail de Davis permet d’affirmer, c’est que cet esclavage des chrétiens entre le XVIe et le XVIIIe siècle renvoie à une réalité non négligeable. Rien de plus. S’il est resté pour une large part ignoré, c’est qu’il n’a pas laissé beaucoup de traces. Les esclaves blancs étaient en effet principalement, à 90%, des hommes, qui ne faisaient pas souche en terre d’Islam, à l’inverse des Africains aux Amériques. C’est aussi que le questionnement est souvent premier en histoire (on se pose des questions, puis l’on
recherche les sources permettant éventuellement d’y répondre) et que cet esclavage n’a pas beaucoup intéressé les historiens.

L’asservissement des Blancs par les musulmans n’est-il pas cependant assez différent de celui subi par les esclaves africains aux Amériques ?

Il est différent à plusieurs titres. Tout d’abord, cet esclavage ne répond pas à la même logique. Au départ, les barbaresques se livrent à des opérations de course et de piraterie sur les côtes de la Méditerranée, comme c’est l’usage chez certains peuples marins depuis la plus Haute Antiquité. On avait pris l’habitude depuis l’époque byzantine de rédiger des traités prévoyant l’échange réciproque d’esclaves. Puis, les chrétiens se mobilisant pour «racheter» leurs proches tombés en esclavage, l’affaire devint plus rentable pour les razzieurs. C’est paradoxalement cette perspective financière qui accentua les raids musulmans à partir du XVIe siècle. En devenant directement et assez facilement monnayables, les esclaves devinrent des proies plus séduisantes que les navires ou les cargaisons. Les barbaresques se mirent alors à multiplier leurs razzias sur les côtes de la Méditerranée, notamment en Italie du Sud. Dans le cas de la traite transatlantique, l’esclavage répondait à un autre but : fournir une main-d’oeuvre bon marché aux colonies. Les Noirs ne pouvaient être rachetés mais seulement - rarement - se racheter eux-mêmes. Ils firent souche en Amérique, ce qui ne fut jamais le cas des chrétiens.

Il n’y a donc pas eu de traite proprement dite.

On ne devrait pas en effet parler d’une «traite» des Blancs car les musulmans cherchaient de l’argent plus ou moins rapidement, ils ne se sont pas livrés à un trafic de main-d’oeuvre. Au bout de quelques années, les esclaves chrétiens étaient soit rachetés et ils rentraient chez eux, ou ils disparaissaient. Le taux de mortalité était assez fort. Autour de 15%, selon Davis.

Certaines pratiques laissent penser que cet esclavage répond aussi à une volonté d’humilier les chrétiens, la préfiguration d’une sorte de «choc de civilisation» ?

Il peut y avoir eu un arrière-plan de lutte religieuse entre l’islam et la chrétienté. Avoir des esclaves chrétiens était une manière d’affirmer la primauté de l’islam. Mais ce critère n’était pas prioritaire, il pouvait simplement devenir un facteur aggravant dans certains cas. Les esclaves chrétiens ont d’ailleurs été traités d’une manière très différente selon les cas. Ils avaient des fonctions très variés. C’est là un trait distinctif entre les serfs, toujours attachés à la glèbe, et les esclaves. Certains ont servi comme domestiques, d’autres comme ouvriers agricoles, beaucoup ont moisi dans des bagnes.

Quand cette pratique a-t-elle cessé ?

On évoque encore cette question en 1815 au congrès de Vienne. Mais, dès le début du XIXe siècle, les avantages de la course et de la piraterie ont considérablement baissé et cette pratique va disparaître. En conclusion, je reprocherai surtout au travail de Davis de n’avoir pas assez inscrit cette traite dans le cadre de l’esclavage en Méditerranée. C’est ainsi que des Occidentaux, je pense par exemple à l’ordre de Malte, possédaient eux aussi des esclaves musulmans. Il faudra d’ailleurs attendre l’invasion de Malte par Bonaparte pour qu’ils soient libérés…

Les Cristeros.

Les Cristeros sont ces paysans mexicains qui ont pris les armes de 1926 à 1929 – et de nouveau en 1935 – pour défendre leur foi contre un gouvernement athée et violemment anti-religieux.

En 1911, se termine au Mexique une période relativement paisible de 40 ans, qui a permis à l’Eglise de se développer et de s’implanter plus solidement dans un pays où la foi catholique était déjà très enracinée, tant chez les Indiens que chez les métis et les Blancs. Les ordres religieux sont florissants. Mais surtout arrivent des générations de laïcs très dynamiques, organisés, actifs, qui créent des structures chrétiennes dans beaucoup de secteurs : Presse, action sociale, syndicats ; un projet de réforme agraire est même élaboré. Dans les campagnes, qui représentent les 2/3 des 15 millions d’habitants, les paroisses se multiplient, et la foi est au centre de la vie quotidienne, par le rosaire, la messe, et naturellement le curé. Le Mexique est très attaché à sa patronne, N-D de Guadalupe. En Janvier 1914, les évêques consacrent le pays au Christ-Roi.
Face à cette population, s’est développée une bourgeoisie d’affaire, très marquée par le positivisme d’Auguste Conte, et qui s’est donné pour devise : « Ordre et progrès ». Le syndicalisme socialiste s’est implanté dans les villes, parmi les ouvriers et les employés, hostiles aux paysans dont la foi et la mentalité leur sont étrangers. Quant à l’armée, la majorité de ses cadres sont francs-maçons.
A l’arrière-plan se tiennent les Etats-Unis, dont les loges ont inscrit à leur programme la guerre contre le Mexique catholique. Cela se traduit par une guerre économique et financière, puis par un soutien actif à toutes les politiques anticléricales menées au Mexique. La logique est celle des WASP ; Elimination de tout ce qui n’est pas blanc, anglo-saxon et protestant.
C’est donc avec enthousiasme que les autorités américaines voient arriver au pouvoir des généraux mexicains tels que les loges les avaient rêvés : Successivement Carranza (1915-20), Obregon (1920-28), et Calles (1928-35). Obregon recevra d’ailleurs, à son accession au pouvoir, un télégramme des églises épiscopaliennes l’assurant de leurs prières « dans sa lutte pour desserrer l’étau de l’Eglise Catholique Romaine sur sa grande nation ».
Avec Obregon et surtout Calles, arrive un pouvoir révolutionnaire qui a 2 sources idéologiques :
- Celle des loges maçonniques US ; le Président Portes Gil peut dire en 1929 : « Au Mexique, état et maçonnerie sont une seule et même chose depuis plusieurs années ».
- Et en même temps, dans un paradoxe qui n’est qu’apparent, le Marxisme, dès que des relations diplomatiques sont établies avec l’URSS.
Il en ressort un programme révolutionnaire simple : La révolution, c’est la Nation. Et la Nation n’admet rien au dessus d’elle.
Or l’Eglise est la seule force indépendante et capable de constituer un contre-pouvoir. Elle est donc désignée officiellement comme « cause de tous les malheurs qui ont accablé le Mexique depuis la conquête espagnole ». La persécution ouverte commence en 1917, dans un pays miné par la famine et la grippe espagnole, avec le vote d’une nouvelle constitution. Parmi de nombreuses lois révolutionnaires, plusieurs provoquent de vives réactions, notamment :
- Les lois anticléricales : Les ordres religieux sont dissous. Le clergé perd ses droits civiques, n’a plus le droit d’enseigner, ni de voter, ni de posséder. Les prêtres doivent s’inscrire à un registre d’état ; le but avoué est de créer une église nationale.
- Les lois sur l’école : Les parents perdent le droit de veiller à l’éducation des enfants, qui deviennent propriété de la Révolution Calles : « Nous devons nous emparer de la conscience de la jeunesse, parce que l’enfant appartient à la Révolution au corps collectif » (1934). C’est le début d’une rééducation très agressive des enfants dans les écoles. Endoctrinement révolutionnaire, éduction sexuelle à coups de films pornographiques, crucifix remplacés par des images obscènes ou sacrilèges, etc…
Calles, « el Jefe Maximo » finira par créer un parti unique, le Parti National Révolutionnaire, pour mieux contrôler la population.
Son fanatisme est presque dépassé par celui du gouverneur de l’Etat de Tabasco, Garrido Canabal. Dans cet état, les noms des rues qui portent des noms de saints deviennent des numéros. Les croix et inscriptions à caractère religieux sont arrachées et effacées jusque dans les cimetières, et les tombes, elles aussi, se voient dotées de numéros.
Les églises sont saisies et profanées, servent à des cérémonies parodiques et sacrilèges.
Le jour de la fête de N-D de Guadalupe, son image est brûlée en place publique, devant les enfants des écoles.
La crise éclate en Juillet 1926, avec la fameuse loi Calles, qui décrète la fermeture des écoles et des couvents, l’expulsion des prêtres d’origine étrangère, la limitation du nombre des prêtres mexicains, et leur enregistrement obligatoire. Les évêques se voient obligés de suspendre le culte dans toutes les églises du pays.
C’en est trop pour le peuple.
Dans les campagnes c’est le soulèvement spontané, sans concertation ni tactique militaire. Les paysans ne savent qu’une chose : Le gouvernement s’attaque à la royauté du Christ sur leur pays. Ils partent en criant : « Viva Cristo Rey, viva Nuestra Senora de Guadalupe ! ». De nombreuses lettres en témoignent : Ils ne cherchent pas tant la victoire que le sacrifice de leur vie pour mériter le salut de leur pays, le martyre plutôt que d’accepter la société sans dieu qu’on veut leur imposer. C’est la guerre des pauvres, des petits propiétaires ; la participation des Indiens est presque générale ; parfois des familles entières partent dans les montagnes. Pas de chef suprême, au début ; Les chefs sont choisis par les hommes, pour leurs qualités humaines et militaires. Les troupes fédérales sont attaquées avec des pierres, des bâtons, des fourches, des machettes. Les armes et les munitions doivent être prises su l’ennemi. Les premiers assauts se soldent par des massacres de paysans. Puis l’organisation s’améliore : Aux batailles rangées succède la guérilla, sous l’influence du Général Gorostiteta, agnostique qui sympathise avec la cause des Cristeros et devient leur théoricien tactique. Le manque de moyens est compensé par l’ardeur des troupes que les chef ont beaucoup de mal à canaliser. L’armée fédérale les redoute. La répression est féroce : Massacres de villages, pillages, tortures, viols ; Leurs « colonnes infernales » torturent avec une férocité inouïe les insurgés qui tombent entre leurs mains, surtout si ce sont des prêtres ou des femmes, membres des fameuses « brigades féminines » dont la jeunesse et le courage font l’admiration.
Le gouvernement a contraint les prêtres à quitter les campagnes. Une centaine d’entre eux restent, pour assister les combattants. Quatre-vingt-dix seront pris et fusillés, parfois après d’horribles tortures. Les Fédéraux, environ 150 000, ne résisteront qu’à grand-peine à la guérilla, contre laquelle ils ne savent pas lutter. Ils s’efforcent de tenir les villes et les voies ferrées. Pour les campagnes, la seule consigne est d’y semer la terreur. Aidés par l’argent et les munitions américaines, ils tiendront seulement le temps pour leur gouvernement de négocier un cessez-le-feu avec le Vatican.
Les troupes rebelles sont de plus en plus nombreuses, les morts sont aussitôt remplacés par leurs frères, leurs cousins, leurs amis. En Janvier 1927, ils sont 20 000, armés de fusils pris sur l’ennemi ; en Mars 1928, 35 000 ; en Mai 1929, 50 000.
L’armée fédérale demande sans cesse des renforts de troupes, d’avions, de munitions et d’argent. Ces derniers éléments sont largement fournis par les USA…
Dans les villes les messes sont clandestines, les prêtres sont traqués. Dans la rue ce sont les rafles, les viols, les arrestations surprises. On dénombre des centaines d’exécutions. Devant les pelotons d’exécutions les condamnés se tiennent les bras en croix, le chapelet à la main, et meurent en criant : « Vive le Christ-Roi, vive N-D de Guadalupe ! ». les Mexicains vénèrent particulièrement le Padre Miguel Pro, jeune Jésuite, fusillé avec plusieurs compagnons, et mort comme un saint après avoir pardonné à ses ennemis.
Très vite dans la population, s’organisent des réseaux clandestins qui servent au ravitaillement des combattants, au renseignement, au sabotage. Employés, étudiants, mères de familles… La plupart participent à l’effort de guerre, dans la mesure de leurs moyens, et trouvent parfois des complicités chez les épouses des chefs militaires, ou des décideurs de la grande bourgeoisie.
Finalement, parmi les Catholiques, les moins engagés sont les membres du clergé. Dès le début les évêques ont été très partagés sur la conduite à tenir ; seuls quelques uns approuvent ouvertement le soulèvement ; ils sont vite rappelés à l’ordre. Si la légitimité du combat armé a été reconnue, du bout des lèvres, la consigne qui prévaut est la prudence, et dès 1926 sont engagées des négociations avec le gouvernement. Pie XI est très mal renseigné – une de ses sources d’information est l’Ambassadeur de France qui soutient les loges américaines. Les consignes romaines interdisent aux Catholiques tout engagement politique – Pour l’engagement militaire, l’interdiction n’est pas explicite, mais Rome manifeste un hostilité marquée à tout engagement armé. Interdiction est faite aux prêtres de soutenir l’insurrection.
En Juin 1929, le gouvernement, pressé de mettre un terme à la guerre avant les élections présidentielles, obtient finalement l’aboutissement des négociations avec le Vatican ; ce sont les fameux « arreglos ».
Les Cristeros reçoivent du général qui a pris leur tête le télégramme qui restera longtemps dans leur mémoire, leur ordonnant « de se présenter à leurs autorités militaires et de faire livraison du matériel de guerre, pour recevoir sauf-conduits et retourner à la vie civile, jouissant garantie que donne la constitution à tous les citoyens honorables et conscients de leur devoir ».
Alors qu’ils étaient vainqueurs sur le plan militaire, des négociations se sont faites sans leur accord, qui les transforment en vaincus.
Ils doivent cesser la lutte et rendre les armes, sans contrepartie. Le télégramme tombe comme un couperet. Pour le peuple combattant c’est la stupeur, l’incompréhension, l’amertume. Pour beaucoup, la tentation est grande de se révolter contre Rome mais c’est finalement la foi qui l’emporte. Preuve que c’était bien pour Dieu qu’ils s’étaient battus : Ils obéissent en renonçant à leur victoire humaine pour ne pas désobéir à Dieu, à travers ses représentants.
C’est peut-être dans cette obéissance ultime qu’ils sont le plus héroïques.

Les victoires de Dieu ont souvent l’air de défaites humaines – la gloire du Christ a été d’être obéissant jusqu’à la mort. Il était logique que la gloire des Cristeros soit de l’imiter jusqu’au bout, dans une obéissance à un ordre du Pape qu’il nous est encore bien difficile de comprendre.
Ils ont reçu leur récompense dans un monde qu’il ne nous est pas encore donné de connaître.
Que sont-ils devenus ?
Près de 100 000 d’entre eux sont morts en combattant. Beaucoup ont été enlevés, ou exécutés sommairement. Certains, se sachant recherchés, s’enfuient dans les montagnes, et mènent une vie de proscrits pendant des années. Beaucoup retournent à leur ferme et doivent composer avec les lois anticléricales, encore en vigueur de nos jours, ce qui est une autre forme de martyre.
Un deuxième soulèvement aura lieu en 1935, moins important que le premier, et sans plus de résultat.

De cette épopée magnifique, il nous reste un exemple de foi, de générosité, de mobilisation totale pour le règne du Christ sur toute la vie sociale. Il nous reste un cri qui claque comme une bannière, notre bannière :

Viva Cristo Rey !

Julie Maries.

L'Anglo-Saxone.

Individu du genre humain de sexe féminin qui, de par son allure et sa propension à parler pour affirmer avec force son néant spirituel, nous renvoie avec joie par opposition à l'héritage machiste gréco-latin de l'Europe. Si l'on se cantonne à écouter les variations sonores d'une ou de plusieurs anglo-saxonnes sans prêter attention au fond, si fond il y a, on relèvera une similitude avec la volaille.

L'anglo-saxonne se caractérise physiquement par une surcharge cosmétique, un brushing volumineux, une culotte de cheval variable, une propension à s'habiller de façon masculine. Arrogance et superficialité sont les deux piliers du rapport au monde de l'anglo-saxonne. Son hobby préféré allant de la ballade du chien jusqu'aux activités sociétales (de la charité à l'hystérie lesbienne militante). Foncièrement idiote, elle n'en demeure pas moins capable de produire une infinie quantité de griefs moralistes assez grossiers et passe partout. Il faut rappeler que la finalité la plus élaborée que développe une anglo-saxonne est d'écraser son vis à vis dans l'échelle sociale. C'est précisément pour cela qu'elle se veut féministe et castratrice ainsi que fascinée par l'argent. Les deux premiers éléments lui servant à manipuler à sa guise l'anglo-saxon qui lui apporte un rang social qu'elle est par ailleurs incapable de réaliser de par l'exercice d'une activité raisonnée et stable, désintéressée.

L'anglo-saxonne est la conséquence de l'anglo-saxon, sa réalisation négative. L'anglo-saxonne incarne l'archétype occidental de la femme perçue comme idéale. Elle découle de la féminisation de l'homme anglo-saxon et porte en elle ce qu'il a abandonné. Dans les pays nord européens l'anglo-saxonne, grasse avec une mauvaise dentition passé 40 ans, s'avère être la plus hystérique sur ses "droits". L'anglo-saxonne est utilisée sans modération par le système productif euro-américain en ce qu'elle occupe dans le champ civique la fonction d'agent démobilisateur. Profondément niaise, elle se charge de répéter avec la puissance de ses hormones et son pathos inné, tous les poncifs du système en place. Elle est à juste titre une chienne de garde docile, imbue de sa personne mais trop stupide pour comprendre sa condition. C'est ainsi que le capitalisme anglo-saxon est parvenue au stade suprême de l'exploitation de l'homme: la vaginocratie est l'idéologie anti-politique des tenants du primat économique sur le civique. On note dans les pays latins une résistance marquée vis à vis des campagnes puritaines de ces grosses fesses à varices éructantes qui portent en général sur des sujets émotionnels et maternants: du droit à l'adoption par les invertis au papotage pseudo-psychologique sur les problèmes sociaux.

La meilleure chose avec une anglo-saxonne est encore de la traiter comme ce qu'est elle est: Une roulure hystérique proche de la gardienne de camp de concentration. Hilary Clinton incarne parfaitement l'anglo saxonne: Vulgaire, grande gueule, mal habillée, donneuse de leçon, sèche comme une trique, cassante, arrogante, bref américaine.

Auteur inconnu

La psychiatrisation de la société.

(…)
D'abord un premier constat : On s'est aperçu que la psychiatrie et dans une moindre mesure la psychanalyse et la psychologie tendaient à jouer un rôle de plus en plus important, normatif et parfois répressif dans le corps social, prenant la place dévolue autrefois à la religion, parfois même au système pénitentiaire. Avec les lois de protections sociales, on peut même dire que le code pénal a institué un mariage entre psychiatrie et système carcéral. Un petit rappel qui installera dans vos esprits le pouvoir d'un psychiatre : dans le cadre des lois de protection sociale, on ne juge pas et on ne condamne pas un individu considéré comme fou ou atteint d'un déséquilibre mental grave.
Néanmoins, un déséquilibré qu'il ait commis un délit ou non peut être interné pour une durée indéfinie, peut-être à vie. C'est le seul mode d'enfermement à durée illimitée sans tribunal ni juges et pour lequel un homme seul au pouvoir exorbitant possède la clé de sortie : le psychiatre traitant ou désigné.

D'autre part, la psychiatrie et la biologie psychiatrique (la recherche de médicaments psychotropes) ont trouvé une alliance extrêmement rémunératrice et fertile en s'alliant avec les militaires pour pratiquer des recherches sur le comportement humain. Car en effet, les militaires américains mirent en place avec froideur et cynisme pendant la guerre froide des structures de recherche qui formatèrent le visage de la psychiatrie moderne. En fin de compte, ce genre d'alliances, de mariages éthiquement contre-nature tendent à conférer à la psychiatrie un rôle premier qu'elle ne prétendra pas avoir auprès de ses patients, donc du grand public : celui du contrôle social, de la normalisation des comportements et en ultime recours, de la répression. On est en droit de se poser alors la question de savoir s'il existe une conspiration à large échelle visant à conformer les êtres humains à un modèle précis de normalité et par conséquent de pathologie, de mal-être, un système à visées capitalistes puisqu'il est éminemment rentable. En termes plus prosaïques, « on vous affirme que vous êtes malades, on vous dit de quoi, on vous vend le remède et nous, on s'en met plein les poches ». Par la même occasion, vous n'avez plus envie ni besoin de contester puisque vous êtes malade et que l'on vous en donne la raison. Bref, est-ce que conspirationnisme et psychiatrie font-ils bon ménage au point que l'on peut dire qu'il existe une psychiatrisation de la société ? Et enfin, les recherches en matière de psychiatrie et de sociologie n'ont-elles pas abouties à des modèles de manipulation de la société en vue de mieux la contrôler ? Voilà donc, dans le désordre les questions auxquelles nous nous efforcerons de répondre !

Le rôle de grandes entreprises et de certains réseaux d'influence
(…)
Faisons donc maintenant un petit bond dans l'histoire de la psychiatrie, de la psychologie, de la philosophie mais également dans le lourd passé de certains services secrets et lobbies.
Une constatation fondamentale : Les grands capitaines d'industries, les grands banquiers alliés avec certains membres des services secrets ont toujours fait bon ménage avec des instituts de recherches de pointe en matière de psychiatrie, d'eugénisme, de biologie et de génie génétique. Ainsi, dès le début du 20ème siècle, les grandes dynasties capitalistes comme les Rockefeller, les Warburg ou les Harriman se trouvaient être les mécènes d'organismes fondamentaux en matière de santé mentale et de psychiatrie. Rockefeller et Warburg (grande famille de banquier allemand) financèrent par exemple le Kaiser Wilhem Institut for psychiatry, institution phare dans le développement de la psychiatrie moderne. De même, le Kaiser Wilhem Institute for Anthropology, eugenics and Human Heredity ( qui deviendra l'un des piliers de la "science" raciale nazie) bénéficiera également des largesses des Rockefeller. En Angleterre et aux Etats-Unis, les financiers de la City (Londres) et de Wall Street, sous le couvert de leurs associations et confréries tels que la Round Table's Royal Institute for International Affairs (ou Chatham House) ou l'American Coucil for foreign relations, sortes de branche exécutive des tenants du « nouvel ordre mondial » seront les créateurs financiers d'organisations aussi importantes que la NIMH (National Institute for Mental Health, Angleterre) et la Tavistock Institute for Human Relations connue également sous l'étrange appellation de « Freud Hilton ».

Tavistock, le Hilton du Nouvel Ordre mondial ou le chaos social organisé
On peut sans exagérer affirmer que la Tavistock fut fondée par des membres des services secrets britanniques et américains comme le Major Rawling Reese. Dès les années 30, cette vénérable institution sera prise en main par Kurt Lewin, chercheur en psychologie de nationalité allemande et fondateur du célèbre NTL, National Training Laboratories, le centre de recherche en psychologie clinique de Harvard, crée en 1947 et temple du béhaviorisme (nota : de l'anglais behavour, comportement), de la psychologie comportementaliste. Reese et Lewin furent deux hommes clés de l'OSS, l'ancêtre de la CIA. Quant à ce cher Lewin, il est connu pour ses travaux en matière de manipulation du comportement des masses, des lavages de cerveau à large échelle obtenus « par des tortures et des traumas répétés… ». C'est lui qui est à l'origine de la théorie de la tabula rasa , de table rase selon laquelle si la terreur peut être induite à large échelle dans une société donnée, la société se réfère alors à une sorte d'état d'hébétude (« blank state »), une situation où « le contrôle peut facilement être obtenu à partir d'un point extérieur ». (cfr : Henri Victor Dicks « Fifty Years of the Tavistock Clinic », London, Routledge and Paul, 1970). Lewin affirme alors que la société pour être contrôlée au mieux doit être amenée vers un état d'esprit « infantile », immature équivalent « à celui de la situation de la petite enfance », sorte de « chaos social » qu'il a labellisé sous l'étrange appellation de « fluidité ». En 1963, Eric Trist, patron des administrateurs de l'institut Tavistock résout le problème de la même manière : « l'administration d'une série de chocs traumatiques successifs sur une société a pour effet de la déstabiliser » et … de créer « des conditions permanentes de turbulence sociale » qui serviront à terme à générer « une société nouvelle, un nouveau paradigme de société, une nouvelle possibilité de façonner le visage de cette planète ». Fred Emery, autre chercheur et associé de Trist affine encore plus le raisonnement en décrivant les effets induits par ce chaos social engendré par des traumas : la société se segmente en groupes hostiles pendant que les institutions s'effondrent. Des groupes extrémistes voient le jour. Le chaos social le plus achevé est appelé « disassociation », état dans lequel l'individuel devient la société en elle-même et pour elle-même et est isolée des autres membres du groupe social. La culture dominante se fonde sur les superstitions et les fantasmes. Tandis que les seuls moyens de communications entre les êtres sont les média électroniques qui agissent comme des leurres et accentuent la séparation, la dissociation. Cela a été écrit en 1975 dans un livre « Future, we are in », époque ou le Web n'existait pas et l'informatique n'était qu'une ébauche. Effrayant non ? D'autant plus que c'est un avenir que ces gens ont souhaité et prédit.

Ce n'est pas un secret, ce genre de recherches est mentionné en toutes lettres dans les travaux de Lewin ou encore de Zbigniew Brzezinski, (ex conseiller à la sécurité de l'administration Carter). Les gens de Tavistock se sont alors consacrés pendant et après la seconde guerre mondiale aux recherches en matière de stratégies et de guerre psychologique, travaillant d'abord pour le compte de l'OSS puis de son successeur, la CIA. Tout aussi étonnant sont les généreux mécènes de ces travaux et de la Tavistock Institute : l'OMS (l'organisation mondiale de la santé), le ministère des affaires intérieures britanniques, la fondation Rockefeller, la fondation Ford, l'institut Carnegie. Et par le biais d'un réseau complexe d'organisations sœur, la Tavistock est reliée à l'OMS, la Fédération Mondiale de Santé Mentale, l'Unesco et la Rand Corporation (cfr Dr John Coleman, Conspirator's Hierarchy). Un magnifique réseau d'influences qui a de toute évidence imprégné et inspiré le modèle de société dans lequel nous vivons (au détriment d'autres modèles plus humanistes et moins matérialistes). Henri Victor Dicks qui a consacré un livre fort bien documenté sur la Tavistock (voir supra « 50 years… ») met en évidence le rôle clé joué par cette institution dans l'invention « d'une psychiatrie sociale en tant que science politique » permettant des «techniques préventives d'intervention sur de larges échelle, … l'invention de nouvelles communautés thérapeutiques, l'invention de la culture psychiatrique…, l'invention d'une psychiatrie dirigeante et reconnue … » qui servira de modèle à toutes les thérapies. Les modèles prônés par Tavistock valorisent la sphère étatique et le collectif au détriment du bien-être individuel. Et pour en revenir au NTL, le National Training Lab, il faut savoir que la plupart des chefs d'entreprise les plus importants aux Etats-Unis sont passés par les programmes de formation et d'entraînement mis au point par le Lab, des programmes identiques à ceux employés pour la formation des officiers de l'US Navy ou encore des cadres du Département d'Etat et du ministère US de l'éducation. (lire à ce sujet l'étonnante enquête de Nexus sur Education 2000, le programme de formation du système éducatif américain, c'est édifiant)

Mais de quelle psychiatrie parlent en fait ces gens ? Et donc avec quel outil va t'on soigner tant les masses laborieuses que les destins individuels ? Celle d'une école de pensée essentielle de la psychiatrie moderne, les béhavioristes ou encore « comportementalistes ». L'un des fondateurs de l'école comportementaliste est Wilhem Maximilien Wundt (décédé en 1920). Il était titulaire de la chaire de psychologie à l'université d'Heidelberg. L'homme se déclare en plein matérialiste et se veut être le prolongement de la philosophie Hégélienne dans son secteur d'activité, un système philosophique et de conception du monde qui estime en gros que l'Etat est Tout et que l'individu n'est rien sans l'Etat. Le prolongement de ce genre conception philosophique matérialiste dans la psychologie comportementaliste est simple et fait froid dans le dos : l'homme est avant tout une chose (une cellule du corps social), un objet que l'on peut étudier « objectivement » comme n'importe quel phénomène soumis à la science. Pavlov est sans doute le chercheur le plus connu en matière de psychologie comportementaliste. Mais pas le plus intéressant. Citons par exemple Burrhus F. Skinner, héritier de Wundt, psychologue à Harvard à la fin des années 30 et qui a servi de « pont » entre les laboratoires de recherche universitaire et les services secrets. Wundt, ses collègues et ses successeurs avaient une approche essentiellement utilitariste de l'homme, considéré ni plus ni moins comme un objet, une machine qui réagit à des stimuli de façon contrôlée et conditionnée. Au bon stimulus, la bonne réponse. Entre stimulus et réponse, il n'y a pas d'âme, pas d'entité spirituelle mais plutôt une série de réactions électriques, magnétiques et neurochimiques que la science finira bien pas un jour quantifier et donc posséder. Ces mêmes chercheurs estiment par conséquent que l'homme n'est pas une créature spirituelle, mais doit être cliniquement considéré comme un animal. Le pire dans toute cette histoire est que ce sont ces gens qui accouchèrent des fondements des doctrines psychologiques et psychiatriques officielles. Ce sont eux qui créèrent les associations nationales et mondiales de santé mentale comme la NIMH (National Institue for Mental Health) et son pendant international regroupant les psychiatres diplômés et parés des avantages que confère une aura officielle.

L'homme sain créé par des statistiques
Ce sont ces mêmes cercles inspirés par l'Institut Tavistock qui rédigèrent les DSM 3 et IV (Manuel de statistique et de diagnostique des troubles mentaux), sorte de bible, de Coran utilisé par les professionnels de la santé mentale pour séparer le bon grain de l'ivraie, le sain du malsain, l'être équilibré du dément. Grâce à ce manuel, l'homme moderne, s'il désire être considéré comme une entité « statistiquement » en bonne santé mentale épousera le canevas d'une sorte de morale sociale qui a pour but de niveler les comportements et de réprimer les sociopathes, les personnes qui auraient un comportement socialement inapte. L'homme sain se définit donc statistiquement à partir du corps social, de la société sur bases d'items, de critères prédéfinis. Dans cette vision de l'humain, la société est donc tout alors que l'individu n'est rien ou pas grand chose. Bien entendu, les psychiatres se défendront en toute bonne foi et avec véhémence d'appliquer de tels raisonnements dans leur pratique curative mais il faut savoir -que ces axiomes de départ 1) l'homme peut être étudié objectivement comme une mécanique et 2) l'homme n'est rien, l'état est le but suprême-, le nec plus ultra du matérialisme prôné par le philosophe Hegel ont nourri la pensée des générations fondatrices de la psychiatrie comportementaliste. -Et que toutes leurs théories et par conséquent leurs outils diagnostics se fondent sur pareilles idéologies à fortes consonances totalitaires. Pour mieux illustrer ce nivellement des extrêmes, ce besoin irrépressible de conformer l'individu à un modèle prédéfini moralement, il suffit de jeter un œil sur le DSM IV, le manuel dont les psychiatres que vous rencontrerez se serviront pour émettre un diagnostique à votre sujet. Il y est stipulé par exemple que tous les comportements mystiques, religieux, les pensées irrationnelles portées sur la métaphysique ne sont rien d'autres que des bouffées délirantes, des signes de déséquilibre mental assez sérieux. De quoi interner les ¾ de la planète si la psychiatrie se voyait ériger en une nouvelle religion inquisitrice, un nouveau dogme sans failles parce que se parant des atours de la science. C'est aussi là que le bât blesse : la psychiatrie moderne, parce qu'elle utilise l'observation clinique et l'outil de la statistique se présente comme une science, une science médicale, une presque science exacte alors qu'elle est une science humaine toujours vacillante (comme le sont la sociologie, la psychologie, l'anthropologie etc.…) et surtout une idéologie. Une idéologie qui tend à supplanter tout sur son passage. Il n'y a qu'à voir actuellement les efforts mis en place en France, en Belgique mais aussi à un niveau internationale pour reprendre en main le secteur entier de la santé mentale puisque dorénavant, ce sont seuls les psychiatres et les psychologues diplômés qui pourront exercer avec un privilège de prescriptions en matière de santé mentale accordé pour des raisons financières aux médecins généralistes. Certes, il y avait lieu de mettre un terme à de nombreux abus de pseudo guérisseurs, gourous de sectes nocives (ou déclarées autoritairement comme telle par des commissions d'enquête parlementaire) et autres escrocs. Mais les modalités d'accès à la profession de thérapeute ont été décidées sans concertation par un lobby réduit et influencé par la psychiatrie comportementaliste et clinique. Il était hors de question de voir s'échapper nombre de patients potentiels de la compétence de la psychiatrie classique et de la médecine généraliste.

La dépression, une épidémie créée artificiellement ?
Attachons-nous maintenant aux remèdes préconisés par la psychiatrie moderne, remèdes qui consistent le plus souvent en une médicalisation du problème, à sa prise en charge par des substances psychotropes. Et le pire dans tout cela est que les médicaments modernes de la psychiatrie se construisent et se justifient à priori comme étant des remèdes efficaces, scientifiques et adaptés grâce aux outils à connotations scientifiques de la statistique et de l'expérimentation clinique. Nous abordons un chapitre troublant et fondamentale de la psychiatrie et de la psychiatrisation de la société : comment les firmes pharmaceutiques ont-elles créés les médicaments psychotropes et comment, par un étrange concours de circonstances, une épidémie aux proportions mondiales affectant la santé mentale de l'homme occidental est-elle née ? J'entends la fameuse dépression nerveuse. Autre question sous-jacente des deux premières : existe t'il un lien matériel et historique entre les psychiatres, pharmacologues et autres équipes chargées de tester des drogues et les sombres arcanes des services secrets ? A cette question précise, je répondrai par l'affirmative sans hésiter et m'attarderai donc sur l'étrange histoire des opérations de la CIA Grillflame et MKUltra Par la suite nous parlerons de la façon dont les équipes de recherches en santé mentale et les firmes pharmaceutique, dans le droit fil idéologique de MK ULTRA ont voulu répondre à la dépression –maladie quelque part créée de toutes pièces- par la camisole chimique.

Certaines opérations occultes de la science du comportement
Quelques mots d'abord sur cette tristement célèbre opération MKUltra. Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale. Des agents de l'OSS (puis de la CIA) mirent sur pied une opération visant à exfiltrer des scientifiques allemands, des médecins, des psychiatres mais aussi des physiciens, des biologistes etc.… qui pourraient leur servir dans le développement de leur arsenal militaire. La concurrence est rude car les Russes font également la même chose et il s'agit donc d'une belle quantité de sadiques et de criminels de guerre qui échapperont au procès de Nuremberg grâce à cette opération d'exfiltration prénommée Opération Paperclip. Dans le domaine de la psychiatrie, on fit venir aux USA une équipe de médecins et de spécialistes allemands qui avaient travaillé à Dachau dans le cadre d'expériences ayant pour objet la manipulation du comportement et la découverte d'un sérum de vérité. Sur la base de ce sombre héritage, la CIA structura intelligemment ses recherches en finançant des sortes de sous-traitants extérieurs et cloisonnés entre eux. C'est ainsi que de nombreux laboratoires de recherches universitaires ou appartenant à des firmes pharmaceutiques analysèrent tous les effets possibles de la plupart des drogues psychotropes, développant ainsi considérablement au bénéfice du secteur civil la connaissance des effets de presque toutes les drogues psychotropes imaginables. Des psychiatres, des psychologues cliniciens et des pharmacologues travaillèrent la plupart du temps en connaissance de cause pour la CIA ou pour l'armée et le Pentagone. On essaya du LSD, de la Mescaline, du BZ (incomparablement plus puissant que le LSD, on fabriqua même des obus de mortier avec cette drogue sous forme de spray), des neuroleptiques, des hypnotiques, des morphiniques, des amphétamines, de la psilocybine (champignons hallucinogènes), parfois sur des volontaires mal informés ou désinformés (certains militaires ou des toxicomanes en cure) et le plus souvent sur des civils sans leur consentement (patients dépressifs d'hôpitaux psychiatriques, prisonniers, étudiants, éléments subversifs, handicapés etc.…). A cet égard, on peut dire que la CIA avait agi comme la digne héritière des méthodes nazies. De façon plus complexe et subtile, on peut même affirmer que la découverte des drogues par les milieux alternatifs estudiantins, et par la « nouvelle gauche » américaine à la fin des années 50 et au début des années 60 ne fut sans doute pas le fait du hasard mais bien un effet volontaire, prémédité ou non de ces expériences un peu folles menées par la CIA et le lobby psychiatrique universitaire. Les auteurs sont partagés à ce sujet mais des indices sérieux laissent penser qu'il s'agissait d'un effet recherché, à savoir l'intoxication de la jeunesse américaine afin de la décrédibiliser et de la distraire de la politique et de la contestation. En ce qui concerne l'héroïne et la cocaïne et leur irruption très soudaine dans les ghettos noirs des grandes villes américaines (après la guerre du Viêt-Nam et le scandale des Contras au Nicaragua ), le livre du professeur Alfred Mc Coy – la politique de l'héroïne, l'implication de la CIA dans le trafic des drogues – illustrent avec beaucoup de rigueur cet aspect du problème. Mais pour Mc Coy, il s'agissait avant toute chose de financer la guérilla anti-communiste en Indochine ou en Amérique du Sud. Que la jeunesse américaine et surtout les éléments indésirables et subversifs trinquent dans l'opération était un dommage collatéral non prémédité mais tout à fait opportun ! Il convenait donc pour les services secrets de ne pas se montrer trop collaborant avec la DEA dans la lutte contre le trafic de drogues. En ce qui concerne la genèse du mouvement psychédélique fondateur de la contre-culture de la drogue, d'autres auteurs sont plus radicaux : La popularisation du LSD et des drogues en général puis la justification d'une mise en place d'une répression violente et bien ciblée est un effet voulu, prémédité par les Think Tank de Washington et autres stratèges. A ce sujet Tim Scully, un chercheur de Berkeley (Université sise près de San Francisco) affirme « qu'il se pourrait que la CIA ait employé divers groupes de contre-cultures et sectes dans le but de répandre les hallucinogènes ». Martin Lee et Bruce Shlain, deux journalistes, ajoutent dans leur livre « LSD et CIA, quand l'Amérique était sous acide » « qu'en repensant à ce qui s'est passé pendant les années soixante, un nombre étonnant de vieux routiers de la contre-culture se dirent qu'il n'était pas du tout impossible que la CIA ait véritablement inondé les mouvements de jeunes d'acide (LSD) afin de limiter la portée de leur révolte ». « Le LSD rend les gens moins compétents » constate aussi William Burroughs, écrivain, grand junkie devant l'éternel et prosateur macabre de la défonce …. « Facile de voir pourquoi ils veulent qu'on se défonce. En général, un petit coup de pouce suffit. Donnez-le en pâture aux média et l'affaire est dans le sac ». Même Ken Kesey pour qui le LSD est bénéfique n'élimine pas l'idée que la CIA a pu jouer un rôle dans le psychédélisme. Tout comme le Dr John Lilly, qui a travaillé en tant que chercheur pour la CIA sur le LSD et l'isolation sensorielle. Malheureusement, on ne connaîtra jamais le fond de cette affaire car le Dr Sidney Gottlieb, le chimiste et patron de l'opération MKUltra fit le ménage dans les archives opérationnelles de la CIA à cause de ce que l'intéressé appela prosaïquement « un problème de saturation de paperasse ». Mais quoi qu'il en soit, de nombreux psychiatres et psychologues furent mouillés de près ou de loin par ces sinistres opérations qui tendent à démontrer la fluctuation de leur éthique professionnelle au même titre que leur centre d'intérêt et leurs méthodes.

Les méthodes répétitives de l'industrie pharmaceutique et de la biologie psychiatrique
Rions ensuite un peu avec la jolie histoire du mode de fabrication des médicaments psychotropes soignant par exemple la dépression. C'est édifiant. Tout d'abord, les chercheurs découvrent un peu par hasard qu'une molécule –prenons l'exemple de la chlorpromazine- a un effet intéressant sur les patients schizophrènes. On étudiera par la suite des dérivés de cette molécule pour soigner les dépressifs. Les firmes pharmaceutiques vont donc se livrer à une longue série de tests pour valider ce médicament candidat. D'abord avec des animaux comme les rats ou les singes. Bien entendu, la schizophrénie est une maladie mentale, donc quelque part difficilement palpable, quantifiable comme le sont les maladies virales ou bactériennes. On n'est incapable de sélectionner un groupe de souris et de singes schizo ou de créer de toutes pièces cette maladie chez ces bébêtes. Comment alors tester un médicament ayant des effets sur la schizophrénie sur des animaux qui ne sont pas schizophrène au même titre que ne le seraient les hommes ? On va quand même se débrouiller en étudiant les effets observables de ladite molécule sur les rats ou les singes. Et on va faire des tests pour vérifier les effets toxiques, les effets croisés avec d'autres substances et voir les effets produits avec des substances antagonistes. On va surtout repérer à quel dosage la molécule de Chlorpromazine génère tel ou tel comportement spécifique lorsque le rat grimpe par exemple sur une corde. Si le comportement se répète de rat en rat à chaque expérience avec la corde, on estimera donc que l'expérience est un modèle prédictif (qui permet de prédire) et donc de tirer une information incontournable sur les effets de la molécule. Et le pire, c'est que si l'on observe les mêmes effets sur des rats dans la même expérience mais avec une autre molécule, on en déduira que cette molécule peut avoir des vertus curatives similaires que la Chlorpromazine. Bizarre méthode déductive, n'est-ce pas ? Voilà donc « une étrange machine qui fonctionne toute seule » (P.Pingage ; Comment la dépression est devenue une épidémie aux éditions de la découverte) dans laquelle on ne s'intéresse pas à la nature biologique de la maladie, à son essence mais plutôt aux effets du médicament. La biologie psychiatrique ne se penchera jamais sur l'étude des causes de tel ou tel trouble mental mais sur l'effet des molécules sur les récepteurs biochimiques du cerveau. Mieux encore, lorsque le médicament candidat est testé sur l'homme, on assiste à un étrange renversement des valeurs. Lors de ces tests cliniques sur des groupes humains sélectionnés selon certains critères très précis, si le médicament échoue face à son concurrent placebo, ce n'est pas le médicament qui sera remis en cause mais bien la méthode de sélection du groupe de patients. Les firmes feront répéter les expérimentations jusqu'à ce qu'un groupe soit correctement sélectionné et réponde valablement aux tests. C'est à peine une caricature.

Et lorsque de nouvelles molécules neuroleptiques ou antidépresseurs sont présentés aux malades, ils sont dépeints le plus souvent comme des panacées convenant au plus grand nombre. Les effets secondaires sont très mal mis en évidence dans la littérature informative distribuée au public et aux médecins. Pour mieux s'en convaincre, il n'y a qu'à lire tous les articles de presse qui sont parus au sujet des bavures à propos de la célèbre Fluoxétine ( Ó Prozac ) qui est présentée dans de nombreux ouvrages et de nombreux articles de presse comme une panacée convenant à tous. Certes, la Fluoxétine est une excellente molécule mais qui convient uniquement dans des cas spécifiques de dépression profonde. Son fabricant a du faire face à de nombreux procès à cause de cas de suicides, d'automutilation et pire encore, de meurtres en série aussi brutaux qu'inexplicables. Le cas typique de l'homme dépressif qui, sous traitement de Fluoxétine, prend un fusil d'assaut et fait irruption sur son lieu de travail, dans un fast food ou dans une administration et vide son chargeur sur des passants. La littérature conspirationniste s'est d'ailleurs cramponnée à ce genre d'affaire pour tenter de trouver des explications. En attendant, le fabriquant a été pendant des années le leader en termes de chiffres d'affaire sur le marché des antidépresseurs.

Mais revenons à la conception de ces médicaments. Par ces ingénieux mécanismes, la biologie psychiatrique crée en quelque sorte le malade et le remède puisqu'elle le prédéfinit en y adaptant à chaque fois une molécule qui sera toujours un dérivé ou de la même famille que la précédente. La recherche affine donc ses substances mais ne remet jamais en question ses outils et les questions posées. Comme le dit si bien Philippe Pignare, la biologie psychiatrique, cette « petite biologie crée des mécanismes de répétition, elle vient nourrir l'épidémie de dépression. La petite biologie rend possibles l'émergence et la consolidation de nouveaux marchés en captant des problèmes définis comme étant auparavant psychologiques. Du point de vue du capitalisme et de son impératif d'un renouvellement permanent des moyens de production, les psychotropes représentent le secteur le plus moderne de la médecine parce qu'il n'a pas de fin ». Nous ajouterons aussi qu'il est le plus totalitaire.

La psychiatrie se protège et domine
Autre effet pervers du système : du fait que le psychiatre se voit le seul à être autorisé à prescrire des médicaments, il détient sur les autres psychothérapeutes (psychanalystes, psychologues etc…) un pouvoir supplémentaire et définitif : il est le seul à avoir le droit de délivrer ce qui est perçu comme le remède matériel, concret, scientifique. Et par conséquent, sa discipline et son diagnostic auront quelque part le dernier mot et donc aussi l'ascendant sur les autres disciplines, les autres approches thérapeutiques. C'est aussi la meilleure façon de voir la psychiatrie s'enfermer sur elle-même, ne pas se remettre en question et perpétuer à l'infini son approche de l'humain. Il n'y a rien à faire, on peut dire que le système est à ce titre bien fait (ou mal fait selon l'approche) parce que bien protégé. Il ne peut être remis en question. D'où un pouvoir quasi surnaturel conféré à l'approche psychiatrique. Et donc, en toute logique, ce ne sera que la chimie, et l'industrie pharmaceutiques qui bouleverseront la psychiatrie car comme le dit Philippe Pignare… « les antidépresseurs et l'industrie pharmaceutique représentent le pôle le plus actif de la psychiatrie. Toutes les nouveautés, toutes les inventions, toutes les attentes, tous les budgets finançant de nouvelles recherches viennent de la pharmacie… ».

Enfin, pour mieux comprendre encore comment ce système de la psychiatrie se perpétue, fonctionne et prospère, il convient également de mettre en évidence la façon dont les psychiatres traitent leurs patients : comme je l'ai mentionné plus haut, le psychiatre, surtout en début de carrière, ne s'intéresse pas vraiment aux récits de patient, au contenu de sa douleur mais s'attache plutôt à repérer dans ce récit les indices de diagnostic qui lui permettent de classer son patient, de nommer le mal dont il souffre. Par exemple, la dépression est repérée dans le sacro-saint manuel du DSM grâce à une liste d'environ 9 items du genre « tristesse excessive », « problème d'appétit », « problèmes de sommeil » etc…sur base desquels le psychiatre va repérer puis en quelque sorte créer ou formater son patient dépressif qui en contrepartie s'identifiera à ce que son thérapeute a verbalisé comme diagnostic. Mieux encore, grâce à l'industrie pharmaceutique, on a popularisé au travers des articles de presse ces indices de dépression auxquels bon nombre peuvent se rallier, s'identifier. Le patient arrive alors avec une demande déjà organisée, un sentiment selon lequel il est dépressif. L'OMS a mis au point des programmes rapides de formation auprès des médecins généralistes afin qu'ils puissent « dépister » au mieux les déprimés et a mis à leur disposition des tests et des outils de diagnostiques très directifs qui permettent aux médecins d'interroger ses patients. Le succès a été foudroyant puisque 15% des patients déprimés passent par un psychiatre pour se voir accorder un traitement par antidépresseurs. De la sorte, la dépression est devenue une véritable épidémie qui a été induite par une propagande efficace et par des agents extérieurs dans le but de « formater » des personnes en mal de vivre dans un même moule, celui des items identifiant le « patient dépressif ». Une aubaine pour l'industrie pharmaceutique qui s'oriente ces derniers temps, comme toute industrie capitaliste vers une segmentation de son marché, une spécialisation, afin d'accroître encore sa « clientèle ».. C'est ainsi que des antidépresseurs s'adressant à des personnes spécifiques vont voir le jour : telle firme nordique veut trouver une « niche » pour son médicament et oriente ses recherches vers la dépression masculine par opposition à la dépression féminine ; concept qu'elle va finir par structurer pour modeler la réalité et la cible visée (les hommes occidentaux) avec ce concept. Ou telle autre firme britannique parle de « troubles de l'anxiété sociale » pour des personnes atteintes de « phobies sociales ». Enfin le marché des pays en voie de développement n'est pas oublié puisque l'ethnopsychiatrie a quelque part pour but d'identifier des indices de dépression propres à des cultures étrangères puis de les conformer par similarité aux items de notre culture. Autre tendance lourde : il a été jugé plus efficace et surtout plus rentable de mettre sur pied des modèles de thérapies ambulatoires où l'on emporte sa camisole chimique à la maison plutôt que d'interner, d'enfermer. L'intention a l'air louable. Donc, lorsqu'en 1952, la biologie psychiatrique inventa les neuroleptiques antipsychotiques, on créa de ce fait une sorte de camisole chimique qui remplaça le bon vieil enfermement, trop coûteux.. Ensuite, avec la popularisation récente des antidépresseurs derniers cris, c'est une camisole chimique plus light, plus acceptable qui vit le jour et qui a tendance aujourd'hui à remplacer les thérapies classiques. Philippe Pignare précise avec une certaine véhémence : « avec les antidépresseurs, c'est au tour des psychothérapies d'être concurrencées, comme les techniques d'enfermement l'ont été par les neuroleptiques. La force des antidépresseurs n'est pas du tout liée à leur action sur une cause biologique qui aurait été enfin identifiée. Les antidépresseurs n'ont pas besoin de théories. Pour eux tout est bon ; ils sont en situation permanente d'avaler l'ensemble du champ des troubles psychologiques, ce qui les distingue des premiers psychotropes, les neuroleptiques dont l'action sur le corps était brutale et puissante ». La dépression devient « ce qui se guérit par antidépresseur » et rien d'autre. Le médicament devient roi, c'est lui qui identifie ce qu'est le malade et l'on s'en fout en fin de compte du vécu du patient, des causes individuelles, subjectives de son mal être. Voilà donc un système ou quelque part, les barreaux ou encore la prison, la camisole sont définis comme étant les remèdes pour se libérer. Etonnant non ?!

La peur rend intelligent ?
Reste à délimiter une forme de conclusion à cette longue série de constatations, une conclusion en peu de mots. Certes, cette énumération de faits ressemble plus à un réquisitoire à charge, un acte d'accusation à l'encontre d'une certaine conception de la psychiatrie, de la société et d'un mode de gouvernement. Le flirt entre la recherche, une partie de l'industrie pharmaceutique et les militaires est plus que suspect. Les modèles idéologiques des fondateurs de psychiatrie le sont tout autant et collent comme par hasard parfaitement aux désirs de contrôle des tenants du Nouvel Ordre Mondial. Tout n'est pas mauvais dans les techniques de santé mentale et il n'y a pas lieu de jeter l'enfant avec l'eau du bain. Mais il n'en demeure pas moins inquiétant que ce sont les aspects les plus malsains et les plus normatifs du problème, cette conception totalitaire de l'homme et de la psychiatrie qui ont pris l'ascendant. Plus révélateur encore est le fait que les prédictions et modèles sociaux chaotiques et dictatoriaux imaginés par les experts de l'Institut Tavistock au cours des années 60 et 70 se soient matérialisés avec une belle constance en ce début du 21 ième siècle…Comme ils l'avaient prévu! Comme si l'on s'était conformé à la lettre à un schéma, à un plan prémédité, à un « occult agenda » comme diraient nos amis conspirationnistes américains. Raison de plus de garder les yeux ouverts…plus que jamais afin de ne pas avaler toutes les couleuvres, toutes les croyances que l'on voudrait nous faire digérer en nos âmes et consciences…Une chose que ces théoriciens n'avaient peut-être pas prévu : la peur peut rendre intelligent!

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Les soixante douze nations.

L’épisode de la Tour de Babel va retenir un moment notre attention. A notre époque où l’on parle tant de la république universelle et où l’on assiste aux premières phases de sa réalisation, il est bon de revoir dans quelles circonstances Dieu a procédé à la distinction des langues et à la dispersion des Nations.

Transportons-nous par la pensée dans les temps qui suivirent le déluge. Les trois grands embranchements ethniques du genre humain étaient déjà distincts. Il s’était déjà formé trois grandes races qui avaient respectivement pour ancêtre Sem, Cham et
Japheth, les trois fils de Noé. Chacun engendra des fils qui devinrent les patriarches des nations. Il y eut en tout soixante-douze patriarches, donc soixante-douze familles, souches des soixante-douze futures nations. Ces tribus originelles étaient distinctes mais elles n’étaient pas dispersées. Elles s’étaient établies ensemble dans la plaine du pays de Sennaar. La langue de ces tribus était la même : « Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots » (Gen. XI, 1).

Il devenait de plus en plus évident que, les tribus proliférant, il faudrait qu’elles se dispersent. C’est même la perspective de cette dispersion inévitable qui suggéra aux hommes de ce temps l’idée d’élever un monument commémoratif de leur unité primitive « avant que nous ne soyons dispersés sur toute la terre » (antequam dividamur in universas terras) (Gen. XI, 4). Cette idée d’un monument pour perpétuer le souvenir de l’unité originelle n’est pas répréhensible, elle est même louable ; mais elle s’est mêlée avec d’autres conceptions que Dieu n’a pas approuvées.
Passons sur les modalités et les techniques de constructions de la tour. Les maçons de Babel utilisèrent des briques à la place de pierres et du bitume à la place de ciment. Le symbolisme de ces nouveaux matériaux nous entraînerait trop loin.
L’Écriture sainte formule les intentions qui sont incluses dans le « grand dessein » des hommes d’alors, avec la concision qui lui est habituelle. Il faut donc peser tous les mots : « Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet atteigne le ciel et célébrons notre nom ». Un trait nous frappe tout de suite : Dieu n’est pas mentionné dans les intentions du projet. Il est dit « construisons-nous ». Le but de l’entreprise est de « célébrer le nom humain ». Les hommes de Babel avaient incontestablement l’intention de se rendre un culte à eux-mêmes. Et si la tour atteignait le ciel, c’était grâce aux seules forces humaines.
Ils voulaient célébrer et sauvegarder leur unité et cela par une ville capitale et par une tour religieuse qui symboliserait l’aptitude de l’homme à s’élever vers Dieu par ses propres forces.

La conduite de Dieu, en présence de ce projet, confirme les premières réflexions que
nous venons de nous faire. Le texte dit que Dieu, en la circonstance, observa « les fils d’Adam » ; il n’écrit pas « les fils de Noé ». Il nous suggère donc de remonter jusqu’à Adam, qui avait été Roi et Pontife, mais qui avait perdu ces deux dignités.
Les versets de la Genèse, très condensés, n’expliquent pas la pensée divine. Il faut que le lecteur découvre lui-même en quoi le projet des hommes de Babel était mauvais. Dieu dit : « Ils sont un seul peuple et ils ont une seule langue ; ils ont commencé à faire cela et ils n’abandonneront pas leur pensée tant qu’ils n’auront pas fini leur oeuvre…
Confondons ici leur langue afin qu’ils ne se comprennent plus. » (Gen. XI, 6-7).

Il est évident que Dieu juge inadmissible la ville et la tour édifiées dans de telles intentions, par « les fils d’Adam ». Il y a manifestement une certaine unité du genre humain dont Dieu ne veut pas : c’est l’unité qui se fait sans Lui.
Il est un second motif de désapprobation : ce qui déplaît à Dieu ce n’est pas seulement la tour religieuse, c’est aussi la ville capitale du genre humain. Dieu, en effet, ne considère pas seulement la tour mais la ville elle-même (ut videret civitatem et turrim). Et l’on comprend très bien pourquoi : depuis la chute d’Adam, l’autorité unique sur le monde revient, soit à Dieu qui en est le premier titulaire, soit au démon qui a détrôné Adam et s’est, d’une certaine manière, substitué à lui dans ses droits. En d’autres termes, l’autorité unique sur la terre revient, soit au Christ, soit à l’Antéchrist. C’est sans doute pourquoi le texte fait remarquer que les hommes de Babel étaient « fils d’Adam ». Pour prétendre édifier une capitale mondiale, il fallait qu’ils aient perdu la notion de la chute originelle et le désir d’un Sauveur.
Le décret divin de Babel est donc un décret de confusion, ce qui, à première vue nous étonne. Mais il faut remarquer qu’il s’agit d’une confusion et d’une dispersion provisoire en attendant que le temps de l’unité soit venu et qu’il y ait « un seul troupeau et un seul pasteur ». C’est aussi une dispersion de miséricorde : en effet l’édification d’une capitale mondiale aurait immanquablement entraîné l’apparition d’un « empereur mondial », qui n’aurait pu être qu’un antéchrist, sous lequel les hommes auraient vécu depuis lors. Le « décret de confusion » de Babel leur a épargné un long despotisme.
Un personnage est inséparablement lié à l’épisode de Babel, c’est Nemrod. L’Écriture en fait grand cas : seul, parmi les descendants de Cham, il fait l’objet de plusieurs versets dans la Genèse : « Or Chus engendra Nemrod qui fut le premier homme puissant sur la terre [...] Le début de son royaume fut Babylone, et Arach, et Achad, et Chalanné dans la terre de Sennaar. De ce même pays il alla en Assyrie et i bâtit Ninive et les rues de cette ville, et Chalé. Il bâtit aussi la grande ville de Résen, entre Ninive et Chalé". (Gen. X, 8-12).
Nemrod fut donc le fondateur de la puissance mauvaise de ASSUR, colosse qui devait faire peser, sur le peuple élu d’Israël, une perpétuelle menace dont seul Dieu pouvait le libérer. Nemrod est ainsi la première préfiguration de l’Antéchrist et il est symptomatique qu’il apparaisse précisément à l’époque de Babel et dans la plaine de Sennaar.
Il est certain que Dieu a volontairement confondu les langues et dispersé les nations afin d’entraver la constitution d’un gouvernement mondial. Il a délibérément voulu une « gentilité » fractionnée. L’empire du monde n’appartient qu’à deux personnages : le Christ ou l’Antéchrist, bien qu’à des titres antagonistes. C’est évidemment très mystérieux ; mais la Rédemption est un mystère. Les X et XIe chapitres de la Genèse énumèrent les soixante-douze ethnarques qui devaient fonder les soixante-douze nations constitutives de la Gentilité. Or Notre-Seigneur, pendant Sa vie terrestre, à plusieurs millénaires de distance, a précisément désigné soixante-douze disciples ; ils étaient destinés à seconder saint Paul dans le surhumain travail d’évangélisation des Gentils. Les12 Apôtres étaient réservés aux 12 Tribus d’Israël. Les jalons essentiels du plan de Dieu ne changent pas.

Jean Vaquié

La Russie et l'univers magique.

La Russie, géographiquement le plus grand pays sur la Terre, occupe une position unique pour l’étude de l’histoire humaine, nous offrant une fenêtre ouverte sur le monde des sociétés secrètes, des maîtres occultes, et des courants politiques souterrains.

Les idées et les pratiques tirées de la magie et de l’occulte ont toujours fait partie de la vie russe. Au seizième siècle, le Tsar Ivan IV consultait des magiciens et était conscient de la signification occulte des pierres précieuses incrustées dans son sceptre. Son règne fut le point culminant du rêve de construire une civilisation prophétique, religieuse, dans la tradition chrétienne orientale de Byzance. Entouré d’ordres secrets de moines apocalyptiques, Ivan se voyait lui-même comme l’héritier des rois d’Israël et tenta de transformer la vie russe en accord avec sa vision magique de la réalité. Ivan était convaincu que la nation russe avait une mission spéciale à accomplir, rien de moins que la rédemption du monde.

En 1586, le Tsar Boris Godounov offrit l’énorme salaire de 2 000 livres anglaises par an, plus une maison et toutes les fournitures nécessaires, à John Dee, le mage et maître-espion anglais, pour qu’il entre à son service. Le fils de Dee, le Dr Arthur Dee, qui comme son père était un alchimiste et un rosicrucien, se rendit à Moscou pour travailler comme physicien. Mikhaïl Romanov, le premier tsar de la dynastie Romanov, monta sur le trône paraît-il avec l’aide du Dr Arthur Dee et du Service Secret britannique. Avant leur arrivée au pouvoir, les Romanov furent accusés par leurs ennemis de pratiquer la magie et de posséder des pouvoirs occultes.

Le légendaire comte de Saint-Germain, décrit comme un alchimiste, un espion, un industriel, un diplomate et un rosicrucien, fut impliqué dans plusieurs intrigues politiques en Russie et fut, selon Nicolas Roerich, « un membre de la Fraternité Himalayenne ». En 1775, il voyagea à travers l’Eurasie pour étudier les enseignements occultes, et pourrait même avoir visité le Tibet. On dit qu’alors qu’il étudiait l’occultisme en Asie Centrale, le comte fut initié aux rites secrets de la magie sexuelle tantrique, qui lui fournit une technique pour prolonger sa jeunesse. Il s’engagea aussi dans des opérations d’espionnage contre la fameuse Compagnie des Indes britannique. Saint-Germain fonda deux sociétés secrètes appelées « L’Inspiration Asiatique » et les « Chevaliers de la Lumière ». Dès 1780 il avertit Marie-Antoinette que le trône français était en danger du fait d’une conspiration internationale des « Frères de l’Ombre ». Des rumeurs continuèrent à circuler de nombreuses années après l’annonce de sa mort, selon lesquelles Saint-Germain était encore en vie, travaillant derrière la scène de la politique européenne ou étudiant des doctrines occultes en Asie Centrale.

L’Occident rencontre l’Orient.

« Les pouvoirs occultes semblent être une question de tempérament national … La Russie tend à produire des mages – des hommes ou des femmes qui impressionnent par leur autorité spirituelle ; aucune autre nation ne possède l’équivalent spirituel de Tolstoï et Dostoïevski, ou même de Rozanov, Merejkovski, Soloviev, Fedorov, Berdiaev, Chestov. Certainement aucune autre nation n’a été sur le point de produire quelqu’un comme Madame Blavatsky, Gregory Raspoutine ou Georges Gurdjieff. Chacun est complètement unique. » (Colin Wilson, The Occult)

Le processus de synthèse des traditions occultes de l’Orient et de l’Occident apparaît dans l’œuvre de Helena Petrovna Blavatsky, fondatrice de la Société Théosophique [1875] et auteur du fameux livre La Doctrine Secrète. Née Helena von Hahn, fille d’une famille de militaires russes et cousine du futur Premier Ministre russe, le comte Witte, elle fut une véritable émissaire de l’Ordre Eurasien. Nevill Drury dit de l’occultiste russe :

« Sa principale contribution à la pensée mystique fut la manière dont elle chercha à synthétiser la philosophie et la religion orientales et occidentales, fournissant ainsi un cadre pour la compréhension des enseignements occultes universels. » (5)

Madame Blavatsky voyagea à travers l’Asie et l’Europe, rejoignit la milice révolutionnaire nationale de Garibaldi, combattant à la bataille de Mentana, où elle fut sérieusement blessée. A la fin des années 1870, peu après la publication de son premier livre Isis Dévoilée, dénonciation irrésistible de la religion occidentale contemporaine comme étant une faillite spirituelle, elle passa des Etats-Unis en Inde où le siège de la Société Théosophique resta jusqu’à aujourd’hui.

En 1891, le futur tsar Nicolas II, en compagnie du savant eurasien mystique, le prince Ukhtomsky, visita le siège de la Société Théosophique à Adyar. La description de la Société par le prince Ukhtomsky est révélatrice:

« Sur l’insistance de H.P. Blavatsky, une dame russe qui connaissait et qui avait vu beaucoup de choses, l’idée surgit de la possibilité, et même de la nécessité de fonder une société de théosophistes, de chercheurs de la vérité au plus large sens du mot, dans le but de recruter des adeptes de toutes croyances et races, de pénétrer plus profondément dans les plus secrètes doctrines des religions orientales, d’attirer des Asiatiques dans une vraie communion spirituelle avec des étrangers instruits de l’Occident, de nouer des relations secrètes avec divers grands prêtres, ascètes, magiciens, etc. » (6)

Madame Blavatsky voulait unir l’Asie Centrale, l’Inde, la Mongolie, le Tibet et la Chine, afin – avec l’aide de la Russie – de créer une grande puissance eurasienne pour s’opposer aux ambitions britanniques. Voyageant en Inde, Madame Blavatsky fit campagne contre la domination britannique et fut elle-même accusée par les autorités coloniales d’être une espionne russe. Le prince Ukhtomsky vit un soutien à l’Eurasie dans « l’empressement des Indiens à se grouper sous la bannière de l’étrange femme du Nord ». Il pensait que Madame Blavatsky avait été contrainte de quitter l’Inde à cause de la « suspicion des Anglais ».

Dès 1887, H.P. Blavatsky était devenue un sujet de débat dans le « Saint-Pétersbourg mystique » et reçut l’appui prestigieux de l’ami de Ukhtomsky, le mystérieux tibétain – le Dr Badmaiev, qui devait bientôt devenir célèbre pour les faveurs qu’il reçut à la Cour impériale russe et pour sa relation avec Raspoutine. La sœur de Madame Blavatsky affirma que le Métropolite russe orthodoxe de Kiev avait reconnu le don psychique de la jeune Helena, et lui avait recommandé d’utiliser ses pouvoirs avec discrétion, car il était sûr qu’ils lui avaient été donnés pour quelque but plus élevé.

Le Dr Stephan A. Hoeller, spécialiste des religions comparées et évêque de l’Eglise Gnostique, nous rappelle que H.P. Blavatsky :
« … était une vraie fille de la Mère Russie. Certains sentent que sa vie et son caractère correspondent fortement à l’archétype du traditionnel saint homme russe errant, connu sous le nom de staretz (littéralement « le vieux »), qui est un ascète, un pèlerin errant, non-clérical, qui voyage dans la campagne, exhortant les gens à se préoccuper de questions spirituelles, parfois d’une manière résolument non-orthodoxe. » (7)

Après la mort de H.P. Blavatsky à Londres en 1891, la Société Théosophique tomba sous le ferme contrôle des occultistes anglais Annie Besant et C.W. Leadbeater, un impérialiste britannique confirmé. L’orientation eurasienne donnée à la première Théosophie par H.P. Blavatsky fut compromise par l’influence de la Maçonnerie britannique et par le High Anglicanism ésotérique de Leadbeater. Dans le grand combat des magiciens, l’impulsion eurasienne trouva de nouveaux agents historiques en Occident, incluant le célèbre mage français Papus.

La Grande Bataille des Magiciens.

« Quand le 19ème siècle sera arrivé à sa fin, l’un des Frères d’Hermès viendra d’Asie pour unir à nouveau l’humanité. » (Nostradamus)

Papus, avec Oswald Wirth et De Guaita, rêvait de réunir tous les occultistes dans une Fraternité Rosicrucienne rénovée, un Ordre occulte international dans lequel ils espéraient que l’Empire Russe jouerait un rôle dirigeant en tant que pont entre l’Orient et l’Occident.

Papus était le pseudonyme du Dr Gérard Encausse (1865-1916), un disciple de Joseph Saint-Yves d’Alveydre (1842-1910), un initié de l’Eglise Gnostique Française et souvent l’instigateur de nombreux groupes occultes de son époque. L’un des occultistes les plus célèbres du tournant du siècle, il fut le fondateur de l’Ecole Hermétique à Paris, qui attira de nombreux étudiants russes, et dirigea la principale revue occultiste française, L’Initiation. Papus fut aussi le dirigeant de deux sociétés secrètes, l’Ordre Martiniste et l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix.

Quand le tsar et la tsarine russes visitèrent la France en 1896, ce fut Papus qui leur envoya un salut de la part des « Spiritualistes français », espérant que le tsar « immortaliserait son Empire par son union totale avec la Divine Providence ». Ce salut était une réminiscence des espoirs des mystiques au temps de la Sainte Alliance du tsar Alexandre 1er.

Papus fit sa première visite en Russie en 1901 et fut introduit auprès du Tsar. Il installa rapidement une loge de son Ordre Martiniste à Saint-Pétersbourg avec le Tsar comme Président des « Supérieurs inconnus » qui le contrôlaient. L’historien James Webb dit que Papus « faisait simplement revivre une dévotion envers une philosophie qui avait fleuri en Russie au tournant des 18ème et 19ème siècles avant d’être étouffée. »

En tant que principal élève de Saint-Yves d’Alveydre, Papus connaissait le rôle clé qui devait être joué par la Russie dans l’unification de l’Eurasie et sa destinée occulte en tant qu’Empire de la Fin, manifestation extérieure de l’énigmatique pouvoir de la « Shambhala du Nord ».

Par Papus, la famille impériale fit la connaissance de son ami et mentor spirituel Maître Philippe (Nizier Anthelme Philippe). Sincère mystique chrétien, il reçut un rang et des honneurs de la part du Tsar russe, et maintint le contact avec la Cour impériale jusqu’à sa mort en 1905.

Papus retourna à Saint-Pétersbourg en 1905, où la rumeur disait qu’en présence du couple impérial, il évoquait l’esprit du père du Tsar, Alexandre III, qui donnait des conseils pratiques pour résoudre la crise politique.

Maître Philippe et Papus jouèrent tous deux un important rôle politique à la Cour impériale. Ils ne conseillèrent pas seulement le Tsar pour les affaires de l’Etat mais maintinrent le contact avec des initiés russes influents de l’Ordre Martiniste, incluant deux oncles et de nombreux parents du Tsar. L’occultiste allemand Rudolf Steiner, qui avait ses propres disciples parmi l’Etat-major allemand, suivit la mission des deux Français, troublé par « l’influence étendue en Russie » de Papus. Avocat déterminé de l’alliance entre la France et la Russie, Papus avertit le Tsar d’une conspiration internationale visant à la domination mondiale.

Il pensait que le vaste Empire Russe était la seule puissance capable de contrecarrer la conspiration des « Frères de l’Ombre ». Il pressa aussi le Tsar à se préparer à la prochaine guerre contre l’Allemagne, alors machinée par des forces sinistres à Berlin. Selon un récit, il promit à la famille impériale que,

« la monarchie des Romanov serait protégée aussi longtemps que lui, Papus, serait en vie. Quand la nouvelle de sa mort atteignit Alexandra [la tsarine] en 1916, elle envoya une note à son mari (commandant à l’époque les armées russes sur le front, pendant la Première Guerre Mondiale), contenant les mots : ‘Papus est mort, nous sommes condamnés !’ »

Papus développa son Ordre Martiniste pour contrer les loges maçonniques qui, pensait-il, étaient au service de l’impérialisme britannique et des syndiqués de la finance internationale. D’après ses papiers, on sait qu’il fournit aux autorités russes de la documentation sur les activités maçonniques en Russie et en Europe. Papus condamna la Franc-Maçonnerie comme athée, par opposition au christianisme ésotérique de l’Ordre Martiniste. Il dénonça « notre époque de scepticisme, d’adoration des formes matérielles, si désespérément en quête d’une franche réaction chrétienne, indépendante de tous les clergés ». Peu après son retour après sa première visite en Russie en 1901, une série d’articles, dont Papus était largement l’inspirateur, parut dans la presse française. Ils mettaient en garde contre une « conspiration cachée » dont l’existence était totalement inconnue du public, et contre les machinations d’un sinistre syndicat financier essayant de rompre l’alliance franco-russe. Le public était aveugle aux véritables forces de l’Histoire :

« Il ne voit pas que dans tous les conflits qui surviennent à l’intérieur des nations ou entre elles, il y a à coté des acteurs visibles des inspirateurs cachés qui par leurs calculs intéressés rendent ces conflits inévitables …

Tout ce qui arrive dans l’évolution agitée des nations est ainsi préparé en secret avec le but d’assurer la suprématie de quelques hommes ; et ce sont ces quelques hommes, parfois célèbres, parfois inconnus, qui doivent être recherchés derrière tous les événements publics.

Or, aujourd’hui, la suprématie est assurée par la possession de l’Or. C’est le syndicat de la finance qui tient en ce moment les cordons secrets de la politique européenne …

Il y a quelques années, fut ainsi fondé en Europe un syndicat financier, aujourd’hui tout-puissant, dont le but suprême est de monopoliser tous les marchés du monde, et qui pour faciliter ses activités doit acquérir de l’influence politique. »

Les articles inspirés par Papus dans L’Echo de Paris révélaient le rôle du Service Secret britannique, qui était dénoncé comme étant derrière la Franc-Maçonnerie britannique, pour isoler et affaiblir la Russie. En France les agents britanniques se concentraient sur la propagande anti-russe, pendant qu’en Russie ils utilisaient la « fraude financière » pour infiltrer tous les niveaux de la société. Tous les efforts étaient requis « pour préserver l’Empereur Russe – si loyal et si généreux – des maux [du] syndicat des financiers … qui à présent contrôle les destinées de l’Europe et du monde. »

Le mystérieux Tibétain.

« Saint-Pétersbourg … en 1905 était probablement le centre mystique du monde. » (Colin Wilson, The Occult)

Shamzaran (Piotr) Badmaiev était un Bouriate mongol qui avait grandi en Sibérie et qui s’était converti à l’Orthodoxie Russe avec Alexandre III pour parrain. Il acquit une influence considérable sur le Ministère des Affaires Etrangères et le Tsar lui décerna le titre de Conseiller Privé. Badmaiev était renommé en tant que docteur en médecine tibétaine, herboriste, et guérisseur, qui traitait des patients de la haute société dans sa clinique à la mode de « médecine orientale » à Saint-Pétersbourg. Décrit par un historien russe comme « l’une des personnalités les plus mystérieuses du jour », et comme un « maître de l’intrigue », Badmaiev fut étroitement lié avec le guérisseur mystique Raspoutine.

Connu comme « le Tibétain », Badmaiev rêvait d’unir la Russie à la Mongolie et au Tibet. Il s’engagea lui-même dans d’innombrables projets, visant à la création d’un grand empire eurasien. La mission historique de la Russie, pensait-il, était en Orient, où elle était destinée à unir les bouddhistes et les musulmans pour contrer le colonialisme occidental. Badmaiev résuma sa vision en 1893 dans un rapport au tsar Alexandre III, intitulé « Les tâches de la Russie dans l’Est asiatique ». Sa compétence politique considérable assura l’appui des tribus mongoles lors de la guerre russo-japonaise.

Dans une lettre du 19 décembre 1896, Badmaiev écrivait au tsar Nicolas II : « … mes activités ont pour but que la Russie doit avoir une influence plus grande que d’autres puissances dans l’Orient mongol-tibétain-chinois ». Badmaiev exprimait une préoccupation particulière quant à l’influence de l’Angleterre en Orient, affirmant dans un mémorandum spécial :

« Le Tibet, qui – en tant que plus haut plateau de l’Asie – domine le continent asiatique, doit sans aucun doute être entre les mains de la Russie. En commandant ce point, la Russie sera sûrement capable de rendre l’Angleterre plus accommodante. »

Badmaiev connaissait la légende, populaire en Mongolie, en Chine et au Tibet, du « Tsar Blanc » qui viendrait du Nord (de la « Shambhala du Nord ») et restaurerait les traditions à présent décadentes du véritable bouddhisme. Il rapporta au tsar Nicolas II que « les Bouriates, les Mongols et particulièrement les lamas … répétaient toujours que le temps était venu d’étendre les frontières du Tsar Blanc vers l’Orient … »

Badmaiev avait d’étroites relations avec un Tibétain haut placé, le lama Agvan Dordzhiyev, tuteur et confident du 13ème Dalaï-Lama. Dordzhiyev identifiait la Russie au futur Royaume de Shambhala, annoncé dans les textes de Kalachakra du bouddhisme tibétain. Le lama ouvrit le premier temple bouddhiste en Europe, à Saint-Pétersbourg, significativement dédié à l’enseignement du Kalachakra. L’un des artistes russes qui travailla sur le temple de Saint-Pétersbourg était Nicolas Roerich, qui avait été initié à la légende de Shambhala et à la pensée orientale par le lama Dordzhiyev. Georges Gurdjieff, un autre homme mystérieux qui eut un immense impact sur l’ésotérisme occidental, connaissait le prince Ukhtomsky, Badmaiev, et le lama Dordzhiyev. Gurdjieff, accusé par les Britanniques d’être un espion russe en Asie Centrale, était-il un élève des mystérieux Tibétains ?

« Je suis en train d’entraîner de jeunes hommes dans deux capitales – Pékin et Saint-Pétersbourg – pour des activités ultérieures », avait écrit le Dr Badmaiev au tsar Nicolas II.

L’Anarchisme Mystique.

L’influence du « Tibétain » allait au-delà de la Cour impériale, jusque dans l’intelligentsia russe et plus loin encore, dans le monde souterrain de l’espionnage et de la politique révolutionnaire. L’un des mouvements intellectuels à l’époque des bouleversements politiques de 1905 était nommé « l’Anarchisme Mystique ». Deux de ses principaux représentants étaient les poètes et écrivains Viacheslav Ivanov et George Chulkov, tous deux des relations du Dr Badmaiev. Chulkov, tout comme le « Tibétain », était décrit comme un médium inconscient transmettant de mystérieuses forces.

Doctrine politique radicale visant à réconcilier la liberté individuelle et l’harmonie sociale, l’Anarchisme mystique s’inspirait des idées de Friedrich Nietzsche. Cela n’est pas surprenant si nous considérons le regard positif de Nietzsche sur la Russie, antithèse de l’Occident décadent, et la sympathie du philosophe allemand pour le bouddhisme et la culture orientale.

Selon l’historien Bernice Glatzer Rosenthal, les Anarchistes mystiques, convaincus « que des forces invisibles guident les événements ici sur Terre, croyaient que la Révolution politique reflétait des réalignements dans la sphère cosmique, et qu’un nouveau monde de liberté, de beauté, et d’amour était imminent. »

Préconisant l’abolition de toutes les autorités externes et de toute contrainte de l’individu – gouvernement, loi, moralité, coutumes sociales –, ils étaient indifférents aux droits légaux comme étant de simples « libertés formelles » et s’opposaient aux constitutions et aux parlements, en faveur de la sobornost’. Par sobornost’, ils entendaient une communauté libre unie par l’amour et la foi, dont les membres conservent leur individualité (distincte de l’individualisme, de l’affirmation de soi en-dehors ou contre la communauté).

Ils fondaient cet idéal sur leur notion de la « personne mystique », l’âme ou psyché, qui cherche l’union avec les autres et se reconnaît comme un microcosme dans le macrocosme, distincte de la « personne empirique », le Moi ou l’Ego, qui s’affirme à part ou contre les autres. Susciter et développer cette « personne mystique » rendrait possible une « nouvelle société organique » unie par les liens intérieurs invisibles de l’amour (eros, pas agape), de « l’expérience mystique », et du sacrifice – le contraire même de la société libérale, basée sur le contrat social et l’intérêt mutuel, et caractérisée par un discours rationnel. (9)

L’Anarchisme Mystique est une idée sociopolitique entièrement eurasienne. Ici nous avons un très mystérieux motif sous une forme moderne : le grand combat de la civilisation occidentale empirique, ploutocratique, contre la culture mystique et sacrificielle de l’Eurasie. En termes occultes c’est le conflit entre l’impulsion de « Shambhala » et les renégats de la « civilisation atlantéenne ». La Fraternité de la Lumière du Nord combattant les Frères de l’Ombre, manifestation externe de la longue guerre entre les agents de l’Etre et du Non-Etre.

Nicolas Berdiaev, Dmitri Merejkovski, Zenaïda Hippius, Valery Briusov, Mikhaïl Kuzmin, Alexandre Blok, Vassili Rozanov, ainsi qu’une foule d’autres poètes, écrivains et artistes russes, transmirent divers aspects de l’Anarchisme mystique et de la vision eurasienne. Quand le maître soufi Inayat Khan visita la Russie dans les années précédant la Révolution, il loua beaucoup « le type oriental de pensée qui est naturel à cette nation ».

Merejkovski voyait la possibilité de faire naître une « nouvelle conscience religieuse » à partir des deux types russes particuliers représentés par Tolstoï et Dostoïevski. Tolstoï tenait pour un mysticisme panthéiste de la chair, et Dostoïevski pour des valeurs spirituelles plus ascétiques. « Dans cette Russie le ‘Dieu-Homme’ se manifestera dans le monde occidental, et ‘l’Homme-Dieu’ pour la première fois en Orient, et sera, pour ceux dont la pensée réconcilie déjà les deux hémisphères, le ‘Un dans le Deux’ ».

Après la Révolution Bolchevique, Blok opposa la nouvelle Russie à l’Occident. Il appelait la Russie « les Scythes », c’est-à-dire une nation jeune, fraîche, dont la destinée était de défier l’Occident décadent :

« Nous sommes les Scythes, nous sommes les Asiates. Des siècles de vos jours ne sont qu’une heure pour nous, pourtant comme des esclaves obéissants, nous avons tenu un bouclier entre deux races hostiles – l’Europe et les hordes mongoles … Quittez la guerre et l’horreur, venez dans nos bras ouverts, à l’étreinte fraternelle, écartez la vieille épée pendant qu’il est temps, saluez-nous, frères … Ah, Vieux Monde, avant de périr, rejoins notre fraternel banquet. »

(…)

Hommage à Anthony Sutton.

Reproduction quasi intégrale d’un article paru dans le bulletin bimestriel SOUS LA BANNIÈRE, LES GUILLOTS, 18260 VILLEGENON, FRANCE.
En hommage à monsieur Anthony SUTTON, historien américain, décédé le 16 Juin 2002, avec qui j'avais échangé quelques courriers ... très amicaux... en Octobre 2001...



"Antony C. Sutton est né à Londres (Angleterre) en 1925 mais passa la plus grande partie de sa vie aux Etats-Unis (40 ans) après sa naturalisation.
De formation universitaire (Economie, Génie Civil), Antony Sutton exerça dans les Industries minières et de l’acier. Diplômé des Universités de Londres, de Gôttingen et de Californie, A. Sutton sera, dans les années 60, professeur d’Economie àl’Université d’Etat de Californie (Los Angeles) et pendant sept ans, chercheur à l’Université Stanford (Fondation Hoover).
Ce fut pendant son séjour à Stanford qu’il écrivit l’ouvrage définitif en trois volumes sur les “sources” de la technologie soviétique « Western Technology and Soviet Economie Development », toujours réimprimé vingt-cinq ans après sa parution...
Dans sa Lettre d’Information, Pierre de Villemarest, éminent spécialiste des questions mondialistes, écrit que « Sutton fut le seul auteur qui ait jamais disséqué les contrats grâce auxquels les totalitarismes nazi et soviétique ont pu vivre et survivre économiquement. Cela lui a d’ailleurs valu la haine et le harcèlement d’Illuminati ou « agents des Illuminati » tels que David Rockefeller, Averell Harriman, Henry Kissinger...
Sutton était « indésirable » dans les médias, jusqu’en France où le nom d’Antony Sutton n’était connu que des seuls « spécialistes en Mondialisme ». Inutile de dire qu’aucun de ses ouvrages n’a été traduit dans notre langue...
En conséquence notre auteur méritait bien un hommage pour ses travaux d’écrivain « non aligné » qui déplaisaient fortement aux « Maîtres du Système ».
Revenons à « Technologie Occidentale ». Dans cette monumentale oeuvre de 1300 pages, A. Sutton démontre la dépendance technologique de l’URSS, dès les années 30, vis à vis de l’Occident et conclue qu’à 2 ou 3 exceptions près toutes les innovations technologiques provenaient des Pays de l’Ouest, si « décriés » par le Régime Bolchevique...
L’Occident a bâti, soutenu, financé la Dictature Rouge dès les origines.
Sans un tel soutien logistique, un régime aussi inique n’aurait pas survécu !!!
On comprend que les Architectes de cette Conspiration n’aient pas du tout apprécié les révélations gênantes d’ Antony Sutton et se soient dépensés sans compter pour tenter d’occulter ses travaux...
Dans la foulée, Antony Sutton publia, comme pour enfoncer le clou, un ouvrage complémentaire intitulé : « National Suicide. Military Aid to the Soviet Union » dans lequel il accusait l’ « Establishment » d’avoir fait tuer des américains au Viêt-nam avec.., la technologie US ! ...
Cet ouvrage sera réactualisé en 1986 sous le titre « The Best Enemy Money can buy », grâce à une montagne de documentation provenant en majorité de sources gouvernementales et de sociétés “commerciales”...
Sutton insistait sur le fait que la technologie militaire soviétique était très dépendante des dons des pays « libres » (dont les E.-U.), du « commerce pacifique » et des programmes d’échanges.
Tout leur fut construit ou vendu depuis le bobinage en cuivre jusqu’ aux camions militaires, en passant par la technologie du guidage des missiles, des ordinateurs, et même de la Navette Spatiale !
Des centaines et des centaines de millions de dollars dépensés sans compter pour maintenir à flot la machinerie soviétique ...
Suite à ces révélations « indélicates », la Fondation Hoover, sur la pression de la « Maison Blanche », retira alors sa « bourse de recherches » à Antony Sutton, qui perdit son poste.
C’est une constante que les « forces de ténèbres » ne supportent pas la moindre révélation sur leurs activités subversives.
Intrigué par la nature de l’attaque dont il avait été la victime, et surtout par les forces puissantes qui avaient dirigé cette agression, Antony Sutton décida de mener une enquête approfondie sur lesdites forces et publia dans les années 70 une trilogie sur le soutien politique et financier que les Banquiers Internationaux de Wall Street avaient accordé à trois « variantes » du Socialisme.
Ainsi parurent « Wall Street and the Bolshevik Revolution », « Wall Street and the Rise of Hitler » et « Wall Street and FDR » (Franklin Delanoe Roosevelt).
Dans « Wall Street and the Bolshevik Revolution », A. Sutton dévoile l’action des dirigeants de la firme bancaire Morgan dans l’acheminement illégal de l’Or Bolchevique vers les Etats-Unis, mais aussi le rôle subversif de la Croix Rouge Américaine en Russie, cooptée par de puissants intérêts de Wall Street.
On y apprend également quels sont les hommes de Wall Street qui intervinrent pour libérer Trotsky de façon à ce que le futur organisateur de l’Armée Rouge fût en mesure de déclencher la « Véritable Révolution », cette sanglante révolution de 1917 qui renversa Kérensky, franc-maçon notoire dont le rôle consista à préparer le terrain aux « bouchers du Kremlin ».
Sutton dévoile les marchés passés entre les grandes firmes et les soviétiques dans le but précis d’accaparer le gigantesque marché russe plus de 15 ans avant que le Gouvernement des Etats-Unis ne reconnaisse le Régime Soviétique...
Pour la première fois, les liens étroits entre quelques banquiers de New-York et de nombreux révolutionnaires étaient prouvés avec des documents inattaquables, par un universitaire de renom.
Soutenant en façade (= publiquement) le mouvement anti-bolchevique, cette immonde « pègre financière » tissait des liens durables dans les coulisses de la politique, avec.., les Bolcheviques.
Poursuivant sur sa lancée, A. Sutton publiait en 1975 « Wall-Street and F.D.R.», exposant les liens entre Roosevelt et la Haute Finance Internationale, le quartier général de la Conjuration Mondiale se situant à Wall Street au n0 120 ...
Roosevelt tissa en effet des liens très étroits avec ces banquiers, de 1927 à 1934.
Ce sont les mêmes banquiers apatrides qui conseillèrent Roosevelt pour le lancement de la politique socialiste de “New Deal” (Nouvelle Donne), contribuant à l’essor du Socialisme officiel aux Etats-Unis.
C’est ce qui ressort des papiers personnels de Roosevelt qui appliqua strictement les consignes données pour l’édification de cette Nouvelle Société Mondiale.
La clique financière de Wall Street voulait que les politiques édifient une Société Socialiste car le socialisme nivelle par le bas, appauvrit et permet de mieux contrôler les peuples.
Roosevelt se fit donc le héraut de cette sinistre politique et devint l’agent de l’Illuminati Bernard Baruch, gouvernant occulte des Etats-Unis et ... d’une grande partie du monde.
Rappelons que ce fut à cette époque que Roosevelt, toujours soumis aux diktats de ses mentors, fit placer la « pyramide illuministe » sur le billet de 1 dollar, en 1933 très exactement.
Les « Maîtres du Monde » sentaient que des pas gigantesques avaient été accomplis vers leur objectif de Domination Mondiale et ne pouvaient s’empêcher de « marquer leurs territoires », à l’aide de symboles très explicites, pour des initiés...
En 1976, A. Sutton concluait avec son remarquable “Wall Street and The Rise of Hitler”.
Ce furent les financiers américains qui procurèrent à Hitler l’argent et le matériel destinés à provoquer la Deuxième Guerre Mondiale.
Trente ans d’erreurs, de mensonges, de duplicités pulvérisés en un ouvrage de 220 pages bourrées de documents et de références indiscutables.
Livre qui permit à Pierre de Villemarest d’écrire son excellent livre intitulé : « A l’ombre de Wall Street. Complicités et Financements Soviéto-Nazis ».
Dans son troisième volet, Antony Sutton prouvait que non seulement la 2e Guerre Mondiale avait été programmée mais qu’elle fut aussi extrêmement profitable à un groupe restreint d’ « insiders » de la Haute Finance.
Sutton a eu recours à des documents originaux et des témoignages de première main qui jettent une lumière crue sur des secrets sévèrement gardés jusqu’ici et que les grands financiers ne pensaient pas voir remonter de sitôt à la surface.
Nous disposons ainsi d’un éclairage unique sur le rôle joué par les J.P. Morgan, T.W. Lamont, H. Ford, les intérêts Rockefeller, la « General Electric », Standard Ou, National City Bank, Chase & Manhattan Banks, Kuhn Loeb & Co et quantité d’autres affairistes de haut vol.
La Haute Finance Internationale se penchaient dès le début sur le berceau du « National-Socialisme » dans le but de provoquer moins de dix ans plus tard la plus terrible guerre que le monde ait jamais connu jusque là, à savoir la deuxième étape du Plan « Pike-Mazzini ».

Les mêmes hommes, les mêmes firmes internationales financèrent la Révolution Bolchevique, le « New Deal » de Roosevelt et le National-Socialisme !!!

Est-il besoin de mentionner que les révélations documentées d’Antony C. Sutton déplurent fortement et que l’ « Establishment » US lui voua dès lors une haine profonde qui alla en s’amplifiant...
Antony Sutton ne s’arrêta pas en si bon chemin. Ayant appris beaucoup trop de choses sur les agissements de la Haute Finance Internationale et sur les Cercles Mondialistes, il publia un ouvrage en deux parties sur les « Guerres et les Révolutions » (Wars and Revolutions) et ceux qui les commanditent pour l’avancement de leurs plans.
De même il publia un ouvrage très documenté en deux tomes sur le sujet de la « Trilatérale » : « Trilaterals over Washington », cette fameuse société mondialiste créée en 1973 par le banquier et homme d’affaires international Rockefeller.
Société bien décortiquée par Yann Moncombledans son livre intitulé : la Trilatérale et les secrets du mondialisme.
A. Sutton réécrira entièrement son livre en deux tomes, incorporant de nouveaux documents reproduits photographiquement, mais en les publiant cette fois-ci en un seul volume, sous le titre « Trilaterals over America ». Cet ouvrage important complète très utilement celui de Yann Moncomble par la documentation qu’il fournit et les pièces inédites qu’on ne trouve pas chez notre auteur français. A la lecture d’un tel livre on saisit sans ambages le rôle détestable de cette société du « Nouvel Ordre du Monde » qui se met en place et ses ingérences insupportables dans tous les domaines : imposition, agriculture, fausse paix, ententes avec les socialo-communistes, domination bancaire, utilisation de la drogue dans une optique très particulière : celle d’exercer un contrôle de plus en plus étouffant sur les populations pour arriver sans difficulté à la Domination du Monde Entier ! Cet ouvrage contribua sans aucun doute à rendre encore plus « sympathique » Antony Sutton aux yeux des « Trilatéralistes » et autres gangsters mondialistes...
Nous n’avons signalé que les oeuvres majeures d’Antony Sutton, qui a rédigé plus d’une vingtaine de livres dont « Technological Treason » ; The Diamond Connection ; The War on Gold ; Energy, the Created Crisis, qui abordèrent à tour de rôle différents aspects de la « Domination du Monde » et du Nouvel Ordre Mondial : la trahison technologique au profit de l’Est ; les pierres précieuses, l’Or, l’Energie (une crise créée de toutes pièces par les Grands Cercles Mondialistes, les Grands Trusts Pétroliers, etc., tous liés dans le même « Complot »...).
Antony Sutton avait donc pénétré bien des secrets du « Gouvernement Occulte du Monde ». Mais aussi bizarre que cela puisse paraître, il n’était pas satisfait à cent pour cent.
Après 16 livres et 25 ans de recherches fondamentales, il pensait avoir tout vu, que le monde n’était finalement que le règne de la confusion à l’état pur, au-delà de toute intelligibilité, éloigné de toute notion de salut et qu’il n’y pouvait malheureusement pas grand chose...
En 1968 il se rappelait avoir fait publier par la Hoover Institution, à l’Université Stanford, ses volumes sur « Western Technology and Soviet Economic Development ». En 3 volumes substantiels il avait expliqué « en long, en large et en travers » comment l’Occident avait édifié l’Union Soviétique.
Toutefois ce travail suscitait des interrogations en apparence insolubles pourquoi avait-on fait cela ? Pourquoi avait-on édifié l’Union Soviétique et opéré à de nombreuses reprises des transferts de technologie à destination de l’Allemagne Hitlérienne ? Pourquoi à Washington voulait-on occulter ces faits ? Pourquoi avait-on renforcé la puissance militaire soviétique et simultanément la nôtre ?
Dans des ouvrages ultérieurs, la série des « Wall Street », A. Sutton avait accumulé d’autres questions, mais n’avait toujours pas apporté de réponse à ses interrogations profondes. Il était arrivé plus ou moins à la conclusion qu’aucune réponse rationnelle ne pouvait le satisfaire pleinement.
C’est alors, qu’en 1982, il reçut une liasse de documents d’une vingtaine de centimètres d’épaisseur.
Rien moins que des listes de membres d’une Société Secrète Américaine.
Et quelle société secrète !
Au fur et à mesure que les pages défilaient, il devenait dé plus en plus évident qu’il ne s’agissait pas de n’importe quel groupe.
Les noms étaient synonymes de Pouvoir avec un grand P.
Tandis qu’il contrôlait l’identité de chacun de ses membres émergeait une construction étonnante, et ce qui constituait auparavant un monde flou devenait clair comme du cristal...
Cette société secrète qui avait pour emblème un crâne et des tibias entrecroisés, Skull and bones, n’était rien d’autre que l’ « Ordre de Yale », l’Ordre des Illuminés de Bavière en sa descendance, ayant pour quartier général l’Université de Yale.
Antony Sutton commença à publier ses résultats d’enquêtes sur l’Ordre sous la forme de grosses brochures “An Introduction to the Order”; “How the Order control Education” ; “How the Order creates War and Revolution” ; “The Secret Cult of the Order” qui seront complétées par une autre brochure uniquement consacrée à un membre éminent de l’Ordre, le futur président des Etats-Unis, George Bush (père) “Two Faces of George Bush”.
En 1986, A. Sutton regroupera ses brochures en un seul volume qu’il intitulera “America‘s Secret Establishment”.
Ce volume constitua une réponse documentée aux questions que voulait résoudre l’auteur il expliquait pourquoi l’Occident a édifié l’Union Soviétique et soutenu Hitler ; pourquoi les américains sont entrés dans la 2e Guerre Mondiale pour perdre dans beaucoup de domaines ; pourquoi Wall Street aimait les Marxistes et les Nazis ; pourquoi les enfants ne savent et ne peuvent pas lire ; pourquoi les Eglises sont devenues des centres de propagande mondialiste ; pourquoi les faits historiques (dérangeants) sont étouffés ; pourquoi les politiciens passent leur temps à mentir, etc., etc.
Antony Sutton concluait en déclarant que cet ouvrage était infiniment plus important que ses livres sur la Technologie Occidentale et le soutien à l‘Union Soviétique et que s’il avait un « magnum opus », c’était bien celui-là.
Et comment ! L’Ordre de Yale n’est qu’une extension de l’ Ordre des Illuminés de Bavière fondé au XVIII° siècle par le sinistre Adam Weishaupt.
Tous les Cercles Mondialistes (Trilatérale, Bilderberg, CFR, Pilgrim Society, Conseil Atlantique...) ne sont que des cercles extérieurs de l’Ordre de Yale, un des plus importants « noyaux dirigeants » de la Subversion, à l’échelle de la Planète.
William G. Carr avait démontré dès les années 50 que les Illuminati Pike et Mazzini étaient responsables du programme luciférien des “Trois Guerres Mondiales” voulues pour instaurer le fameux « Gouvernement Mondial ».
Les Illuminés de Yale oeuvrent dans le même sens : la domination mondiale demeure leur préoccupation majeure.
On comprend dès lors pourquoi l’Ordre s’est immiscé dans le domaine de l’Education pour mieux contrôler les peuples et les conduire ensuite dans des cycles infernaux de crises, de guerres et de révolutions.
On comprend aussi pourquoi de tels individus, pourris jusqu’à la moelle, ne peuvent être que des serviteurs de Lucifer.
Les rituels qu’ils utilisent ne laissent aucun doute à ce sujet.
C’est dire l’importance d’un tel ouvrage qui n’a pas son équivalent en français !
Vous ne serez pas surpris d’apprendre que suite à ses travaux sur l’ « Ordre de Yale », Antony Sutton fut l’objet d’une attention toute particulière de la part des « Hauts Mondialistes » qui, en général, ne “goûtent” pas du tout ce genre de publicité intempestive !
Leur hargne ne connut plus de bornes : à partir de ce moment-là, Antony Sutton ne put faire de recherches dans les Grandes Bibliothèques, les Archives et les Bibliothèques Universitaires.
Des ordres discrets avaient été donnés pour en interdire l’accès à ce “dangereux personnage” qui osait dévoiler ce qu’il est interdit de dévoiler et que le “vulgum pecus” se doit d’ignorer pour son “plus grand bien” !
Ce fut la “retraite forcée” qu’il occupa en publiant deux “Lettres d’Informations” qui osaient révéler ce que la grande presse aux ordres avait pour consigne de taire.
En quittant Stanford il avait lancé « The Phoenix Letter », lettre mensuelle d’informations consacrée à dénoncer les infractions de la Haute Politique, courrier qu’il publia jusqu’à sa mort.
Suite aux persécutions des mondialistes, qui commencèrent après la parution de ses travaux sur l’ “Ordre”, Antony Sutton lança en 1990 une nouvelle “Lettre” intitulée “Future Technology Intelligence Report” consacrée aux “techniques muselées” car les Hauts Mondialistes exercent dans ce domaine un pouvoir absolu.
Antony Sutton vécut donc retiré du monde, gardant seulement contact avec une de ses deux filles, subissant les contrecoups de l’ostracisme d’individus aux ordres de celui dont il a été dit qu’il est le « Prince de ce Monde ».
Il avait osé pénétrer et publier des secrets parmi les mieux gardés au monde, ce qui constitue, n’est-ce pas, un crime abominable.
Avant de quitter la scène de ce monde, Antony Sutton publia en 1995 un petit ouvrage de 115 pages donnant la substantifique moelle sur une question des plus importantes puisqu’elle a empoisonné le monde entier : celle de l’Argent et des « Maîtres de l’Argent » qui gouvernent de fait la planète : « The Federal Reserve Conspiracy ».
Ouvrage documenté fournissant toute les preuves du complot.
Car il s’agit bien d’un Complot de la Réserve Fédérale !
Tous les pays du monde sont tenus par les Banques Centrales où dans certains pays, comme la France, des “familles” se cooptent de siècle en siècle pour exercer un pouvoir réservé à une élite très spéciale...
Rappelons pour mémoire que la Révolution Russe de 1917 fut décidée, entre autres, parce que le Tsar refusait la création d’une Banque Centrale en Russie.
Un tel affront vis à vis des « maîtres du monde » ne pardonne pas...
En publiant ce dernier ouvrage — qui reprenait en fait le titre exact d’un excellent volume publié dans les années 50 par Eustace Mullins, cité par William G. Carr dans « Des Pions sur l’échiquier », Antony Sutton désirait attirer l’attention sur les comploteurs qui vont provoquer la 3e Guerre Mondiale grâce à l’étincelle du « Proche-Orient », conflit majeur qui verra la destruction simultanée du Sionisme et du Monde Musulman telle qu’annoncée dans la fameuse lettre de Pike à Mazzini en 1870-71 !!!
Les descendants de ces hauts lucifériens se réunirent donc à Jekyl Island en 1910 et décidèrent la création de la Réserve Fédérale US ; ils réussirent le tour de force de faire adopter en 1913, par le Congrès des Etats-Unis, leurs décisions prises dans le plus grand secret.
Les Puissances d’Argent remportèrent ce jour-là une victoire dont les peuples ne mesurent pas, encore aujourd’hui, l’importance ; « Mammon » exerce depuis cette date un pouvoir extraordinaire sur toutes les nations du globe.

L’Argent règne en maître ; tout le monde en conviendra.

Remercions en conséquence des auteurs aussi courageux qu’Antony Sutton qui osa combattre des puissances infiniment plus puissantes que lui et qui, ainsi que l’écrit Pierre de Villemarest dans sa “Lettre d’Information” n° 8 du 14.09.2002, « n ‘eurent de cesse de faire disparaître ses parutions et de l’interdire de signature ou de références dans les médias, jusqu ‘en France où depuis 25 ans nous avions convenu de ne pas étaler nos recherches et écrits conjointement menés ».
Espérons que ses ouvrages irremplaçables ne tomberont pas dans l’oubli et continueront à être édités ou réédités aux Etats-Unis et même, traduits dans nos pays d’Europe où la censure et le terrorisme intellectuel sévissent plus que jamais !"