Mes biens chers frères,
En cette Fête nationale de sainte Jeanne d'Arc, considérons comme il se doit le choix de Dieu sur la France et la mission de notre sainte. Avec ce choix et cette mission, il nous faudra considérer également ce que Dieu attend toujours d'elle.
Considérons tout d'abord le choix de Dieu sur la France. Avec sainte Jeanne d'Arc, c'est la volonté de Dieu qui se manifeste, celle d'être son Roi et de régner sur elle et par elle. Et comme Dieu s'était choisi le peuple hébreu, désormais il est juste d'appliquer au peuple Franc, ce verset du psalmiste qui s'adressait au peuple jadis élu : « Non fecit taliter omni nationi », « Cela Dieu ne l'a pas fait pour toutes les nations ».
Même volonté de Dieu, avec cette différence, comme le souligne l'abbé Lémann dans son panégyrique à Orléans au XIX° siècle : « que dans l'épisode de Jeanne d'Arc on constate à chaque pas la supériorité de la nouvelle alliance sur l'ancienne alliance ». Ce que l'abbé Pie (le futur cardinal Pie) a dit en ces termes : « Notre France est une nation prédestinée, un autre peuple de Dieu sous la nouvelle Alliance », et celui-ci, en évoquant ce qui fut définitivement inscrit par la triple donation, précise : « le Royaume de Jésus-Christ ».
Je vous rappelle donc cette triple donation, car c'est par elle que la France est le Royaume de Jésus-Christ, que le Christ est Roi de France, et que le Roi, par son Sacre à Reims, comme le dira notre sainte au Dauphin, en est le Lieutenant.
C'est le 21 juin 1429 à Saint-Benoît-sur-Loire, par conséquent, que Jeanne dit à Charles : « Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ? ». Le Roi hésite, puis consent. « Sire, donnez-moi votre royaume ». Le Roi, stupéfait, hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l'ascendant surnaturel de la jeune fille : « Jehanne, lui répondit-il, je vous donne mon royaume ». Cela ne suffit pas : la Pucelle exige qu'un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi ; après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé de ce qu'il avait fait : « Voici le plus pauvre chevalier de France : il n'a plus rien ». Puis aussitôt après, très grave et s'adressant aux secrétaires : « Écrivez, dit-elle : Jehanne donne le royaume à Jésus-Christ ». Et bientôt après : « Jésus rend le royaume à Charles ».
Voilà donc comment Notre Seigneur Jésus-Christ est Roi de France. Avec ce fait historique nous devons nous rendre compte également du choix de Dieu sur une vierge. Sa virginité, qui donne lieu à la dénomination de Jeanne la Pucelle, est fort importante. L'abbé Lémann, démontrant la supériorité de Jeanne d'Arc par rapport aux héroïnes juives, le souligne en disant : « Elle est vierge, afin que le secours envoyé au royaume de France portât la marque de la nouvelle alliance ».
Nous en retrouvons l'importance dans les paroles au Dauphin, paroles qui expriment alors toute la mission de notre sainte. « Gentil Dauphin, j'ai nom Jehanne la Pucelle, et vous mande le Roy des cieulx, par moi, que vous serez sacré et couronné à la ville de Rheims, et serez Lieutenant du Roy des Cieulx qui est Roi de France ». J'insiste bien : Jeanne la Pucelle, marque de la nouvelle alliance par sa virginité, annonce que Dieu, par elle, veut que le Dauphin soit sacré et ainsi soit le Lieutenant du Roi des Cieux qui est Roi de France . Tout est dit.
Et pour comprendre maintenant toute la portée de cette mission, y compris, nous allons le voir, sa mission posthume, il est indispensable de parler de la volonté de Dieu dans le choix de Son instrument.
Forgée tout d'abord dans la prière à Dom-Rémy , le saint patron de son hameau, dont le successeur l'attendra en 1429 au pied de l'autel de Reims, et où elle lui conduira l'héritier de Clovis, et jusqu'à sa mort sur le bûcher, nous découvrons en Jeanne d'arc comment Dieu révèle Son instrument.
Et comme toujours Son instrument est saint. Dans le procès de condamnation de notre sainte, les hommes, eux, ne retiendront que la faiblesse de cet instrument. Or, si l'instrument de Dieu est faible, mes bien chers frères, c'est précisément parce qu'Il veut faire éclater sa propre puissance. Dieu ne changeant pas, nous retrouvons donc aujourd'hui cette même volonté de Dieu ainsi que Sa justice.
Rappelons-nous alors que dans les décennies qui précèdent l'arrivée de notre sainte, la France oublia le Seigneur son Dieu et que pour la punir, ce fut toute une série de défaites, ce qui justifiera les propos de Jeanne d'Arc : « que Dieu, pour punir les péchés des hommes, permet la perte des batailles ». Il en est de même aujourd'hui. Depuis la Révolution française, nous le payons durement, et c'est un châtiment, car un peuple qui ne veut plus d'hommes de foi, recourt aux hommes de loi, en attendant d'être piétiné par des hommes sans foi ni loi.
De même, la Révolution conciliaire est un châtiment mérité. Quand les hommes, et surtout les clercs, auront vraiment compris cela et demandé humblement pardon à Dieu pour tous ces péchés, alors Il fera éclater Sa miséricorde. Pas avant. Aussi, parce que cette volonté de Dieu est délibérément occultée aujourd'hui par ceux qui la connaissent, la justice de Dieu n'en sera que plus terrible. C'est d'ailleurs ce qui s'accomplit déjà par la privation des lumières nécessaires, en punition des infidélités, des désordres moraux et des iniquités spirituelles. A cause de tout cela, nous le constatons tout particulièrement pour les clercs de la fausse majorité traditionnelle, Dieu les abandonne « à leurs propres vues et aux suggestions des méchants », pour reprendre ici les propres termes de Bourdaloue à propos de l'aveuglement spirituel.
D'où la nécessité de prêcher que la Révolution française et la Révolution conciliaire sont des châtiments pour les péchés en amont, et d'enseigner en quoi consiste la conformité à la volonté de Dieu pour la France.
« Tout ce qui sert aux desseins de Dieu porte l'empreinte de la croix et le cachet de l'inspiration céleste est inséparable du sceau de la douleur », nous dit l'abbé Pie. C'est, en effet, ce que nous voyons tout particulièrement dans les derniers mois de notre sainte. Notre Seigneur lui ayant permis une conformité parfaite dans les circonstances de sa passion avec Sa propre Passion. La mission terrestre de sainte Jeanne d'Arc s'est donc terminée dans cette parfaite conformité à Notre Seigneur, dans l'obéissance et la fidélité à l'Église, et la marque de la nouvelle alliance et le rachat de la France se sont manifestés par sa mort et sa mort sur le bûcher. Voici ce que nous en dit l'abbé Lémann : « Ainsi la France est rachetée, puisque Dieu a accepté d'elle une vierge pour hostie ».
Ce qu'il faut donc absolument retenir aujourd'hui, c'est que Dieu réalisera Ses promesses, mais, nous venons de le voir avec notre sainte, avec des instruments qui Lui sont conformes et qui pour cela seront forcément éprouvés, épurés comme l'or et l'argent au creuset, et c'est ce qui m'amène alors à considérer la mission posthume de Sainte Jeanne d'Arc.
Tout d'abord, pourquoi parler de mission posthume, puisque désormais notre sainte est au Ciel et que celle-ci, comme tous les autres saints, a droit à notre gratitude, que nous pouvons recourir à elle et imiter ses vertus ? C'est qu'avec la mission de notre sainte, mes bien chers frères, la geste de Dieu par les francs qui s'est manifestée par le Pacte de Reims, par les testaments de saint Remy, de Charlemagne et de saint Louis, et qui se résume dans les mots : « Vive le Christ qui est Roy des Francs ! », reste inachevée. Or, Dieu ne laisse pas Ses œuvres inachevées. Et c'est ici qu'il faut comprendre que la mission posthume de sainte Jeanne d'Arc, consiste en la réalisation de la promesse du Règne du Sacré-Cœur : Régner sur la France et par la France sur le monde entier, ce qui est exprimée en ces mots dans le message à sainte Marguerite-Marie : « Il régnera malgré ses ennemis ».
La mission terrestre de sainte Jeanne d'Arc était de conduire le Dauphin à Reims afin qu'il soit sacré et devienne ainsi le Lieutenant du Roi des Cieux qui est Roi de France. L e Règne du Sacré-Cœur ne pourra donc être établit que par le rétablissement de la monarchie, par l'intermédiaire du Grand Monarque, ce Oint de l'huile, comme nous en parle L'abbé Augustin Lémann dans son ouvrage, Le dénouement de la persécution .
Ce message, et le principe de ce dénouement, se trouvent occultés. L'année dernière, je vous ai relevé le fait que Mgr Fellay à Saint Nicolas du Chardonnet, dans son sermon sur le Sacré-Cœur, n'avait fait qu'une simple allusion aux propos de Saint Pie X, pour ensuite taire les propos du saint Pontife. Puisqu'il évoquait très précisément saint Pie X, nous avons donc la preuve qu'il occulte ce dont saint Pie X parle dans son discours du 13 décembre 1908. Je vous cite par conséquent ce passage qui nous montre que le saint Pontife savait pourquoi et comment le Christ est Roi de France, avait donc cette connaissance approfondie du choix de Dieu sur la France et sa mission, comme le cardinal Pie, son Maître, comme il le dit lui-même, et puis Mgr Delassus, qui font donc partie des maîtres antilibéraux qui ont tout enseigné.
Voici le passage principal : « Aussi à votre retour, vénérable frère (saint Pie X, s'adressait à Mgr Touchet) vous direz à vos compatriotes (…) qu'ils fassent trésor des testaments de saint Remy, de Charlemagne et de saint Louis, ces testaments qui se résument dans les mots si souvent répétés par l'héroïne d'Orléans : « Vive le Christ qui est Roy des Francs ! ».
C e texte est paru au mois d'avril pour le centenaire de la béatification de Jeanne d'Arc, sur le site internet La Porte latine , le site du District de France de la FSSPX, mais il est certain que, là encore, ce texte, ne restera qu'un copier-coller inexpliqué à sa juste valeur, voire même inexpliqué tout simplement. Alors que le principe de la Révolution française étant « Jésus-Christ hors la loi », le principe de la Révolution conciliaire étant la négation de Jésus-Christ et de Sa royauté, le seul principe qui nous sauvera sera donc « Jésus-Christ Roi de France ».
Ainsi, puisque nous connaissons en quoi consiste ce principe, ce que contient le message du Sacré-Cœur et comment Notre Seigneur réalisera ses promesses, n'oublions pas alors que la France, en tant qu'instrument entre les mains de Dieu, sera éprouvée, épurée comme l'or et l'argent au creuset, le mot France signifiant précisément creuset en hébreu ! Pour arriver au règne du Sacré-Cœur, à cette solution qu'Il nous a promis et qu'Il réalisera, il est donc nécessaire de passer par ces châtiments qui sont ces purifications pour Lui être conforme. Et ce n'est que lorsque Lui-même aura jugé la purification suffisante et que les hommes Lui demanderont, crieront vers le Ciel Sa solution que celle-ci lui sera accordée.
Le Père de Clorivière, dont je vous ai parlé ces dimanches derniers, contemporain de la Révolution française, a prophétisé que Dieu n'interviendrait que lorsqu'on Lui demanderait. Celui-ci nous dit bien que la solution de Dieu se résume par cette formule que nous connaissons de Mgr Delassus : Il veut régner sur la France et par la France sur le monde. Voilà donc, mes bien chers frères, en quoi consiste la mission posthume de sainte Jeanne d'Arc.
Tandis que Dieu abandonne « à leurs propres vues et aux suggestions des méchants », ceux qui occultent toute cette mission posthume de notre sainte, prions avec de véritables intentions catholiques, notre sainte héroïne nationale. Au Ciel celle-ci répète sans cesse la prière : « Grand Dieu, sauvez la France ! ». Eh bien demandons-lui instamment par nos prières ferventes qu'arrive le règne du Christ-Roi de France. Servons par conséquent de toutes nos forces Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de France, comme l'a fait sainte Jeanne d'Arc. Sa bannière, c'était Jésus-Christ, Roi, conduisant son armée à la bataille. Que cette fête soit l'occasion également de renouveler nos prières pour les vocations sacerdotales et religieuses possédant ce profond amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de France, cet amour et cette dévotion envers Sa très sainte Mère, Reine de France, car l'Auguste Reine des Cieux, par le triomphe de son Cœur Immaculé, assurera le Règne de son divin Fils, le règne du Sacré-Cœur.
Ainsi soit-il.
Abbé Michel Marchiset
lundi 5 avril 2010
Roosevelt et la Carte Secrète.
Franklin D. Roosevelt a souvent menti pour atteindre ses buts. Dans un discours radiodiffusé, adressé à la nation le 23 octobre 1940, par exemple, il donna «la plus solennelle assurance» qu'il n'avait fait aucune «entente secrète sous une forme ou sous une autre, directe ou indirecte, à aucun gouvernement ou à aucune nation dans une partie du monde, pour impliquer cette nation [les Etats-Unis] dans une guerre ou pour tout autre but». Mais les documents américains, britanniques et polonais (pour la plupart rendus publics de nombreuses années plus tard) ont prouvé que cette «très solennelle assurance» était un mensonge impudent. Roosevelt avait en fait conclu de nombreux accords secrets pour impliquer les Etats-Unis dans la guerre.
Parmi tous ses discours, le meilleur exemple de la capacité de Roosevelt à mentir est peut-être son allocution de 1941 pour le «Navy Day» [Jour de la Marine] diffusé sur une radio nationale le 27 octobre.
Beaucoup de choses s'étaient produites durant les mois précédant cette allocution. Le 11 mars 1941, Roosevelt signa la loi du Prêt-bail, permettant des livraisons accrues d'aide militaire à la Grande-Bretagne, en violation de la neutralité américaine et de la loi internationale. En avril, Roosevelt envoya illégalement des troupes américaines occuper le Groenland. Le 27 mai, il proclama un «état d'alerte nationale illimitée», une sorte de déclaration de guerre présidentielle qui circonvenait un pouvoir réservé constitutionnellement au Congrès. A la suite de l'attaque de l'Axe contre l'URSS en juin, l'Administration Roosevelt commença à livrer d'énormes quantités de matériel militaire aux Soviets assiégés. Ces envois par bateau violaient également de manière flagrante la loi internationale. En juillet, Roosevelt envoya illégalement des troupes américaines occuper l'Islande.
Le Président commença son allocution du «Navy Day» en rappelant que les sous-marins allemands avaient torpillé le destroyer américain Greer le 4 septembre 1941 et le destroyer américain Kearny le 17 octobre. Avec un langage hautement émotionnel, il qualifia ces incidents d'actes d'agression non-provoqués, dirigés contre tous les Américains. Il déclara que bien qu'il avait voulu éviter le conflit, les tirs avaient commencé et que «l'histoire avait noté qui avait tiré le premier coup». Ce que Roosevelt omit délibérément de mentionner était le fait que dans les deux cas, les destroyers américains avaient été engagés dans des opérations d'attaque contre les sous-marins, qui ouvrirent le feu en légitime défense et seulement en dernier ressort. Hitler voulait éviter la guerre avec les Etats-Unis, et avait expressément ordonné aux sous-marins allemands d'éviter à tout prix la confrontation avec les navires de guerre américains, sauf pour éviter une destruction imminente. Les ordres de Roosevelt à l'US Navy, de «tirer à vue», étaient spécialement conçus pour créer des incidents comme ceux qu'il dénonçait pieusement comme inévitables. Ses efforts provocateurs pour aiguillonner Hitler afin qu'il déclare la guerre aux Etats-Unis avaient échoué et la plupart des Américains étaient encore opposés à une intervention directe dans le conflit européen.
Et ainsi, dans une tentative de convaincre ses auditeurs que l'Allemagne était une menace réelle pour la sécurité de l'Amérique, Roosevelt poursuivit son discours du «Navy Day» par une annonce sensationnelle: «Hitler a souvent prétendu que ses plans de conquête ne s'étendaient pas au-delà de l'Océan Atlantique. J'ai en ma possession une carte secrète, faite en Allemagne par le gouvernement de Hitler -- par les planificateurs de l'Ordre Nouveau. C'est une carte de l'Amérique du Sud et d'une partie de l'Amérique Centrale, telles que Hitler propose de les réorganiser». Cette carte, expliqua le Président, montrait l'Amérique du Sud, ainsi que «notre grande artère vitale», le canal de Panama, divisés en cinq Etats vassaux, sous domination allemande. «Cette carte, mes amis, révèle le dessein nazi, [dirigé] non seulement contre l'Amérique du Sud, mais aussi contre les Etats-Unis».
Roosevelt continua en révélant qu'il avait aussi en sa possession «un autre document réalisé en Allemagne par le gouvernement de Hitler. C'est un plan détaillé pour abolir toutes les religions existantes -- catholique, protestante, musulmane, hindoue, bouddhiste, et juive», que l'Allemagne imposera «à un monde à sa merci, si Hitler gagne».
«Les propriétés de toutes les Eglises seront saisies par le Reich et ses pantins. La croix et tous les autres symboles de la religion seront interdits. Le clergé sera liquidé. A la place des églises de notre civilisation il y aura une Eglise Nazie internationale, une Eglise qui sera servie par des orateurs envoyés par le gouvernement nazi. Et à la place de la Bible, les paroles de Mein Kampf seront imposées et présentées comme Ecriture Sainte. Et à la place de la croix du Christ, il y aura deux symboles: la svastika et l'épée nue».
Roosevelt souligna l'importance de ses «révélations» en déclarant: «Réfléchissons bien à ces sinistres vérités que je vous ai livrées concernant les plans actuels et futurs de l'Hitlérisme». Tous les Américains, dit-il, sont face au choix entre le genre de monde dans lequel nous voulons vivre, et le genre de monde que Hitler et ses hordes voudraient nous imposer». Par conséquent, «nous sommes appelés à participer à la destruction de l'Hitlérisme». Le gouvernement allemand répondit immédiatement au discours de Roosevelt en dénonçant ses «documents» comme une fraude absurde. Le gouvernement italien déclara que si Roosevelt ne publiait pas sa carte «dans les 24 heures, il gagnerait la réputation universelle d'un faussaire». Lors d'une conférence de presse le lendemain, un journaliste demanda assez naturellement au Président une copie de la «carte secrète». Mais Roosevelt refusa, insistant seulement sur le fait qu'elle venait «d'une source indubitablement fiable».
Comme cela est souvent arrivé, la vérité sur la carte ne sortit pas avant de nombreuses années après la guerre: c'était un faux fabriqué par l'Intelligence Service britannique, très probablement dans son laboratoire technique de l'Ontario, au Canada. William Stephenson (nom de code: Intrepid), chef des Opérations des Renseignements britanniques en Amérique du Nord, la transmit au chef des Renseignements américains, William Donovan, qui la donna à Roosevelt. Dans un mémoire publié à la fin de 1984, l'ancien agent britannique Ivar Bryce s'attribua le mérite d'avoir eu l'idée de la «carte secrète». Bien sûr, l'autre «document» cité par Roosevelt, censé révéler les plans allemands pour abolir les religions du monde, était tout aussi frauduleux que la «carte secrète».
Quelques officiels américains étaient au courant des tentatives britanniques pour tromper le gouvernement et le peuple américain. Dans un mémorandum du 5 septembre 1941 adressé au Secrétaire d'Etat Cordell Hull, l'Adjoint au Secrétariat d'Etat, Adolf Berle, avertit que des agents des renseignements britanniques fabriquaient de faux documents exposant de prétendues conspirations allemandes. Les Américains devaient être «sur leurs gardes» concernant ces «fausses rumeurs» d'invention britannique, concluait Berle.
Il est douteux que l'un des grands contemporains de Roosevelt, y compris Staline, Hitler et même Churchill, ait jamais prononcé un discours aussi chargé de mensonges aussi impudents que ceux figurant dans son allocution du «Navy Day» en 1941. En au moins une occasion, Roosevelt reconnut en privé sa détermination à mentir pour atteindre ses buts. Pendant une conversation du 14 mai 1942 avec son proche conseiller juif, le Secrétaire au Trésor Henry Morgenthau Jr, le Président remarqua candidement: «Je peux avoir une politique pour l'Europe et une diamétralement opposée pour l'Amérique du Nord et du Sud. Je peux être entièrement inconséquent, et même plus, je suis parfaitement prêt à tromper et à dire des contrevérités si cela nous aide à gagner la guerre».
Mark Weber
Sources:
Bratzel, John F., et Leslie B. Rout Jr, FDR and The «Secret Map», The Wilson Quaterly (Washington DC), janvier 1985, p. 167-173.
Ex-British Agent Says FDR's Nazi Map Faked, Foreign Intelligence Literary Scene (Frederick, MD: University Publications of America), décembre 1984, p. 1-3.
President Roosevelt's Navy Day Adress on World Affairs, The New York Times, 28 octobre 1941.
Parmi tous ses discours, le meilleur exemple de la capacité de Roosevelt à mentir est peut-être son allocution de 1941 pour le «Navy Day» [Jour de la Marine] diffusé sur une radio nationale le 27 octobre.
Beaucoup de choses s'étaient produites durant les mois précédant cette allocution. Le 11 mars 1941, Roosevelt signa la loi du Prêt-bail, permettant des livraisons accrues d'aide militaire à la Grande-Bretagne, en violation de la neutralité américaine et de la loi internationale. En avril, Roosevelt envoya illégalement des troupes américaines occuper le Groenland. Le 27 mai, il proclama un «état d'alerte nationale illimitée», une sorte de déclaration de guerre présidentielle qui circonvenait un pouvoir réservé constitutionnellement au Congrès. A la suite de l'attaque de l'Axe contre l'URSS en juin, l'Administration Roosevelt commença à livrer d'énormes quantités de matériel militaire aux Soviets assiégés. Ces envois par bateau violaient également de manière flagrante la loi internationale. En juillet, Roosevelt envoya illégalement des troupes américaines occuper l'Islande.
Le Président commença son allocution du «Navy Day» en rappelant que les sous-marins allemands avaient torpillé le destroyer américain Greer le 4 septembre 1941 et le destroyer américain Kearny le 17 octobre. Avec un langage hautement émotionnel, il qualifia ces incidents d'actes d'agression non-provoqués, dirigés contre tous les Américains. Il déclara que bien qu'il avait voulu éviter le conflit, les tirs avaient commencé et que «l'histoire avait noté qui avait tiré le premier coup». Ce que Roosevelt omit délibérément de mentionner était le fait que dans les deux cas, les destroyers américains avaient été engagés dans des opérations d'attaque contre les sous-marins, qui ouvrirent le feu en légitime défense et seulement en dernier ressort. Hitler voulait éviter la guerre avec les Etats-Unis, et avait expressément ordonné aux sous-marins allemands d'éviter à tout prix la confrontation avec les navires de guerre américains, sauf pour éviter une destruction imminente. Les ordres de Roosevelt à l'US Navy, de «tirer à vue», étaient spécialement conçus pour créer des incidents comme ceux qu'il dénonçait pieusement comme inévitables. Ses efforts provocateurs pour aiguillonner Hitler afin qu'il déclare la guerre aux Etats-Unis avaient échoué et la plupart des Américains étaient encore opposés à une intervention directe dans le conflit européen.
Et ainsi, dans une tentative de convaincre ses auditeurs que l'Allemagne était une menace réelle pour la sécurité de l'Amérique, Roosevelt poursuivit son discours du «Navy Day» par une annonce sensationnelle: «Hitler a souvent prétendu que ses plans de conquête ne s'étendaient pas au-delà de l'Océan Atlantique. J'ai en ma possession une carte secrète, faite en Allemagne par le gouvernement de Hitler -- par les planificateurs de l'Ordre Nouveau. C'est une carte de l'Amérique du Sud et d'une partie de l'Amérique Centrale, telles que Hitler propose de les réorganiser». Cette carte, expliqua le Président, montrait l'Amérique du Sud, ainsi que «notre grande artère vitale», le canal de Panama, divisés en cinq Etats vassaux, sous domination allemande. «Cette carte, mes amis, révèle le dessein nazi, [dirigé] non seulement contre l'Amérique du Sud, mais aussi contre les Etats-Unis».
Roosevelt continua en révélant qu'il avait aussi en sa possession «un autre document réalisé en Allemagne par le gouvernement de Hitler. C'est un plan détaillé pour abolir toutes les religions existantes -- catholique, protestante, musulmane, hindoue, bouddhiste, et juive», que l'Allemagne imposera «à un monde à sa merci, si Hitler gagne».
«Les propriétés de toutes les Eglises seront saisies par le Reich et ses pantins. La croix et tous les autres symboles de la religion seront interdits. Le clergé sera liquidé. A la place des églises de notre civilisation il y aura une Eglise Nazie internationale, une Eglise qui sera servie par des orateurs envoyés par le gouvernement nazi. Et à la place de la Bible, les paroles de Mein Kampf seront imposées et présentées comme Ecriture Sainte. Et à la place de la croix du Christ, il y aura deux symboles: la svastika et l'épée nue».
Roosevelt souligna l'importance de ses «révélations» en déclarant: «Réfléchissons bien à ces sinistres vérités que je vous ai livrées concernant les plans actuels et futurs de l'Hitlérisme». Tous les Américains, dit-il, sont face au choix entre le genre de monde dans lequel nous voulons vivre, et le genre de monde que Hitler et ses hordes voudraient nous imposer». Par conséquent, «nous sommes appelés à participer à la destruction de l'Hitlérisme». Le gouvernement allemand répondit immédiatement au discours de Roosevelt en dénonçant ses «documents» comme une fraude absurde. Le gouvernement italien déclara que si Roosevelt ne publiait pas sa carte «dans les 24 heures, il gagnerait la réputation universelle d'un faussaire». Lors d'une conférence de presse le lendemain, un journaliste demanda assez naturellement au Président une copie de la «carte secrète». Mais Roosevelt refusa, insistant seulement sur le fait qu'elle venait «d'une source indubitablement fiable».
Comme cela est souvent arrivé, la vérité sur la carte ne sortit pas avant de nombreuses années après la guerre: c'était un faux fabriqué par l'Intelligence Service britannique, très probablement dans son laboratoire technique de l'Ontario, au Canada. William Stephenson (nom de code: Intrepid), chef des Opérations des Renseignements britanniques en Amérique du Nord, la transmit au chef des Renseignements américains, William Donovan, qui la donna à Roosevelt. Dans un mémoire publié à la fin de 1984, l'ancien agent britannique Ivar Bryce s'attribua le mérite d'avoir eu l'idée de la «carte secrète». Bien sûr, l'autre «document» cité par Roosevelt, censé révéler les plans allemands pour abolir les religions du monde, était tout aussi frauduleux que la «carte secrète».
Quelques officiels américains étaient au courant des tentatives britanniques pour tromper le gouvernement et le peuple américain. Dans un mémorandum du 5 septembre 1941 adressé au Secrétaire d'Etat Cordell Hull, l'Adjoint au Secrétariat d'Etat, Adolf Berle, avertit que des agents des renseignements britanniques fabriquaient de faux documents exposant de prétendues conspirations allemandes. Les Américains devaient être «sur leurs gardes» concernant ces «fausses rumeurs» d'invention britannique, concluait Berle.
Il est douteux que l'un des grands contemporains de Roosevelt, y compris Staline, Hitler et même Churchill, ait jamais prononcé un discours aussi chargé de mensonges aussi impudents que ceux figurant dans son allocution du «Navy Day» en 1941. En au moins une occasion, Roosevelt reconnut en privé sa détermination à mentir pour atteindre ses buts. Pendant une conversation du 14 mai 1942 avec son proche conseiller juif, le Secrétaire au Trésor Henry Morgenthau Jr, le Président remarqua candidement: «Je peux avoir une politique pour l'Europe et une diamétralement opposée pour l'Amérique du Nord et du Sud. Je peux être entièrement inconséquent, et même plus, je suis parfaitement prêt à tromper et à dire des contrevérités si cela nous aide à gagner la guerre».
Mark Weber
Sources:
Bratzel, John F., et Leslie B. Rout Jr, FDR and The «Secret Map», The Wilson Quaterly (Washington DC), janvier 1985, p. 167-173.
Ex-British Agent Says FDR's Nazi Map Faked, Foreign Intelligence Literary Scene (Frederick, MD: University Publications of America), décembre 1984, p. 1-3.
President Roosevelt's Navy Day Adress on World Affairs, The New York Times, 28 octobre 1941.
Les Chemtrails.
(Trainées chimiques)
Par un mécanicien de ligne aérienne, le 4 avril 2004.
Pour des raisons que vous comprendrez en lisant je ne puis divulguer mon identité. Je suis mécanicien d'aviation pour une importante ligne aérienne. Je travaille sur l'une de nos bases de maintenance située dans un grand aéroport. Je pense avoir découvert des informations que vous trouverez importants.
D'abord je devrais vous parler au sujet de la « hiérarchie » chez les mécaniciens. C'est important pour mon histoire et pour la cause pour laquelle vous vous êtes consacré.
La mécanique exige de travailler sur trois choses. L'avionique, les moteurs, ou les commandes de vol. Les mécaniciens qui travaillent sur ces systèmes sont considérés en haut de la « hiérarchie ». Viennent ensuite les mécaniciens travaillant sur l'hydraulique et les systèmes de climatisation. Puis viennent ceux travaillant sur l'office et les autres systèmes non essentiels. Mais en bas même de la liste viennent les mécaniciens des systèmes de traitement des déchets. Aucun mécanicien ne veut travailler sur les pompes, les réservoirs, et les canalisations servant à stocker les détritus des toilettes.
Mais dans chaque aéroport où j'ai travaillé il y avait toujours 2 ou 3 mécaniciens se proposant de travailler sur les systèmes des toilettes. Les autres mécaniciens les laissent faire de bon cœur. Pour cette raison vous n'avez que 2 ou 3 mécaniciens travaillant sur ces systèmes dans chaque aéroport. Personne ne prête beaucoup d'attention à ces types et aucun mécanicien n'en fréquente un qui travaille seulement sur les systèmes des détritus. En fait, je n'avais jamais beaucoup pensé à cette situation jusqu'au mois dernier.
Comme la plupart des lignes aériennes nous avons des accords réciproques avec les autres lignes aériennes qui utilisent cet aéroport. Si elles ont un problème avec un avion, l'un de nos mécaniciens saura se débrouiller avec lui. De même si l'un de nos avions a un problème sur un aéroport où une autre ligne aérienne a une base de maintenance, elle retapera notre avion.
Un jour le mois dernier, j'ai été appelé de notre base pour travailler sur un avion pour une autre ligne aérienne. Quand j'ai reçu l'appel l'agent technique d'exploitation ne savait pas quel était le problème. Quand j'ai rejoint l'avion j'ai découvert que le problème était dans le système de traitement des détritus.
Je n'avais rien d'autre à faire que ramper dedans et arranger le problème. Quand je suis entré dans le compartiment je me suis rendu compte que quelque chose ne collait pas. Il y avait là-dedans plus de réservoirs, de pompes, et de canalisations qu'il en fallait. J'ai d'abord supposé que le système avait été modifié. Il y avait 10 ans que j'avais travaillé sur l'un d'eux. Pendant que j'essayais de trouver le problème j'ai rapidement réalisé que la tuyauterie et les réservoirs supplémentaires n'étaient pas reliés au système de traitement des ordures. Je venais juste de découvrir ça quand un autre mécanicien de ma compagnie est venu.
C'était l'un des mécaniciens qui travaillaient d'habitude sur ces systèmes. J'ai été heureux de lui rendre son job. Pendant que je partais je l'ai interrogé sur l'équipement supplémentaire. Il m'a dit de « me préoccuper de ma partie d'avion et de le laisser se décarcasser avec la sienne ! »
Le jour suivant j'étais sur l'ordinateur de la compagnie pour rechercher un schéma de câblage. Pendant que j'y étais j'ai décidé de rechercher l'équipement supplémentaire que j'avais trouvé. À ma stupéfaction les manuels ne montraient aucun des équipements supplémentaires que j'avais vu de mes propres yeux le jour précédant. Je me suis même connecté aux dossiers du fabricant et n'ai toujours rien trouvé. À ce moment-là, j'étais vraiment déterminé à découvrir ce que faisait cet équipement.
La semaine suivante nous avons eu trois de nos avions dans notre hangar principal pour l'inspection périodique. Il y avait des mécaniciens rampant partout dans l'avion durant ces inspections. Ayant juste fini mon poste, j'ai décidé d'aller voir le système des détritus sur l'un de nos avions. Avec tous les mécaniciens autour, j'estimais que personne ne remarquerait quelqu'un de plus sur l'avion. L'avion que j'ai choisi avait bien l'équipement supplémentaire !
J'ai commencé à suivre le tracé du système de canalisations, des pompes, et des réservoirs. J'ai trouvé ce qui semblait être l'unité de contrôle du système. C'était une boîte de commande d'avionique semblant standard sauf qu'elle n'avait aucune sorte d'inscription. Je pouvais retrouver les fils de commande de la boîte vers les pompes et les valves mais il n'y avait pas de circuit de commande entrant dans l'unité. Les seuls fils entrant dans l'unité étaient l'alimentation raccordée au principal bus de distribution de courant de l'avion.
Le système avait un grand réservoir et deux plus petits. C'était difficile à dire dans le compartiment exiguë, mais il semblait que le grand réservoir pouvait contenir 50 gallons (190 litres). Les réservoirs étaient reliés à un [dispositif de] remplissage et à une valve de purge qui traversait le fuselage juste derrière la valve de purge du système de détritus. Quand j'ai eu l'occasion de rechercher ce raccordement sous l'avion je l'ai trouvé ingénieusement caché derrière un panneau, sous le panneau servant à accéder à la vidange des déchets.
J'ai commencé à suivre la tuyauterie des pompes. Ces tubes mènent à un réseau de petites tubulures qui se terminent sur les rebords arrière des ailes et des stabilisateurs horizontaux. Si vous regardez de près les ailes d'un gros avion vous verrez un ensemble de fils, d'environ la grosseur de votre doigt, s'étendant du rebord arrière de la surface des ailes. Ce sont les mèches de décharge statique. Elles servent à dissiper [dans l'air] la charge d'électricité statique qui s'accumule sur l'avion en vol. J'ai découvert que les tubulures de ce mystérieux système mènent à une mèche de décharge statique sur trois. Ces mèches « avaient été évidées » afin de pouvoir être traversées par ce qui doit être déversé par les tubulures.
C'était pendant que j'étais sur l'aile que l'un des cadres m'a repéré. Il m'a ordonné de sortir du hangar, me disant que mon poste était fini et que je n'avais été autorisé à aucune heure supplémentaire.
Les deux jours suivants étaient très occupés et je n'avais pas le temps de continuer mes recherches. En fin d'après-midi, deux jours après ma découverte, j'ai été appelé pour remplacer une sonde de température de moteur sur un avion devant décoller dans deux heures. J'ai fini le travail et suis retourné à la paperasserie.
Environ 30 minutes plus tard le haut-parleur m'a appelé pour que j'aille voir le directeur général. Quand je suis entré dans son bureau j'ai constaté que notre représentant syndical et deux autres que je ne connaissais pas m'attendaient. Il m'a dit qu'un problème sérieux avait été découvert. Il a dit que j'avais fait l'objet d'un procès-verbal et que j'étais suspendu pour avoir fait de fausses écritures. Il m'a remis un formulaire disciplinaire déclarant que j'avais fait de fausses écritures sur la sonde de température de moteur que j'avais installée quelques heures avant. J'étais sidéré et je commençait à protester. Je leur ai dit que c'était ridicule et que j'avais effectué ce travail. Le syndicaliste a alors pris la parole, recommandant d'aller jeter un coup d'œil sur l'avion et voir si nous pouvions tout arranger. C'est à ce moment que j'ai demandé qui étaient les deux autres hommes. Le directeur général m'a dit qu'ils étaient inspecteurs de la sécurité de la ligne aérienne sans me donner leur nom.
Nous sommes allés à l'avion, qui au lieu d'être en l'air était garé sur notre rampe de maintenance. Nous avons ouvert le capot du moteur et le syndicaliste a retiré la sonde. Il a vérifié le numéro de série et dit à tout le monde que c'était l'ancien instrument. Ensuite, nous sommes allés à la baie des casiers où reviennent les pièces. Le syndicaliste a vérifié mon rapport et a tiré du casier une boîte scellée. Il a ouvert la boîte et a retiré la sonde de température de moteur avec le numéro de série de celle que j'avais installée. Il m'a été dit que j'étais suspendu pendant une semaine sans salaire et de partir immédiatement.
Le premier jour de ma suspension, j'étais assis chez moi me demandant que diable m'était-il arrivé. Ce soir-là j'ai reçu un coup de téléphone. La voix m'a dit : « Maintenant vous savez ce qui arrive aux mécaniciens qui fourrent le nez là où ils ne le devraient pas. La prochaine fois que vous commencerez à travailler sur des systèmes qui ne vous concernent pas vous perdrez votre travail. Comme il se trouve que je me sens chevaleresque, je pensent que vous pourrez retourner au travail bientôt » CLIC.
De nouveau je me suis relevé. J'ai déduit que ce qui était arrivé était directement lié à mon relevé de la mystérieuse tuyauterie. Le matin suivant le directeur général m'a appelé. Il a dit qu'en raison de mon excellent dossier pour mon travail passé, la suspension avait été réduite à un jour et que je devais me présenter immédiatement au travail. La seule chose à laquelle je pouvais penser était qu'est-ce qu'ils essayaient de cacher et qui sont-ILS !
Ce jour de travail s'est passé comme si rien n'était arrivé. Aucun autre mécanicien n'a mentionné la suspension et mon syndicaliste m'a dit de ne pas en parler. Cette nuit-là je me suis connecté sur Internet pour essayer de trouver quelques réponses. Je ne me rappelle pas maintenant comment j'y suis arrivé, mais j'ai trouvé votre site. C'est alors que tout est venu ensemble. Mais le matin suivant au travail j'ai trouvé une note à l'intérieur de mon casier verrouillé. Elle disait, « La curiosité a tué le chat. Ne regardez pas les sites Internet qui ne vous concernent pas. »
Eh bien c'est ça. ILS me surveillent.
Eh bien vous savez déjà ce qu'ils font. Je ne sais pas ce qu'ils pulvérisent mais je peux vous dire qu'ils le font. Je me dis qu'ils utilisent les « camions de douceurs ». Ce sont les camions qui vident les réservoirs de détritus des toilettes. Les aéroports sous-traitent habituellement ce travail et personne ne s'approche de ces camions. Qui voudrait se tenir à côté d'un camion plein de m---e. Pendant que ces types vident les réservoirs de détritus ils remplissent les réservoirs du système de pulvérisation. Ils connaissent le chemin de vol des avions, ainsi ils programment probablement l'unité de commande pour commencer à vaporiser au bout d'un certain temps après que l'avion ait atteint une certaine altitude. Les becs de pulvérisation dans les fausses mèches de décharges statiques sont si petits que personne dans l'avion ne verra le truc.
Source : http://www.thetruthseeker.co.uk/article.asp?ID=1669
Par un mécanicien de ligne aérienne, le 4 avril 2004.
Pour des raisons que vous comprendrez en lisant je ne puis divulguer mon identité. Je suis mécanicien d'aviation pour une importante ligne aérienne. Je travaille sur l'une de nos bases de maintenance située dans un grand aéroport. Je pense avoir découvert des informations que vous trouverez importants.
D'abord je devrais vous parler au sujet de la « hiérarchie » chez les mécaniciens. C'est important pour mon histoire et pour la cause pour laquelle vous vous êtes consacré.
La mécanique exige de travailler sur trois choses. L'avionique, les moteurs, ou les commandes de vol. Les mécaniciens qui travaillent sur ces systèmes sont considérés en haut de la « hiérarchie ». Viennent ensuite les mécaniciens travaillant sur l'hydraulique et les systèmes de climatisation. Puis viennent ceux travaillant sur l'office et les autres systèmes non essentiels. Mais en bas même de la liste viennent les mécaniciens des systèmes de traitement des déchets. Aucun mécanicien ne veut travailler sur les pompes, les réservoirs, et les canalisations servant à stocker les détritus des toilettes.
Mais dans chaque aéroport où j'ai travaillé il y avait toujours 2 ou 3 mécaniciens se proposant de travailler sur les systèmes des toilettes. Les autres mécaniciens les laissent faire de bon cœur. Pour cette raison vous n'avez que 2 ou 3 mécaniciens travaillant sur ces systèmes dans chaque aéroport. Personne ne prête beaucoup d'attention à ces types et aucun mécanicien n'en fréquente un qui travaille seulement sur les systèmes des détritus. En fait, je n'avais jamais beaucoup pensé à cette situation jusqu'au mois dernier.
Comme la plupart des lignes aériennes nous avons des accords réciproques avec les autres lignes aériennes qui utilisent cet aéroport. Si elles ont un problème avec un avion, l'un de nos mécaniciens saura se débrouiller avec lui. De même si l'un de nos avions a un problème sur un aéroport où une autre ligne aérienne a une base de maintenance, elle retapera notre avion.
Un jour le mois dernier, j'ai été appelé de notre base pour travailler sur un avion pour une autre ligne aérienne. Quand j'ai reçu l'appel l'agent technique d'exploitation ne savait pas quel était le problème. Quand j'ai rejoint l'avion j'ai découvert que le problème était dans le système de traitement des détritus.
Je n'avais rien d'autre à faire que ramper dedans et arranger le problème. Quand je suis entré dans le compartiment je me suis rendu compte que quelque chose ne collait pas. Il y avait là-dedans plus de réservoirs, de pompes, et de canalisations qu'il en fallait. J'ai d'abord supposé que le système avait été modifié. Il y avait 10 ans que j'avais travaillé sur l'un d'eux. Pendant que j'essayais de trouver le problème j'ai rapidement réalisé que la tuyauterie et les réservoirs supplémentaires n'étaient pas reliés au système de traitement des ordures. Je venais juste de découvrir ça quand un autre mécanicien de ma compagnie est venu.
C'était l'un des mécaniciens qui travaillaient d'habitude sur ces systèmes. J'ai été heureux de lui rendre son job. Pendant que je partais je l'ai interrogé sur l'équipement supplémentaire. Il m'a dit de « me préoccuper de ma partie d'avion et de le laisser se décarcasser avec la sienne ! »
Le jour suivant j'étais sur l'ordinateur de la compagnie pour rechercher un schéma de câblage. Pendant que j'y étais j'ai décidé de rechercher l'équipement supplémentaire que j'avais trouvé. À ma stupéfaction les manuels ne montraient aucun des équipements supplémentaires que j'avais vu de mes propres yeux le jour précédant. Je me suis même connecté aux dossiers du fabricant et n'ai toujours rien trouvé. À ce moment-là, j'étais vraiment déterminé à découvrir ce que faisait cet équipement.
La semaine suivante nous avons eu trois de nos avions dans notre hangar principal pour l'inspection périodique. Il y avait des mécaniciens rampant partout dans l'avion durant ces inspections. Ayant juste fini mon poste, j'ai décidé d'aller voir le système des détritus sur l'un de nos avions. Avec tous les mécaniciens autour, j'estimais que personne ne remarquerait quelqu'un de plus sur l'avion. L'avion que j'ai choisi avait bien l'équipement supplémentaire !
J'ai commencé à suivre le tracé du système de canalisations, des pompes, et des réservoirs. J'ai trouvé ce qui semblait être l'unité de contrôle du système. C'était une boîte de commande d'avionique semblant standard sauf qu'elle n'avait aucune sorte d'inscription. Je pouvais retrouver les fils de commande de la boîte vers les pompes et les valves mais il n'y avait pas de circuit de commande entrant dans l'unité. Les seuls fils entrant dans l'unité étaient l'alimentation raccordée au principal bus de distribution de courant de l'avion.
Le système avait un grand réservoir et deux plus petits. C'était difficile à dire dans le compartiment exiguë, mais il semblait que le grand réservoir pouvait contenir 50 gallons (190 litres). Les réservoirs étaient reliés à un [dispositif de] remplissage et à une valve de purge qui traversait le fuselage juste derrière la valve de purge du système de détritus. Quand j'ai eu l'occasion de rechercher ce raccordement sous l'avion je l'ai trouvé ingénieusement caché derrière un panneau, sous le panneau servant à accéder à la vidange des déchets.
J'ai commencé à suivre la tuyauterie des pompes. Ces tubes mènent à un réseau de petites tubulures qui se terminent sur les rebords arrière des ailes et des stabilisateurs horizontaux. Si vous regardez de près les ailes d'un gros avion vous verrez un ensemble de fils, d'environ la grosseur de votre doigt, s'étendant du rebord arrière de la surface des ailes. Ce sont les mèches de décharge statique. Elles servent à dissiper [dans l'air] la charge d'électricité statique qui s'accumule sur l'avion en vol. J'ai découvert que les tubulures de ce mystérieux système mènent à une mèche de décharge statique sur trois. Ces mèches « avaient été évidées » afin de pouvoir être traversées par ce qui doit être déversé par les tubulures.
C'était pendant que j'étais sur l'aile que l'un des cadres m'a repéré. Il m'a ordonné de sortir du hangar, me disant que mon poste était fini et que je n'avais été autorisé à aucune heure supplémentaire.
Les deux jours suivants étaient très occupés et je n'avais pas le temps de continuer mes recherches. En fin d'après-midi, deux jours après ma découverte, j'ai été appelé pour remplacer une sonde de température de moteur sur un avion devant décoller dans deux heures. J'ai fini le travail et suis retourné à la paperasserie.
Environ 30 minutes plus tard le haut-parleur m'a appelé pour que j'aille voir le directeur général. Quand je suis entré dans son bureau j'ai constaté que notre représentant syndical et deux autres que je ne connaissais pas m'attendaient. Il m'a dit qu'un problème sérieux avait été découvert. Il a dit que j'avais fait l'objet d'un procès-verbal et que j'étais suspendu pour avoir fait de fausses écritures. Il m'a remis un formulaire disciplinaire déclarant que j'avais fait de fausses écritures sur la sonde de température de moteur que j'avais installée quelques heures avant. J'étais sidéré et je commençait à protester. Je leur ai dit que c'était ridicule et que j'avais effectué ce travail. Le syndicaliste a alors pris la parole, recommandant d'aller jeter un coup d'œil sur l'avion et voir si nous pouvions tout arranger. C'est à ce moment que j'ai demandé qui étaient les deux autres hommes. Le directeur général m'a dit qu'ils étaient inspecteurs de la sécurité de la ligne aérienne sans me donner leur nom.
Nous sommes allés à l'avion, qui au lieu d'être en l'air était garé sur notre rampe de maintenance. Nous avons ouvert le capot du moteur et le syndicaliste a retiré la sonde. Il a vérifié le numéro de série et dit à tout le monde que c'était l'ancien instrument. Ensuite, nous sommes allés à la baie des casiers où reviennent les pièces. Le syndicaliste a vérifié mon rapport et a tiré du casier une boîte scellée. Il a ouvert la boîte et a retiré la sonde de température de moteur avec le numéro de série de celle que j'avais installée. Il m'a été dit que j'étais suspendu pendant une semaine sans salaire et de partir immédiatement.
Le premier jour de ma suspension, j'étais assis chez moi me demandant que diable m'était-il arrivé. Ce soir-là j'ai reçu un coup de téléphone. La voix m'a dit : « Maintenant vous savez ce qui arrive aux mécaniciens qui fourrent le nez là où ils ne le devraient pas. La prochaine fois que vous commencerez à travailler sur des systèmes qui ne vous concernent pas vous perdrez votre travail. Comme il se trouve que je me sens chevaleresque, je pensent que vous pourrez retourner au travail bientôt » CLIC.
De nouveau je me suis relevé. J'ai déduit que ce qui était arrivé était directement lié à mon relevé de la mystérieuse tuyauterie. Le matin suivant le directeur général m'a appelé. Il a dit qu'en raison de mon excellent dossier pour mon travail passé, la suspension avait été réduite à un jour et que je devais me présenter immédiatement au travail. La seule chose à laquelle je pouvais penser était qu'est-ce qu'ils essayaient de cacher et qui sont-ILS !
Ce jour de travail s'est passé comme si rien n'était arrivé. Aucun autre mécanicien n'a mentionné la suspension et mon syndicaliste m'a dit de ne pas en parler. Cette nuit-là je me suis connecté sur Internet pour essayer de trouver quelques réponses. Je ne me rappelle pas maintenant comment j'y suis arrivé, mais j'ai trouvé votre site. C'est alors que tout est venu ensemble. Mais le matin suivant au travail j'ai trouvé une note à l'intérieur de mon casier verrouillé. Elle disait, « La curiosité a tué le chat. Ne regardez pas les sites Internet qui ne vous concernent pas. »
Eh bien c'est ça. ILS me surveillent.
Eh bien vous savez déjà ce qu'ils font. Je ne sais pas ce qu'ils pulvérisent mais je peux vous dire qu'ils le font. Je me dis qu'ils utilisent les « camions de douceurs ». Ce sont les camions qui vident les réservoirs de détritus des toilettes. Les aéroports sous-traitent habituellement ce travail et personne ne s'approche de ces camions. Qui voudrait se tenir à côté d'un camion plein de m---e. Pendant que ces types vident les réservoirs de détritus ils remplissent les réservoirs du système de pulvérisation. Ils connaissent le chemin de vol des avions, ainsi ils programment probablement l'unité de commande pour commencer à vaporiser au bout d'un certain temps après que l'avion ait atteint une certaine altitude. Les becs de pulvérisation dans les fausses mèches de décharges statiques sont si petits que personne dans l'avion ne verra le truc.
Source : http://www.thetruthseeker.co.uk/article.asp?ID=1669
Le rapport de la Montagne de Fer.
Clef de la politique américaine et de la guerre en Irak_________________________________
Conférence donnée par Claude Timmerman le 15 mars 2003 Paris, maison des Salésiens au colloque d'Ile de France du Centre d'Etudes et de Prospective pour la Science__________________________________________
Introduction (*)
Le rapport dit "de la Montagne de fer" est paru en 1967 aux Etats Unis chez Dial Press sous le titre original de:
"Report from the Iron Mountain on the possibility and the desirability of peace"
sans nom d'auteur, mais avec une introduction de Leonard C. Lewin qui y explique comment ce document lui est parvenu dans les mains et pourquoi il se devait de le faire connaître en le publiant, même sans autorisation.
Ce document était accompagné d'une préface d'un dénommé Herschel Mac Landress - que personne ne connaissait physiquement, mais dont le nom était connu par des articles économiques paraissant dans la revue "Esquire", certains d'ailleurs cosignés au début des années 60 par un certain John Fitzgerald Kennedy - qui attestait de la véracité et de la réalité des travaux dont ce rapport était à l'origine.
Compte tenu des conclusions de ce rapport, il créa une polémique importante lors de sa parution. Une controverse s'en suivit, étouffée à la demande de la Maison Blanche qui refusa toujours de reconnaître la moindre implication gouvernementale dans cette affaire.
Nous sommes alors en pleine guerre du Vietnam et Lyndon Johnson peut aisément agir sur la presse pour calmer le jeu...
Le rapport de la Montagne de Fer allait sombrer dans les oubliettes de l'Histoire devant les impératifs médiatiques de la guerre froide et du désengagement vietnamien...
Quel est le thème de ce rapport?
Rien moins que l'étude des bouleversements de la civilisation provoqués par l'éventualité d'un régime de paix perpétuelle et des substituts à trouver aux fonctions de la guerre pour maintenir, en régime de paix, la cohésion des sociétés.
A cette poque, aux Etats Unis, plusieurs études de ce genre, d'origines diverses, virent le jour.
Nous ne citerons que le livre de H. Kahn : « Thinking about the unthinkale » ce que nous traduirons par "Penser l'impensable " destiné à sensibiliser l'opinion américaine sur la nouvelle façon de penser la guerre et la paix à l'ère nuclaire.
Le "Rapport de la Montagne de Fer" comme il fut dénommé se retrouva donc relégué sur les rayons des bibliothèques universitaires comme n'importe quelle étude de sociologie politique.
Il fut pourtant traduit en français par Jean Bloch-Michel et publié en 1968 chez Calmann - Lévy sous le titre:
"La paix indésirable? Rapport sur l'utilité des guerres."
avec une préface du grand économiste américain J.K.Galbraith qui y déclare deux choses:
a) Il reconnaît être Herschel MacLandress, pseudonyme qu'il utilisait couramment dans ses écrits, notamment ceux cosignés par Kennedy qui était alors son élève!
b) Il déclare avoir été convié "par un ami fort connu, astronome, physicien et spécialiste des communications",(p.xxii) à une réunion à Iron Mountain au cours de l'été 1963, invitation qu'il avait décliné, devant participer à un important séminaire sur la psychométrie en Italie pour lequel il s'était engagé à cette date. Voir cet ami " fort connu " en annexe...
Quoiqu'il en soit, Galbraith reconnaît sans aucune équivoque l'existence des réunions d'Iron Mountain et la véracité du rapport qui en découla...
Il tenait visiblement à épauler Léonard C.Lewin devant les dificultés d'édition de ce rapport.
Il conclua sa préface ainsi:
« De même que je prends personnellement la responsabilité de l'authenticité de ce document, je puis témoigner en faveur de la justesse de ses conclusions. Mes réserves ne concernent que l'imprudence avec laquelle il a été mis à la disposition d'un public qui n'était évidemment pas prêt à le comprendre.» (p.xxvii)
Cela se passe de commentaires!
Paru en France au sortir des "évènements" de mai 68 et entouré d'une discrétion médiatique exemplaire, le rapport sombra dans l'oubli bien que l'édition en fut épuisée rapidement.
Il fut réédité en 1984.
I - Historique
Comment Léonard C. Lewin s'est-il trouvé en possession d'un exemplaire de ce rapport?
Il l'explique très clairement dans l'introduction qu'il a rédigée pour l'édition originale.
Il fut contacté l''hiver 1966 / 67 par un dénommé John Doe, c'est du moins le pseudonyme qu'il lui a conservé, "professeur dans une grande université du Middle West. Sa spcialité est une des sciences de l'homme, mais je ne le caractériserai pas avec plus de précision".(p. 09)
John Doe lui explique qu'il a été contacté téléphoniquement de Washington, l'été 1963, par une certaine Mrs. Potts qui lui indiqua qu'il devrait contacter une tierce personne au Département d'Etat ce qu'il fit.
Cette personne annonça alors à John Doe qu'il avait été choisi pour faire partie d'une commission de la plus haute importance "dont les travaux étaient de déterminer, avec précision et réalisme, la nature des problèmes que devraient affronter les Etats-Unis dans le cas où les conditions nécessaires à l'établissement d'une paix permanente seraient réunies, et d'établir un programme en vue de faire face à cette éventualité". (p. 10)
A cet effet il devra se rendre à Iron Mountain, localité du nord de l'Etat de New York, où il retrouvera les autres membres de la commission sélectionnés comme lui pour participer à ce "groupe d'étude spéciale".
Iron Moutain est connu pour l'existence d'un gigantesque abri antiatomique qui sert à stocker des archives des plus importantes sociétés qui y tiennent parfois des réunions très confidentielles, notamment les sociétés pétrolières comme la Shell et la Standart Oil.
John Doe va y retrouver quatorze personnalités du monde universitaire, politique et économique (voir en annexe) avec lesquelles, durant trois ans, il va participer à l'élaboration de ce fameux "rapport du groupe d'étude spéciale".
Effaré des conclusions de ce rapport, John Doe avait cru nécessaire de le faire connaître au grand public par l'intermédiaire d'un ami sur lequel il savait pouvoir compter, même si la commission interministérielle, qui était à l'origine de ce rapport, avait tenu à le conserver secret: Leonard C. Lewin allait s'en occuper.
La ligne générale du rapport est pour le moins inquiétante. Les questions initiales n'ayant pu trouver de réponses à travers les multiples analyses et synthèses qui avaient été effectuées, les membres du groupe d'étude spéciale étaient parvenus à la conclusion suivante:
« La paix durable, bien que n'étant pas théoriquement impossible, est probablement inaccessible; même dans le cas où il serait possible de l'établir, il ne serait certainement pas dans l'intérêt le mieux compris d'une société stable de parvenir à la faire règner. .../...
La guerre remplit certaines fonctions essentielles à la stabilité de notre société; jusqu'au moment où d'autres procédés susceptibles de remplir les mêmes fonctions n'auront pas été découverts, le système qui repose sur la guerre devra être maintenu - et amélioré quant à son efficacité. (p. 14)
On comprend qu'une telle analyse ait pu poser des problèmes moraux à "notre ami" John Doe et qu'il ait tenu, ayant participé à la rédaction dudit rapport, à soulager sa conscience en donnant les moyens de faire connaître ces travaux au grand public.
En fait l'initiative de ce "groupe d'étude spéciale" remonte à l'hiver 1961et sera mise en place par l'administration Kennedy sous l'égide de MacNamara et des deux conseillers Busk et Rusk.
Le Département d'Etat mettra deux ans à sélectionner les quinze protagonistes de ce groupe.
C'est l'époque de la crise des missiles de Cuba..
L'idée primitive était d'étudier les conséquences à long terme de la planification d'une paix perpétuelle. Le choix de ses membres prit plus de deux ans et les convocations furent adressées l'été 1963. Vu les liens qui unissaient Galbraith et Kennedy, on comprend que le premier ait été pressenti pour faire parti de ce groupe!
Les membres eurent pour seule instruction de poursuivre leurs travaux selon trois critères:
a) une objectivité de style militaire,
b) le refus de toute idée ou idéologie préconçue,
c) la prise en considration dans tous les domaines, des théories ou des faits en rapport avec le problème. (p. 57)
Les réunions ne se tinrent pas toujours au "bunker" de Iron Hill, mais souvent dans des hôtels un peu partout dans l'état de New York.
Paradoxalement, Kennedy ayant été assassiné le 22 octobre 1963, époque du tout début des travaux du groupe, c'est l'administration Johnson qui suivit ces travaux durant le début de la guerre du Vietnam.
II - Démarche de recherche des "fonctions de la guerre".
Joseph de Maistre dans "Les soirées de Saint Pétersbourg" faisait déjà dire à l'un de ses personnages dans la conversation consacrée à la guerre au chaptre VII :
« La guerre est un mal nécessaire. »
Plus proches de nous, divers analystes réfléchissant sur la nature de la violence sociale et son expression opposent:
- La guerre, expression de la violence organisée et maîtrisée par une société stable,
et
- Les désordres de rue qualifiés aujourd'hui pudiquement "d'incivilités", fruits de l'expression de la violence individuelle ou de petits groupes d'individus plus ou moins organisés en marge de la société dont ils se trouvent marginalisés.
Ces désordres, s'ils dégénèrent en troubles graves, traduisent l'incapacité de leur société d'origine à contrôler leurs excès et contribuent à son instabilité (insécurité, pillages, émeutes, coups d'état, etc...)
Force nous est de constater que dans toutes les civilisations connues à ce jour, l'idée de paix ne se définit jamais autrement que par rapport à la guerre. Les définitions des dictionnaires français eux-mêmes en disent long sur la conception que s'en est faite notre civilisation.
On lit classiquement en effet deux définitions de la paix:
Paix : "Intervalle de temps séparant deux guerres",
Paix : "Etat de non-belligérence",
On est pas plus explicite!
On peut aussi se rappeler la maxime de Clémenceau :
« La paix n'est que la continuation de la guerre par d'autres moyens. »
Nul doute que les membres du "groupe d'étude spéciale" n'aient eu présent à l'esprit ces concepts lorsqu'ils cherchent dans un premier temps à définir et à classer les diverses fonctions de la guerre dans notre civilisation.
Leur travail s'axe d'emblée sur deux questions:
« A quoi faut-il s'attendre dans le cas où la paix surviendrait?
A quoi devons-nous nous préparer pour faire face à une telle éventualité? » (p.53)
Le groupe part en effet de cette constatation:
Il n'y a certainement aucune exagération à dire qu'un état de paix générale dans le monde conduira à des changements dans les structures sociales de toutes les nations du monde, changements qui seraient d'une ampleur sans équivalent dans l'histoire, et révolutionnaires.
Les conséquences économiques d'un désarmement général, pour ne parler que de la conséquence la plus évidente de la paix, obligeraient à reconsidérer toutes les modalités de la production et de la distribution dans le monde, dans une mesure qui ferait paraître insignifiants les changements survenus au cours des cinquante dernières années.
Des changements gros de conséquences se produiraient également dans les domaines politique, sociologique, culturel et écologique. (p.52)
Pour avoir un maximum d'indépendance d'esprit, le groupe a décidé de s'affranchir dans ses recherches de tout jugement de valeur morale ou religieuse, de bannir toute idée de "bien", de "bon" ou de "mal" et de s'attacher aux seuls concepts globaux nominatifs liés à la société.
« Nous avons essayé d'appliquer à notre manière de penser les critères de la physique, dont les caractéristiques ne sont pas, comme on le croit, d'être exclusivement quantitatifs mais comme le dit Whitehead :
"d'ignorer tout jugement de valeur; et, par exemple, tout jugement esthétique ou moral." .../...
[ Le choix que nous avons retenu ] Dans le cas qui nous concerne, cela a été simplement la survie de la société humaine en général, et de la société américaine en particulier, et, ceci étant le corollaire de la survie, la stabilité de la société.» (p. 61)
Sur les rapports entre la guerre et la société, le groupe de recherche spéciale affirme:
« L'erreur fondamentale consiste à affirmer de façon inexacte que la guerre, en temps qu'institution est subordonnée au système social qu'elle est censée défendre » (p. 84)
Et de conclure son analyse sur la guerre de cette façon:
« La capacité d'une nation de faire la guerre constitue l'exercice de son plus grand pouvoir social; la guerre, faite ou prévue, est une question de vie ou de mort, dans les proportions les plus importantes, pour le contrôle de la société.
Il ne fa ut donc pas s'étonner si les institutions militaires, dans chaque société, réclament de passer les premières dans tous les domaines.» (p.88)
III - Les fonctions de la guerre
A partir de ces considérations le groupe définit cinq fonctions principales liées à la guerre, en dehors bien entendu d'un quelconque rôle militaire:
a) Une fonction économique,
A propos de la production et de l'économie de guerre le groupe constate:
«...dans le cas du "gaspillage" militaire, il est évident que l'utilité sociale est manifeste.
Cela provient du fait que le "gaspillage" de la production de guerre s'accomplit complètement en dehors des cadres de l'économie de l'offre et de la demande. En tant que tel, ce "gaspillage" constitue le seul secteur important de l'économie globale qui soit sujet à un contrôle complet et discrétionnaire de la part de l'autorité centrale. » (p. 93)
Et le groupe d'ajouter que si la guerre est le moyen d'écouler les stocks, ce qui est un raisonnement trop "simpliste" (sic), l'économie de guerre d'une manière générale contribue à la stabilisation des progrès des économies...« ...du fait que ce secteur n'est pas sensible aux contractions qui peuvent se produire dans le secteur privé, et qu'il a fourni une sorte de pare-chocs ou de balancier de l'économie » . (p.95)
Et de constater que durant la seconde guerre mondiale le niveau de vie américain avait augmenté!
« Le fait que la guerre soit un"gaspillage" est précisément ce qui la rend susceptible de remplir ses propres fonctions. Et plus vite l'économie accomplit des progrès, plus lourd doit être ce volant de secours. » (p.94)
Ce qui avait été souligné, en 1957, par un ancien secrétaire à la Défense, Frank Pace, par cette formule:
« S'il existe, comme je le suppose, une relation directe entre le pouvoir stimulant que comportent de grandes dépenses d'armement et une augmentation substantielle du taux d'accroissement du produit national brut, cela provient simplement du fait que les dépenses militaires, per se, peuvent être favorisées exclusivement pour des motifs économiques en tant que stimulant du métabolisme national. »
b) Une fonction politique,
La fonction essentielle de la guerre sur le plan politique concerne la stabilité sociale et la reconnaissance d'un état en temps que nation de par la puissance qu'il est susceptible d'imposer aux autres s'il en a les moyens techniques.
« La guerre, en temps que système social, a non seulement constitué un élément essentiel de l'existence des nations en temps qu'entités politiques indépendantes, mais elle a également été indispensable à la stabilité intérieure de leurs structures politiques. Sans elle, aucun gouvernement n'a jamais été capable de faire reconnaître sa "légitimité", ou son droit à diriger la société. La possibilité d'une guerre crée le sentiment de contrainte extérieure sans lequel aucun gouvernement ne peut conserver longtemps le pouvoir ».(p.100)
C'est donc par la menace que l'on maintient la cohésion politique d'une société: tout le travail du "groupe d'étude spéciale" sera, nous allons le voir, de définir et d'exploiter la meilleure menace possible. Pour lui, la guerre est garante de la légitimité politique de l'état!
c) Une fonction sociologique,
La fonction essentielle sociologique observée est celle de l'utilisation des éléments asociaux ou de conserver un rôle nécessaire aux éléments antisociaux dans la société.
« Les mouvements sociaux, facteurs de désintégration et d'instabilité, décrits en gros comme "fascistes", ont traditionnellement pris naissance dans des sociétés à qui manquaient des soupapes de sûreté, militaires ou paramilitaires, susceptibles de satisfaire les besoins de ses éléments.» (p.104)
«Les euphémismes courants - "délinquence juvénile" et "aliénation" - ont connu des équivalents à toutes les époques. Autrefois de tels problèmes étaient réglés par les militaires sans complications judiciaires, par le moyen des bandes armées et de l'asservissement pur et simple.
Mais il n'est pas difficile d'imaginer, par exemple , le degré de désintégration sociale jusqu'où auraient pu aller les Etats-Unis au cours des deux dernières décennies, si le problème des rebelles sociaux, nés de la Deuxième Guerre Mondiale, n'avait pas été prévu et réglé de manière efficace. Les plus jeunes de ces rebelles, et les plus dangereux, ont été pris en main par le système de service militaire sélectif (Selective Service System ).» (p.104)
La seconde fonction observée est celle de l'utilisation de personnes inaptes à tout type d'emploi dans l'administration, le commerce, l'industrie ou l'agriculture, ce que l'on a pu appeler autrefois "la chair à canons" et plus récemment de façon moins péjorative "les chiens de guerre", pour lesquelles l'armée et les activités guerrières étaient les seules possibles.
En matière de cohésion sociale, le rapport insiste sur l'analyse des sociétés anciennes pour souligner le rôle des meurtres rituels et des sacrifices humains, par exemple dans les sociétés précolombiennes.
« Dans ces sociétés, le sacrifice humain avait pour but de maintenir le vestige d'un "gage" de l'aptitude que conservait la société à faire la guerre et de sa volonté de la faire - autrement dit de tuer et d'être tué - dans le cas où quelque circonstance mystérieuse - c'est à dire imprévue - rendrait cette éventualité possible. .... / ...
C'était avant tout, sinon exclusivement, une façon symbolique de rappeler que la guerre avait été autrefois la force centrale organisatrice de la société, et que les conditions de sa réapparition pouvait revenir.» (p.112)
Sans préjuger de la remise en place d'une forme "moins barbare" lors de la transition vers des régimes de paix, le groupe retient que:
«L'existence d'une menace extérieure à laquelle il est ajouté foi est, par conséquent, essentielle à la cohésion sociale aussi bien qu'à l'acceptation d'une autorité politique.» (p.113)
d) Une fonction écologique
La fonction essentielle observée sur le plan écologique est celle de régulation des populations.
Mais le groupe constate que la guerre a un effet sélectif (on pourraît presque dire une pression de sélection au sens darwinien) négatif.
En effet, dans la plupart des sociétés, ce sont les éléments les plus doués et les plus forts qui historiquement embrassaient la carrière militaire et se trouvaient de ce fait les plus exposés.
« Dans les sociétés humaines, ceux qui se battent et qui meurent dans des guerres nécessaires à la survie de l'espèce sont en général les plus forts de ses membres sur le plan biologique. Il s'agit là donc d'une sélection naturelle à l'envers » (p.115)
Le rapport évoque les autres moyens classiquement utilisés dans les sociétés anciennes pour réguler les populations
- l'infanticide (Chine, Amérique précolombienne)
- la vie monastique (Tibet, Europe chrétienne)
- l'émigration forcée
- l'application étendue de la peine de mort (Chine Impériale)
On peut également songer à la pratique de la capture d'esclaves comme en Afrique Noire ou dans les Balkans (Janissaires, femmes circasiennes, etc...)
Le rapport souligne enfin l'intérêt des nouvelles armes de destruction massive qui n'éliminent plus préférentiellement les militaires mais massiverment les populations civiles dans leur globalité.
« Le second facteur, encore actuel, est l'efficacité des méthodes modernes de destruction de masse. Même s'il n'était pas nécessaire de recourir à leur usage pour lutter contre une crise de surpopulation mondiale, elles offrent peut-être paradoxalement, la première possibilité, dans l'histoire de l'humanité, de mettre fin aux effets régressifs de la guerre sur la sélection naturelle. Les armes nucléaires ne choisissent pas. Leur usage mettrait fin à la destruction disproportionnée des membres les plus forts de l'espèce...» (p. 117 / 118)
Enfin le rapport souligne que la régression des maladies, l'accroissement de la longévité et la très forte régression des maladies infantiles autrefois fatales conduisent à laisser se développer des mutations indésirables pour l'espèce.
« Il semble clair qu'une nouvelle fonction quasi-eugénique de la guerre est en train de se développer, dont il faudra tenir compte dans tout plan de transition vers la paix.» (p.119)
e) Une fonction scientifique et culturelle,
Le rapport constate que la guere et les activités militaires constituent le moteur essentiel de la recherche scientifique et que celle-ci a largement influencé le développement de l'art surtout en matière de peinture, sculpture, littérature et musique.
« La guerre est la principale force qui soit à l'origine du développement de la science, à tous les niveaux, depuis la conception abstraite jusqu'à l'application technique. La société moderne accorde une grande valeur à la science "pure", mais il est historiquement indiscutable que toutes les découvertes d'importance majeure qui ont été faites dans les sciences naturelles ont été inspirées par les nécessités, réelles ou imaginaires, de leur époque. Les conséquences de ces découvertes se sont étendues beaucoup plus loin, mais la guerre a toujours fourni le stimulant qui a été à leur origine. » (p.122)
On ne peut que songer en lisant ces lignes au nombre colossal de publications sur l'acétylcholinestérase...premier enzyme "travaillé" par la biologie moléculaire des laboratoires militaires, car il intervient dans les mécanismes physiologiques de paralysie respiratoire liés aux gaz de combat, notamment les gaz asphixiants!
D'autres fonctions mineures de la guerre sont également évoquées:
- Un "facteur de libération sociale", facteur psychologique de dispersion des tensions
- Un facteur de stabilisation des conflits entre générations, permettant «... aux générations les plus âgées et par conséquent physiquement diminuées, aptes à maintenir leur contrôle sur les générations les plus jeunes, en les détruisant au besoin.» (p. 125)
- Un facteur de contrôle du chômage, en permettant bien évidemment de recréer des emplois par l'économie de guerre et en éliminant certains de ceux qui se seraient engagés, ou plutôt de ceux qui auraient été enrôlés...
IV - Les substituts aux fonctions de la guerre
Le rapport en évalue toute une série se rapportant aux cinq principales fonctions précédemment diagnostiquées.
a) Substituts aux fonctions économiques
Le groupe d'étude spéciale chiffre à 10% du PNB ( p.131) la quantité de richesses à détruire chaque année pour équilibrer la stabilité de l'expansion économique liée au "gaspillage" de la guerre.
Il imagine alors un programme de recherche de bien-être social lié à la réalisation onéreuse de nombreux investissements et aménagements (hôpitaux, cliniques, écoles, bibliothèques, logements, transports en commun, amélioration de l'environnement et dépollution de l'eau, enfin lutte généralisée contre la pauvreté).
Mais force est de constater qu'un tel programme connaîtra un terme au bout duquel seul seront nécessaires des crédits de fonctionnement, annuels, modestes en comparaison et cela dans le cadre même de l'économie générale. (p.135)
Il envisage ensuite la recherche spatiale qui offre l'avantage d'être indéfinie dans l'espace et dans le temps, d'être infiniment dispendieuse.
Par ailleurs, cette recherche est en soit indissociable de la recherche à des fins militaires:
« A l'exception d'une fraction restreinte, tout le budget de recherches spatiales, si on l'estime en vertu de critères appliqués à des objectifs scientifiques comparables, doit être imputé de facto à l'économie militaire. Les recherches spatiales futures, prévues en temps que substitut à la guerre réduiraient les justifications "scientifiques" de leur budget à un pourcentage absolument minuscule. » (p. 137)
D'où l'intérêt de la recherche spatiale en temps que substitut économique au gaspillage de la guerre!
Dernier point, envisager un programme de désarmement universel qui, même s'il ne représente pas de dépenses considérables, devra être mis en place lors de la phase de transition nécessaire au passage à la paix.
b) Substituts au rôle politique
« Le système fondé sur la guerre rend possible la stabilité des gouvernements. Il y parvient essentiellement en fournissant à la société la nécessité permanente d'accepter une autorité politique. » (p. 140)
Pour se faire on peut envisager l'accroissement du poids et des missions des institutions internationales, créer un tribunal mondial, etc...
En l'absence de conflit il faut trouver une menace suffisamment importante pour amener les sociétés à accepter leur sujetion à leur gouvernement.
On peut envisager, mais le groupe d'étude spéciale reste sceptique, de lancer l'idée d'une menace interplanétaire.
« On a affirmé avec chaleur qu'une telle menace donnerait "le dernier et le meilleur espoir de paix"en unissant l'humanité toute entière contre le danger de sa destruction par des "créatures" venues d'autres planètes ou de l'espace.» (p.143)
Mais on peut également créer artificiellement des menaces terrestres "naturelles":
« ...pour être efficace, un substitut politique à la guerre devrait nécessiter des "ennemis de remplacement" dont certains risqueraient de paraître un tant soit peu "tirés par les cheveux" dans le contexte de l'actuel système fondé sur la guerre.
Il pourrait consister en ceci, par exemple, que la pollution totale du milieu pourrait remplacer la possibilité de destruction en masse par des engins nucléaires, en tant que principale menace apparente exercée contre la survie de l'espèce.
L'empoisonnement de l'air ainsi que des ressources principales de nourriture et d'eau est déjà en bonne voie et, à première vue, pourrait apparaître comme prometteur, vu sous cet angle; cet empoisonnement constitue une menace contre laquelle on ne peut se défendre qu'en utilisant à fond l'organisation sociale et le pouvoir politique.
Mais selon ce que l'on sait aujourd'hui, il faudra encore attendre la vie d'une génération ou d'une génération et demie avant que la pollution du milieu ambiant, si grave qu'elle soit déjà, devienne suffisamment menaçante, à l'échelle mondiale, pour pouvoir offrir une base possible à une solution de ce genre.» (p.143)
[ Nous rappelons que ce texte a été écrit il y a quarante ans!!!]
D'une façon générale on est contraint, aux yeux des rédacteurs, par la logique de ce système:
« Si invraisemblables que puissent paraître les ennemis de remplacement dont nous venons de parler, il nous faut insister sur le fait qu'il faudra bien en trouver un, d'une ampleur et d'une crédibilité suffisantes, si l'on veut que la transition vers la paix aboutisse un jour sans desintégration sociale. Il est plus que probable, selon nous, qu'une telle menace devra être imaginée plutôt que créée, à partir de situations inconnues.» (p. 145)
c) réflexion sociologique
Comme il l'avait été souligné, il importe de pouvoir remédier à la capacité de nuisance sociale des délinquants, révoltés, associaux, récidivistes, etc...
Dans cette hypothèse le groupe spécial ne prévoit aucune solution originale autre qu'une certaine "forme d'embrigadement" ce que l'on a pu observer à diverses époques des ateliers nationaux aux chantiers de jeunesse.
Dans la ligne de MacNamara qui venait d'exposer ce problème avant de lancer le groupe d'étude spéciale, nous le rappelons, les rédacteurs du rapport imagine une extension du Peace Corps, ce "Corps de la Paix" susceptible d'encadrer les éléments les plus durs et les moins fiables de la société vers des activités de type humanitaire "en faveur du progrès"!
Par ailleurs, on songe sérieusement à réintroduire l'esclavage sous une forme insidieuse, telle qu'elle a pu être imaginée dans certains romans d'anticipation, dont bien entendu le fameux "meilleur des mondes" d'Aldous Huxley.
« Il est parfaitement possible que la création d'une forme subtile d'esclavage soit une condition préalable absolue à la direction d'une société appartenant à un monde sans guerres. En pratique, la transformation des codes de discipline militaire en une forme d'esclavage, appelée par euphémisme d'un autre nom, ne réclamerait, de façon surprenante, qu'une révision de faible importance...» (p. 150)
Par ailleurs l'ennemi de remplacement doit apparaître suffisamment menaçant pour justifier d' exiger la nécessité "de payer le prix du sang" dans de très larges domaines des affaires humaines. (p. 151)
« Les modèles fictifs doivent présenter une force de conviction extraordinaire à laquelle doit s'ajouter une possibilité notable de sacrifices de vies humaines; la construction d'une structure mythologique ou religieuse "à la page", à cette fin, présenterait à notre époque des difficultés, mais mérite d'être prise en considération.» (p. 151)
Enfin dans le but de canaliser les déviances de certains associaux, les rédacteurs n'hésitent pas à envisager la mise à l'honneur de "jeux sanglants" en vue de garder un contrôle effectif sur les pulsions agressives des individus".(p. 151)
On ne peut oublier de nos jours les multiples scénarii des jeux de rôle, des jeux informatiques, des films qui correspondent à cette idée.
On se rappellera au moins "Les chasses du comte Zarov" qui est aujourd'hui un morceau d'anthologie.
Les auteurs imaginent même faire d'une pierre deux coups:
« ...il serait possible de faire des individus asociaux, dont il faut garder en main le contrôle au moyen d'une institution quelconque, "l'ennemi de remplacment" nécessaire à la cohésion de la société. L'impossibilité accrue, inévitable et irréversible pour certains, d'être employés, et l'extension parallèle d'une aliénation généralisée par rapport aux valeurs normalement admises pourrait obliger à envisager de telles mesures, et pourrait faire qu'elles deviennent nécessaires, même en tant que complément au système fondé sur la guerre.» (p.152/ 153)
Le tout est évidemment de savoir ce que l'on appelle les "valeurs normalement admises" dans un monde qui ne prend en compte que des critères de survie des plus forts indépendamment de toute valeur éthique ou morale!
d) rôle écologique des substituts
Il s'agit de lutter d'abord contre l'effet anti-eugénique de la guerre:
« La guerre n'a jamais été un facteur de progrès génétique. Mais en tant que système de contrôle brut de la population, utilisé en vue de préserver l'existence même de l'espèce, rien ne peut lui être reproché....
Il est évident que l'obligation de limiter la procréation aux produits de l'insémination artificielle fournirait un contrôle des niveaux de population parfaitement adapté à son rôle de substitut de la guerre.Un tel système de reproduction aurait, bien entendu, l'avantage supplémentaire de pouvoir être directement l'objet d'une administration eugénique. Ses développements futurs, tels qu'on peut les prévoir - la conception et la croissance embryonnaire se produisant en totalité en laboratoire - permettraient d'étendre le contrôle jusqu'à ses conclusions logiques.
La fonction écologique de la guerre ne serait pas seulement, dans de telles conditions, remplacée, mais surpassée dans le domaine de l'efficacité.
La première étape - contrôle total de la conception grâce à une variante des "pillules" susceptible d'être répandue partout, par l'eau ou par l'intermédiaire de certains aliments essentiels, compensée par un "antidote" également contrôlé - est en train de se réaliser.
Il ne semble pas qu'il soit nécessaire, dans un avenir prévisible, d'en revenir à aucune des pratiques démodées dont il a été question au chapître précédent (telles que l'infanticide, etc...) comme cela aurait été le cas si la possibilité de passer à un état de paix était survenu il y a deux générations.» (p. 154 / 155) Sic!
Or conclut le groupe, une telle politique eugéniste ne peut être mise en place tant que le système fondé sur la guerre est encore pratiqué.
Car :
« Un excès de population, c'est du matériel de guerre.
Tant qu'une société quelconque devra tenir compte d'unepossibilité de guerre, si éloignée soit-elle, elle doit maintenir le maximum supportable de population, même si, en agissant ainsi, elle aggrave de façon sérieuse sa situation économique.» (p. 156)
e) Culture et sciences
La dynamique créée par la guerre en matière de recherche scientifique et culturelle ira s'amenuisant durant encore deux générations en bénéficiant de l'effet actuel d'entraînement.
Cependant, les recherches nécessaires à la mise en place des programmes d'eugénisme et les technologies à améliorer pour réaliser le programme de bien-être social devraient nécessiter la participation de très nombreux centres de recherche.
Hors de ces branches, aucun substitut aux effets de la guerre sur la recherche scientifique ne semblent avoir été trouvé.
« ...par définition, nous sommes incapables de concevoir les questions scientifiques qui pourraient se poser une fois que celles que nous sommes capables de comprendre aujourd'hui auront trouvé leur réponse. » (p. 162)
V - Conclusions du rapport et implications
Partant du principe que la guerre est « la base même de l'organistion sur laquelle toutes les sociétés modernes sont construites.» (p.165) les auteurs du rapport concluent à la nécessité d'avoir recours aux substituts précédemment envisagés afin « de se préparer très soigneusement à l'éventualité de la paix, non que nous pensions que la fin des guerres soit nécessairement souhaitable, si même elle est possible, mais parce qu'elle pourrait nous prendre par surprise, sous une forme à laquelle nous pourrions ne pas être préparés.» (p.188)
En particulier, pour les cinq fonctions fondamentales de la guerre, le rapport rcommande une série de mesures dont nous voyons chaque jour un peu plus la réalisation prendre forme depuis quarante ans dans les orientations techniques de la recherche scientifique, l'amélioration des techniques et les transformations de notre vie quotidienne.
a) En matière économique
Nécessité de mettre en place un système de consommation de richesses « à des fins totalement non productives » (p.170)
- Programme de bien-être social pour l'amélioration maximale des conditions de vie
Ce sera la mise en place de la société de consommation de biens non plus durables mais jetables et éternellement renouvelables, ainsi que la quête indéfinie des revendications matérialistes dans nos sociétés occidentales "modernes".
- Programme spatial sans fin « dirigé vers des cibles impossibles à atteindre » (p.172)
C'est bien ce qui a été mis en place par la Nasa.
- Système d'inspection de désarmement « ultra subtil, ritualisé »
Le show médiatique hors du commun auquel nous venons d'assister avec l'affaire d'Iraq en est la parfaite illustration....et se passe de commentaires!
b) En matière politique
- Création d'une force de police internationale omniprésente.
C'est ce qui est réalisé à travers le renforcement des structures des Nations Unies, la création du Tribunal Pénal International, au pouvoir discrétionnaire, puisque les ressortissants israéliens et Américains sont exclus de sa juridiction.
En matière de surveillance on soulignera la mise en place du réseau "échelon" et l'ensemble des systèmes d'écoutes satellitaires mis en place depuis vingt ans, par les Etats Unis.
Il est symptômatique de constater que deux pays y jouent un rôle déterminant dans la mise en place des structures au sol nécessaires: le Royaume Uni et l'Australie.
Ce seront, comme par hasard, les seuls pays aux côtés des USA lors de l'invasion de l'Iraq.
- Accréditer l'existence d'une menace extra-terrestre
Depuis la fin de la guerre toute suggestion d'une vie extra-terrestre a été systématiquement rejetée par les "savants". L'invention du spectro-photomètre prouvait pourtant, par analyse de la lumière reçue des étoiles, l'universalité de la structure atomique et du tableau périodique des éléments de Mendeleieff.
Ces faits à eux seuls prouvaient que l'existence de la vie sans être certaine était probable, ailleurs, dans l'espace et dans le temps.
Depuis une vingtaine d'années, la tendance s'est inversée sur le plan scientifique et surtout sur le plan médiatique. On assiste en effet à un foisonnement d'émissions télévisées sur les OVNI, à une multiplication de séries sur les extra-terrestres, etc...
Nous citerons parmi les plus connues actuellement : "Les envahisseurs", "X-files" , "Stargate".
On peut y remarquer que de plus en plus "les créatures de l'au-delà" apparaissent dangereuses et impitoyables pour l'espèce humaine.
Même chose au cinéma où le gentil E.T. comme les sympathiques "aliens" de Spielberg dans "Rencontre du 3° type" sont mués en envahisseurs destructeurs impitoyables dans "Mars Attack" ou "Independance Day".
Tout est fait aujourd'hui pour accréditer dans l'esprit du grand public que l'extraterrestre existe nécessairement et sera forcément destructeur s'il parvenait sur terre.
- Menace sur les sociétés par pollution massive du milieu ambiant
Les exemples sont légion...
On citera au hasard:
. Les positions antiécologiques du Président George W. Bush (voir en annexe)
. L'action pour le moins équivoque de grandes associations comme Green Peace dont les liens avec le lobby pétrolier ne sont plus à démontrer et qui oeuvre contre le nucléaire pour le maintien de l'emploi superfaitatoire d'énergies fossiles polluantes. ( effet de serre, pollution aérienne, etc...)
. L'offensive récente antiécologique de la nouvelle doctrine du "développement durable" qui prône qu'il n'y a pas "d'état de nature naturel" puisque la Nature est en perpétuelle évolution et que son état à un moment donné est fonction des activités humaines que la Nature ne saurait entraver.
. La pollution massive du sol et des nappes phréatiques par des pratiques agricoles sciemment orientées vers l'emploi de plus en plus massif de substances dangereuses et pratiquement non boidégradables (engrais, pesticides, herbicides).
. L'emploi de substances à risque dans l'industrie (mercure, amiante, etc...dont les effets cancérigènes sont connus)
. L'existence d'accidents répétés comme la pollution marine par tankers "poubelles" toujours pas interdits
. La mise au point d'un ensemble "d'instruments biologiques destructeurs" dont nous reparlerons au paragra phe suivant.
- La création d'ennemis fictifs "même tirés par les cheveux" (sic)
A l'heure de l'invasion de l'Iraq sans aucun motif autre que d'avoir été désigné comme "l'ennemi des Etats-Unis", et pourquoi pas du genre humain, tout commentaire est superflu!
On pourra aussi, et c'est lié, évoquer la curieuse affaire des tours du 11 septembre et la désignation de "l'islamisme" comme cause de tous les maux...
c) En matière sociologique
- Encadrement de la population et des entreprises
Si le rapport propose "pour faire plaisir" à monsieur McNamara, qui est à l'origine de l'étude,
une extension des fonctions du "Peace Corps" - Le Corps de la Paix - force est de constater qu'avec les progrès de l'informatique et la généralisation des connections multimedia, les entreprises comme les individus sont pris dans un faisceau d'éléments de surveillance de plus en plus performants.
- Création d'une forme moderne de l'esclavage
Sans parler d'une exploitation non institutionnalisée des immigrés dans certains contextes, on songera aux effets de la délocalisation et aux conditions de travail dans le Tiers Monde.
On songera aussi à la paupérisation croissante de ces régions, liées à la volonté des institutions internationales comme la Banque Mondiale ou le F.M.I. qui obligent par exemple au démantèlement des caisses de stabilisation qui assuraient un revenu décent aux producteurs de produits agricoles de rente comme le café ou le cacao, qui ont pesé de tout leur poids pour la dévaluation de 100% du franc C.F.A., etc...
O se rappellera aussi qu'il existe un bureau des délocalisations à Bruxelles pour la C.E.E.
- Pollution ambiante intensifiée
Voir au paragraphe "politique", les deux sujets politique et sociologie étant effectivement intimement liés.
- Nouvelles religions et mythologies
On peut songer à l'émergence soudaine et politiquemment favorisée de l'Islam en pays traditionnellement chrétiens.
On peut se rappeler le rôle des Etats-unis dans la guerre du Kosovo, qui ne visait qu'à l'instauration d'une république musulmane stable dans une zone balkanisée à la suite de la chute du mur de Berlin.
On pensera aux nouvelles mythologies nées aux Etats-unis comme le mouvement "New Age"
Sur le plan purement religieux on évoquera le foisonnement des sectes aux U.S.A. qui prolifèrent sous le regard souvent bienveillant des membres de la Haute Administration...dont certains des acteurs les plus influents sont eux-mêmes liés à certaines sectes!
On peut aussi évoquer les mouvements charismatiques ou oecuménistes.
Nous mentionnerons enfin la multinationale "Universal", nouvelle "église" née au Brésil où elle compte plus de six millions d'adeptes et qui prend pied aujourd'hui en Europe par le Portugal. Sa doctrine fumeuse s'apparente à un synchrétisme chrétien amalgamé avec les mythes de la musique rock.
Des séries télévisées d'origine américaine sont consacrées aux sorciers, à Satan, aux vampires, etc...
Les sites web sur les mêmes sujets se multiplient sans soulever la moindre réprobation politique...
On peut aussi penser aux mythologies payennes remises à l'honneur depuis quelques années comme le druidisme et les cultes solaires favorisés par certaines sectes comme le Temple Solaire ou certains films comme "le seigneur des anneaux" qui popularisent des mythologies oubliées du grand public.
- Jeux "sanglants" d'utilité sociale
Sans que nous en soyons encore à la réalisation pratique de "Roller Ball", nous devons admettre que l'exaltation de la violence est omniprésente dans le monde médiatique.
C'est une banalité que de dire que la violence est partout à la télévision.
Depuis "Orange mécanique" les films sont légion.
Les jeux vidéo sont tous axés sur la destruction d'ennemis.
Des films comme "Les chasses du comte Zarov" mettent en scène des chasses à l'homme.
Des jeux télévisés de plus en plus nombreux sont conçus autour de l'idée d'élimination de concurrents à travers des épreuves physiques.
Le concept de "jeu de rôle" a fait une percée.
Il s'agit de poursuivre la mise en scène de scénarii souvent sanglants entre des partenaires fictifs...
La vulgarisation probable de la technique des hologrammes dans les prochaines années donnera à cette discipline un nouvel essor et un plus grand "réalisme".
La déification des sportifs atteint son paroxysme et la violence sur les stades de football est courante.
Les mentalités sont donc conduites à admettre une banalisation de la violence et à rechercher des "sensations" de plus en plus "fortes" qui pourraient bien effectivement déboucher sur l'instauration de spectacles effectivement sanglants, auprès desquels certains combats de boxe Taï sembleraient dignes des patronnages.
Certaines enquêtes sérieuses dans le monde pornographique laissent même entendre que des scènes de viols avec meurtres, surtout en Amérique latine, n'ont pas été simulées...
d) Ecologie
Les recommendations sont orientées vers deux directions : la limitation de la population et l'eugénisme, d'une part, la pollution du milieu ambiant utilisée comme menace de pression sur la société pour en maintenir la cohésion, de l'autre.
Nous avons déjà évoqué aux paragraphes "sociologie" et "politique" un ensemble d'effets polluants d'origine physico-chimiques.
Nous n'évoquerons donc ici que les éléments d'origine biologique qui viennent en complément des précédents et / ou oeuvrent dans la même voie.
Tout un ensemble de méthodes et de recherches concourent à cet effet.
Ils combinent à la fois des possibilités étendues de limitation de la population et de pollution du milieu biologique.
Nous citerons ici, dans l'état actuel de nos connaissances, les réalisations mises en place à ce jour :
- Les campagnes de vaccination
Mises en place à l'initiative d'organismes internationnaux comme l'OMS, ces campagnes préconnisées, voire forcées dans certains pays du Tiers Monde par suite d'accords avec la Banque Mondiale ou le FMI, sont faites beaucoup plus dans un but abortif ou contraceptif que dans un but prophyllactique.
Il est d'ailleurs symptômatique de voir que la vaccination contre la variole, maladie nullement éradiquée - ( comme si on pouvait éradiquer un virus de la planète!) - a été arrêtée.
Les campagnes de vaccination actuelle visent essentiellement les femmes.
Le but à travers le vaccin est l'incorporation de substances abortives, contraceptives ou stérilisantes.
Ces compléments aux toxines vaccinales sont de deux ordres: des substances allogènes contraceptives à forte concentration ou des hormones capables de déclencher des réactions antifoetales par auto-immunité.
Le détail de ces techniques ferait à lui seul l'objet d'une conférence et ne saurait être détaillé ici.
D'autres substances, ainsi injectables, sont susceptibles de favoriser des cancers sous l'influence de facteurs déclenchants, c'est notamment ce que l'on observe avec le cancer du cerveau induit potentiellement par l'abus des téléphones portables.
Ceci n'est pas de la science fiction : l'analyse fine par des laboratoires fiables indépendants à montré l'existence de telles substances de façon indubitable dans les doses distribuées par certains laboratoires dans le Tiers Monde.
- L'accès à l'eau potable
L'eau potable, par les traitements qu'elle subit, son universalité et son caractère indispensable, est un vecteur de choix pour véhiculer des produits abortifs et contraceptifs.
Rappelons que la conférence de Durban, où personne ne fut d'accord sur rien, se termina par un document prônant l'accession immédiate à l'eau potable pour un milliard sept cent millions d'hommes. Ce n'est pas un hasard!
Les campagnes des ONG, du Peace Corps, etc...visent toutes à favoriser l'accès à l'eau potable par des puits forés par leurs soins ou par des adductions et des stations d'épuration édifiées à leur initiative.
Dans tous les cas, cet accès à l'eau est assorti du déversement dans les puits et les conduites de substances dont les effets contribuent de manière non sélective à limiter la population.
- L'épidémiologie
Les épidémies sont l'occasion de campagnes de vaccination qui ramènent aux cas précédemment évoqués.Certaines sont naturelles, mais d'autres sont provoquées.
De nombreux travaux actuels montrent que le S.I.D.A., certaines formes de choléra ou de pneumonie ne sont pas d'origine naturelle.
A l'heure où ces lignes sont écrites l'O.M.S. vient de lancer un grand battage médiatique, en plein milieu de l'invasion de l'Iraq à propos d'une forme de pneumopathie particulièrement virulente issue du sud-est asiatique...qui aurait fait quinze morts!
Il est clair que ce battage n'est qu'un prétexte à lancer de nouvelles campagnes de vaccination dont les effets seront de la nature décrite plus haut.
- Les épizooties
Nous ne citerons pour mémoire que le scandale de la fièvre aphteuse dont les causes aujourd'hui connues paraissent bien liées au produit de traitement de la parasitose du vairon - ce que curieusement nient les organismes vétérinaires, les organisations professionnelles agricoles et les laboratoires pharmacologiques concernés.
Un bon nombre de "maladies" animales sont causées par des produits de traitement qui sont maintenus à l'utilisation.
Ces produits contribuent à entretenir une menace écologique certaine sur le cheptel et par voix de conséquence sur la production alimentaire.
- Les O.G.M.
Les organismes génétiquement modifiés, soit disant à des fins thérapeutiques, ont surtout été créés pour assurer la maîtrise des productions au profit des semenciers (grâce aux gênes "Killer" ou "Terminator") et des industriels de l'agrochimie (fabricants d'engrais et de pesticides)...car contrairement aux dires de certains, ces plantes sont beaucoup plus exigeantes et fragiles que les variétés "classiques".
Ces O.G.M. qui sont en passe d'envahir le monde entier, sous couvert de l'aide humanitaire, vont conduire le Tiers Monde à se trouver à la merci d'un chantage à la famine de la part des fournisseurs de semences qui se trouvent être toutes des multinationales à capitaux américains.
(Nous soulignons que l'essentiel des travaux brevetés a porté jusqu'ici sur les céréales d'alimentation de fond du Tiers Monde : maïs, sorgho et riz.)
Par ailleurs, rappelons que nous ne disposons d'aucun recul pour juger durablement des effets sur l'organisme des protéines modifiées ou de leurs effets secondaires sur les organismes tant humains qu'animaux.
Enfin la multiplication des essais de plein champs va conduire à une généralisation de la dissémination de ces organismes par les effets de la pollinisation.
Il est clair que la fameuse limitation à 1% de semences contaminées suffira à assurer la conversion totale des espèces concernées d'ici dix ans en espèces artificielles, donc aux mains des multinationales.
- "La guerre Climatique"
Nous nous devons, pour être complet, de mentionner ici le projet "Harp" qui permet à partir de modifications du champ électromagnétique par des champs d'antennes, dont les plus importantes sont installées en Alaska, d'induire des modifications spectaculaires et durables du régime pluviométriques à des milliers de kilomètres.
Sans que les alternances de sècheresses et d'inondations soient encore bien ciblées, un certain nombre de perturbations climatiques, comme les spectaculaires inondations allemandes de l'été 2002, ne sont pas d'origine naturelle, ce que le chancelier Schroeder avait alors publiquement souligné.
Pour ne citer que cela!
Au total, il existe aujourd'hui tout un arsenal conduisant à faire peser sur les populations et sur le milieu la menace durable et intense, à la discrétion des Etats-unis, souhaitée par le rapport!
e) Sciences et culture
Aucune recommandation n'est faite dans ces domaines, nous l'avons souligné.
Il est cependant clair que l'ensemble des travaux à mener pour parachever ce qui a été évoqué précédemment dans les domaines de la physique, de la chimie, de l'informatique et de la biologie constituent à eux seuls des moteurs puissants pour l'incitation à la recherche!
Conclusion
Loin de la fiction du "Meilleur des Mondes" dont on pourrait croire qu'il a servi de modèle aux membres du groupe d'étude spéciale, nous constatons que le rapport dit de "la Montagne de Fer" a servi de trame à la politique américaine mise en place depuis l'administration Johnson.
La guerre d'invasion de l'Iraq n'en est qu'une manifestation plus spectaculaire que d'autres.
Elle aurait pour effet d'achever la mainmise des Etats Unis sur les réserves énergétiques du monde, face à l'Europe et à la Chine qui en sont cruellement dépourvues pour le plus grand bénéfice de certaines multinationales.
Mais comme le souligne le rapport:
« Il est bien établi que certains groupes privés et certaines classes capitalistes ont intérêt à maintenir le système fondé sur la guerre. » (p. 180 / 181)
De ce point de vue, cette intervention est risquée d'autant que les motivations officielles de cette guerre sont suffisamment légères pour avoir soulevé la réprobation du monde entier.
Pourtant le rapport affirme:
« ...toute situation de paix authentique et totale, si perfectionnée soit-elle, sera un facteur de déséquilibre jusqu'à preuve du contraire. » (p. 183)
Mais les auteurs restent conscients des risques qu'une telle politique belliciste pose:
« Il est possible que l'une des plus grandes puissances se trouve un jour, par l'effet d'un gouvernement maladroit, dans une position où la classe administrative dirigeante aurait perdu le contrôle de l'opinion publique ou ne se trouverait plus en mesure de justifier une guerre nécessaire. Il n'est pas impossible d'imaginer, dans de telles circonstances, que surgisse une situation où un tel gouvernement serait obligé d'entreprendre de sérieuses négociations en vue d'un désarmement à grande échelle...et que de telles négociations conduiraient en fait à la destruction des installations militaires. Comme notre rapport l'a montré, une telle situation pourrait se révéler catastrophique. » (p. 184 / 185)
On ne saurait mieux dire!
Claude Timmerman
Conférence donnée par Claude Timmerman le 15 mars 2003 Paris, maison des Salésiens au colloque d'Ile de France du Centre d'Etudes et de Prospective pour la Science__________________________________________
Introduction (*)
Le rapport dit "de la Montagne de fer" est paru en 1967 aux Etats Unis chez Dial Press sous le titre original de:
"Report from the Iron Mountain on the possibility and the desirability of peace"
sans nom d'auteur, mais avec une introduction de Leonard C. Lewin qui y explique comment ce document lui est parvenu dans les mains et pourquoi il se devait de le faire connaître en le publiant, même sans autorisation.
Ce document était accompagné d'une préface d'un dénommé Herschel Mac Landress - que personne ne connaissait physiquement, mais dont le nom était connu par des articles économiques paraissant dans la revue "Esquire", certains d'ailleurs cosignés au début des années 60 par un certain John Fitzgerald Kennedy - qui attestait de la véracité et de la réalité des travaux dont ce rapport était à l'origine.
Compte tenu des conclusions de ce rapport, il créa une polémique importante lors de sa parution. Une controverse s'en suivit, étouffée à la demande de la Maison Blanche qui refusa toujours de reconnaître la moindre implication gouvernementale dans cette affaire.
Nous sommes alors en pleine guerre du Vietnam et Lyndon Johnson peut aisément agir sur la presse pour calmer le jeu...
Le rapport de la Montagne de Fer allait sombrer dans les oubliettes de l'Histoire devant les impératifs médiatiques de la guerre froide et du désengagement vietnamien...
Quel est le thème de ce rapport?
Rien moins que l'étude des bouleversements de la civilisation provoqués par l'éventualité d'un régime de paix perpétuelle et des substituts à trouver aux fonctions de la guerre pour maintenir, en régime de paix, la cohésion des sociétés.
A cette poque, aux Etats Unis, plusieurs études de ce genre, d'origines diverses, virent le jour.
Nous ne citerons que le livre de H. Kahn : « Thinking about the unthinkale » ce que nous traduirons par "Penser l'impensable " destiné à sensibiliser l'opinion américaine sur la nouvelle façon de penser la guerre et la paix à l'ère nuclaire.
Le "Rapport de la Montagne de Fer" comme il fut dénommé se retrouva donc relégué sur les rayons des bibliothèques universitaires comme n'importe quelle étude de sociologie politique.
Il fut pourtant traduit en français par Jean Bloch-Michel et publié en 1968 chez Calmann - Lévy sous le titre:
"La paix indésirable? Rapport sur l'utilité des guerres."
avec une préface du grand économiste américain J.K.Galbraith qui y déclare deux choses:
a) Il reconnaît être Herschel MacLandress, pseudonyme qu'il utilisait couramment dans ses écrits, notamment ceux cosignés par Kennedy qui était alors son élève!
b) Il déclare avoir été convié "par un ami fort connu, astronome, physicien et spécialiste des communications",(p.xxii) à une réunion à Iron Mountain au cours de l'été 1963, invitation qu'il avait décliné, devant participer à un important séminaire sur la psychométrie en Italie pour lequel il s'était engagé à cette date. Voir cet ami " fort connu " en annexe...
Quoiqu'il en soit, Galbraith reconnaît sans aucune équivoque l'existence des réunions d'Iron Mountain et la véracité du rapport qui en découla...
Il tenait visiblement à épauler Léonard C.Lewin devant les dificultés d'édition de ce rapport.
Il conclua sa préface ainsi:
« De même que je prends personnellement la responsabilité de l'authenticité de ce document, je puis témoigner en faveur de la justesse de ses conclusions. Mes réserves ne concernent que l'imprudence avec laquelle il a été mis à la disposition d'un public qui n'était évidemment pas prêt à le comprendre.» (p.xxvii)
Cela se passe de commentaires!
Paru en France au sortir des "évènements" de mai 68 et entouré d'une discrétion médiatique exemplaire, le rapport sombra dans l'oubli bien que l'édition en fut épuisée rapidement.
Il fut réédité en 1984.
I - Historique
Comment Léonard C. Lewin s'est-il trouvé en possession d'un exemplaire de ce rapport?
Il l'explique très clairement dans l'introduction qu'il a rédigée pour l'édition originale.
Il fut contacté l''hiver 1966 / 67 par un dénommé John Doe, c'est du moins le pseudonyme qu'il lui a conservé, "professeur dans une grande université du Middle West. Sa spcialité est une des sciences de l'homme, mais je ne le caractériserai pas avec plus de précision".(p. 09)
John Doe lui explique qu'il a été contacté téléphoniquement de Washington, l'été 1963, par une certaine Mrs. Potts qui lui indiqua qu'il devrait contacter une tierce personne au Département d'Etat ce qu'il fit.
Cette personne annonça alors à John Doe qu'il avait été choisi pour faire partie d'une commission de la plus haute importance "dont les travaux étaient de déterminer, avec précision et réalisme, la nature des problèmes que devraient affronter les Etats-Unis dans le cas où les conditions nécessaires à l'établissement d'une paix permanente seraient réunies, et d'établir un programme en vue de faire face à cette éventualité". (p. 10)
A cet effet il devra se rendre à Iron Mountain, localité du nord de l'Etat de New York, où il retrouvera les autres membres de la commission sélectionnés comme lui pour participer à ce "groupe d'étude spéciale".
Iron Moutain est connu pour l'existence d'un gigantesque abri antiatomique qui sert à stocker des archives des plus importantes sociétés qui y tiennent parfois des réunions très confidentielles, notamment les sociétés pétrolières comme la Shell et la Standart Oil.
John Doe va y retrouver quatorze personnalités du monde universitaire, politique et économique (voir en annexe) avec lesquelles, durant trois ans, il va participer à l'élaboration de ce fameux "rapport du groupe d'étude spéciale".
Effaré des conclusions de ce rapport, John Doe avait cru nécessaire de le faire connaître au grand public par l'intermédiaire d'un ami sur lequel il savait pouvoir compter, même si la commission interministérielle, qui était à l'origine de ce rapport, avait tenu à le conserver secret: Leonard C. Lewin allait s'en occuper.
La ligne générale du rapport est pour le moins inquiétante. Les questions initiales n'ayant pu trouver de réponses à travers les multiples analyses et synthèses qui avaient été effectuées, les membres du groupe d'étude spéciale étaient parvenus à la conclusion suivante:
« La paix durable, bien que n'étant pas théoriquement impossible, est probablement inaccessible; même dans le cas où il serait possible de l'établir, il ne serait certainement pas dans l'intérêt le mieux compris d'une société stable de parvenir à la faire règner. .../...
La guerre remplit certaines fonctions essentielles à la stabilité de notre société; jusqu'au moment où d'autres procédés susceptibles de remplir les mêmes fonctions n'auront pas été découverts, le système qui repose sur la guerre devra être maintenu - et amélioré quant à son efficacité. (p. 14)
On comprend qu'une telle analyse ait pu poser des problèmes moraux à "notre ami" John Doe et qu'il ait tenu, ayant participé à la rédaction dudit rapport, à soulager sa conscience en donnant les moyens de faire connaître ces travaux au grand public.
En fait l'initiative de ce "groupe d'étude spéciale" remonte à l'hiver 1961et sera mise en place par l'administration Kennedy sous l'égide de MacNamara et des deux conseillers Busk et Rusk.
Le Département d'Etat mettra deux ans à sélectionner les quinze protagonistes de ce groupe.
C'est l'époque de la crise des missiles de Cuba..
L'idée primitive était d'étudier les conséquences à long terme de la planification d'une paix perpétuelle. Le choix de ses membres prit plus de deux ans et les convocations furent adressées l'été 1963. Vu les liens qui unissaient Galbraith et Kennedy, on comprend que le premier ait été pressenti pour faire parti de ce groupe!
Les membres eurent pour seule instruction de poursuivre leurs travaux selon trois critères:
a) une objectivité de style militaire,
b) le refus de toute idée ou idéologie préconçue,
c) la prise en considration dans tous les domaines, des théories ou des faits en rapport avec le problème. (p. 57)
Les réunions ne se tinrent pas toujours au "bunker" de Iron Hill, mais souvent dans des hôtels un peu partout dans l'état de New York.
Paradoxalement, Kennedy ayant été assassiné le 22 octobre 1963, époque du tout début des travaux du groupe, c'est l'administration Johnson qui suivit ces travaux durant le début de la guerre du Vietnam.
II - Démarche de recherche des "fonctions de la guerre".
Joseph de Maistre dans "Les soirées de Saint Pétersbourg" faisait déjà dire à l'un de ses personnages dans la conversation consacrée à la guerre au chaptre VII :
« La guerre est un mal nécessaire. »
Plus proches de nous, divers analystes réfléchissant sur la nature de la violence sociale et son expression opposent:
- La guerre, expression de la violence organisée et maîtrisée par une société stable,
et
- Les désordres de rue qualifiés aujourd'hui pudiquement "d'incivilités", fruits de l'expression de la violence individuelle ou de petits groupes d'individus plus ou moins organisés en marge de la société dont ils se trouvent marginalisés.
Ces désordres, s'ils dégénèrent en troubles graves, traduisent l'incapacité de leur société d'origine à contrôler leurs excès et contribuent à son instabilité (insécurité, pillages, émeutes, coups d'état, etc...)
Force nous est de constater que dans toutes les civilisations connues à ce jour, l'idée de paix ne se définit jamais autrement que par rapport à la guerre. Les définitions des dictionnaires français eux-mêmes en disent long sur la conception que s'en est faite notre civilisation.
On lit classiquement en effet deux définitions de la paix:
Paix : "Intervalle de temps séparant deux guerres",
Paix : "Etat de non-belligérence",
On est pas plus explicite!
On peut aussi se rappeler la maxime de Clémenceau :
« La paix n'est que la continuation de la guerre par d'autres moyens. »
Nul doute que les membres du "groupe d'étude spéciale" n'aient eu présent à l'esprit ces concepts lorsqu'ils cherchent dans un premier temps à définir et à classer les diverses fonctions de la guerre dans notre civilisation.
Leur travail s'axe d'emblée sur deux questions:
« A quoi faut-il s'attendre dans le cas où la paix surviendrait?
A quoi devons-nous nous préparer pour faire face à une telle éventualité? » (p.53)
Le groupe part en effet de cette constatation:
Il n'y a certainement aucune exagération à dire qu'un état de paix générale dans le monde conduira à des changements dans les structures sociales de toutes les nations du monde, changements qui seraient d'une ampleur sans équivalent dans l'histoire, et révolutionnaires.
Les conséquences économiques d'un désarmement général, pour ne parler que de la conséquence la plus évidente de la paix, obligeraient à reconsidérer toutes les modalités de la production et de la distribution dans le monde, dans une mesure qui ferait paraître insignifiants les changements survenus au cours des cinquante dernières années.
Des changements gros de conséquences se produiraient également dans les domaines politique, sociologique, culturel et écologique. (p.52)
Pour avoir un maximum d'indépendance d'esprit, le groupe a décidé de s'affranchir dans ses recherches de tout jugement de valeur morale ou religieuse, de bannir toute idée de "bien", de "bon" ou de "mal" et de s'attacher aux seuls concepts globaux nominatifs liés à la société.
« Nous avons essayé d'appliquer à notre manière de penser les critères de la physique, dont les caractéristiques ne sont pas, comme on le croit, d'être exclusivement quantitatifs mais comme le dit Whitehead :
"d'ignorer tout jugement de valeur; et, par exemple, tout jugement esthétique ou moral." .../...
[ Le choix que nous avons retenu ] Dans le cas qui nous concerne, cela a été simplement la survie de la société humaine en général, et de la société américaine en particulier, et, ceci étant le corollaire de la survie, la stabilité de la société.» (p. 61)
Sur les rapports entre la guerre et la société, le groupe de recherche spéciale affirme:
« L'erreur fondamentale consiste à affirmer de façon inexacte que la guerre, en temps qu'institution est subordonnée au système social qu'elle est censée défendre » (p. 84)
Et de conclure son analyse sur la guerre de cette façon:
« La capacité d'une nation de faire la guerre constitue l'exercice de son plus grand pouvoir social; la guerre, faite ou prévue, est une question de vie ou de mort, dans les proportions les plus importantes, pour le contrôle de la société.
Il ne fa ut donc pas s'étonner si les institutions militaires, dans chaque société, réclament de passer les premières dans tous les domaines.» (p.88)
III - Les fonctions de la guerre
A partir de ces considérations le groupe définit cinq fonctions principales liées à la guerre, en dehors bien entendu d'un quelconque rôle militaire:
a) Une fonction économique,
A propos de la production et de l'économie de guerre le groupe constate:
«...dans le cas du "gaspillage" militaire, il est évident que l'utilité sociale est manifeste.
Cela provient du fait que le "gaspillage" de la production de guerre s'accomplit complètement en dehors des cadres de l'économie de l'offre et de la demande. En tant que tel, ce "gaspillage" constitue le seul secteur important de l'économie globale qui soit sujet à un contrôle complet et discrétionnaire de la part de l'autorité centrale. » (p. 93)
Et le groupe d'ajouter que si la guerre est le moyen d'écouler les stocks, ce qui est un raisonnement trop "simpliste" (sic), l'économie de guerre d'une manière générale contribue à la stabilisation des progrès des économies...« ...du fait que ce secteur n'est pas sensible aux contractions qui peuvent se produire dans le secteur privé, et qu'il a fourni une sorte de pare-chocs ou de balancier de l'économie » . (p.95)
Et de constater que durant la seconde guerre mondiale le niveau de vie américain avait augmenté!
« Le fait que la guerre soit un"gaspillage" est précisément ce qui la rend susceptible de remplir ses propres fonctions. Et plus vite l'économie accomplit des progrès, plus lourd doit être ce volant de secours. » (p.94)
Ce qui avait été souligné, en 1957, par un ancien secrétaire à la Défense, Frank Pace, par cette formule:
« S'il existe, comme je le suppose, une relation directe entre le pouvoir stimulant que comportent de grandes dépenses d'armement et une augmentation substantielle du taux d'accroissement du produit national brut, cela provient simplement du fait que les dépenses militaires, per se, peuvent être favorisées exclusivement pour des motifs économiques en tant que stimulant du métabolisme national. »
b) Une fonction politique,
La fonction essentielle de la guerre sur le plan politique concerne la stabilité sociale et la reconnaissance d'un état en temps que nation de par la puissance qu'il est susceptible d'imposer aux autres s'il en a les moyens techniques.
« La guerre, en temps que système social, a non seulement constitué un élément essentiel de l'existence des nations en temps qu'entités politiques indépendantes, mais elle a également été indispensable à la stabilité intérieure de leurs structures politiques. Sans elle, aucun gouvernement n'a jamais été capable de faire reconnaître sa "légitimité", ou son droit à diriger la société. La possibilité d'une guerre crée le sentiment de contrainte extérieure sans lequel aucun gouvernement ne peut conserver longtemps le pouvoir ».(p.100)
C'est donc par la menace que l'on maintient la cohésion politique d'une société: tout le travail du "groupe d'étude spéciale" sera, nous allons le voir, de définir et d'exploiter la meilleure menace possible. Pour lui, la guerre est garante de la légitimité politique de l'état!
c) Une fonction sociologique,
La fonction essentielle sociologique observée est celle de l'utilisation des éléments asociaux ou de conserver un rôle nécessaire aux éléments antisociaux dans la société.
« Les mouvements sociaux, facteurs de désintégration et d'instabilité, décrits en gros comme "fascistes", ont traditionnellement pris naissance dans des sociétés à qui manquaient des soupapes de sûreté, militaires ou paramilitaires, susceptibles de satisfaire les besoins de ses éléments.» (p.104)
«Les euphémismes courants - "délinquence juvénile" et "aliénation" - ont connu des équivalents à toutes les époques. Autrefois de tels problèmes étaient réglés par les militaires sans complications judiciaires, par le moyen des bandes armées et de l'asservissement pur et simple.
Mais il n'est pas difficile d'imaginer, par exemple , le degré de désintégration sociale jusqu'où auraient pu aller les Etats-Unis au cours des deux dernières décennies, si le problème des rebelles sociaux, nés de la Deuxième Guerre Mondiale, n'avait pas été prévu et réglé de manière efficace. Les plus jeunes de ces rebelles, et les plus dangereux, ont été pris en main par le système de service militaire sélectif (Selective Service System ).» (p.104)
La seconde fonction observée est celle de l'utilisation de personnes inaptes à tout type d'emploi dans l'administration, le commerce, l'industrie ou l'agriculture, ce que l'on a pu appeler autrefois "la chair à canons" et plus récemment de façon moins péjorative "les chiens de guerre", pour lesquelles l'armée et les activités guerrières étaient les seules possibles.
En matière de cohésion sociale, le rapport insiste sur l'analyse des sociétés anciennes pour souligner le rôle des meurtres rituels et des sacrifices humains, par exemple dans les sociétés précolombiennes.
« Dans ces sociétés, le sacrifice humain avait pour but de maintenir le vestige d'un "gage" de l'aptitude que conservait la société à faire la guerre et de sa volonté de la faire - autrement dit de tuer et d'être tué - dans le cas où quelque circonstance mystérieuse - c'est à dire imprévue - rendrait cette éventualité possible. .... / ...
C'était avant tout, sinon exclusivement, une façon symbolique de rappeler que la guerre avait été autrefois la force centrale organisatrice de la société, et que les conditions de sa réapparition pouvait revenir.» (p.112)
Sans préjuger de la remise en place d'une forme "moins barbare" lors de la transition vers des régimes de paix, le groupe retient que:
«L'existence d'une menace extérieure à laquelle il est ajouté foi est, par conséquent, essentielle à la cohésion sociale aussi bien qu'à l'acceptation d'une autorité politique.» (p.113)
d) Une fonction écologique
La fonction essentielle observée sur le plan écologique est celle de régulation des populations.
Mais le groupe constate que la guerre a un effet sélectif (on pourraît presque dire une pression de sélection au sens darwinien) négatif.
En effet, dans la plupart des sociétés, ce sont les éléments les plus doués et les plus forts qui historiquement embrassaient la carrière militaire et se trouvaient de ce fait les plus exposés.
« Dans les sociétés humaines, ceux qui se battent et qui meurent dans des guerres nécessaires à la survie de l'espèce sont en général les plus forts de ses membres sur le plan biologique. Il s'agit là donc d'une sélection naturelle à l'envers » (p.115)
Le rapport évoque les autres moyens classiquement utilisés dans les sociétés anciennes pour réguler les populations
- l'infanticide (Chine, Amérique précolombienne)
- la vie monastique (Tibet, Europe chrétienne)
- l'émigration forcée
- l'application étendue de la peine de mort (Chine Impériale)
On peut également songer à la pratique de la capture d'esclaves comme en Afrique Noire ou dans les Balkans (Janissaires, femmes circasiennes, etc...)
Le rapport souligne enfin l'intérêt des nouvelles armes de destruction massive qui n'éliminent plus préférentiellement les militaires mais massiverment les populations civiles dans leur globalité.
« Le second facteur, encore actuel, est l'efficacité des méthodes modernes de destruction de masse. Même s'il n'était pas nécessaire de recourir à leur usage pour lutter contre une crise de surpopulation mondiale, elles offrent peut-être paradoxalement, la première possibilité, dans l'histoire de l'humanité, de mettre fin aux effets régressifs de la guerre sur la sélection naturelle. Les armes nucléaires ne choisissent pas. Leur usage mettrait fin à la destruction disproportionnée des membres les plus forts de l'espèce...» (p. 117 / 118)
Enfin le rapport souligne que la régression des maladies, l'accroissement de la longévité et la très forte régression des maladies infantiles autrefois fatales conduisent à laisser se développer des mutations indésirables pour l'espèce.
« Il semble clair qu'une nouvelle fonction quasi-eugénique de la guerre est en train de se développer, dont il faudra tenir compte dans tout plan de transition vers la paix.» (p.119)
e) Une fonction scientifique et culturelle,
Le rapport constate que la guere et les activités militaires constituent le moteur essentiel de la recherche scientifique et que celle-ci a largement influencé le développement de l'art surtout en matière de peinture, sculpture, littérature et musique.
« La guerre est la principale force qui soit à l'origine du développement de la science, à tous les niveaux, depuis la conception abstraite jusqu'à l'application technique. La société moderne accorde une grande valeur à la science "pure", mais il est historiquement indiscutable que toutes les découvertes d'importance majeure qui ont été faites dans les sciences naturelles ont été inspirées par les nécessités, réelles ou imaginaires, de leur époque. Les conséquences de ces découvertes se sont étendues beaucoup plus loin, mais la guerre a toujours fourni le stimulant qui a été à leur origine. » (p.122)
On ne peut que songer en lisant ces lignes au nombre colossal de publications sur l'acétylcholinestérase...premier enzyme "travaillé" par la biologie moléculaire des laboratoires militaires, car il intervient dans les mécanismes physiologiques de paralysie respiratoire liés aux gaz de combat, notamment les gaz asphixiants!
D'autres fonctions mineures de la guerre sont également évoquées:
- Un "facteur de libération sociale", facteur psychologique de dispersion des tensions
- Un facteur de stabilisation des conflits entre générations, permettant «... aux générations les plus âgées et par conséquent physiquement diminuées, aptes à maintenir leur contrôle sur les générations les plus jeunes, en les détruisant au besoin.» (p. 125)
- Un facteur de contrôle du chômage, en permettant bien évidemment de recréer des emplois par l'économie de guerre et en éliminant certains de ceux qui se seraient engagés, ou plutôt de ceux qui auraient été enrôlés...
IV - Les substituts aux fonctions de la guerre
Le rapport en évalue toute une série se rapportant aux cinq principales fonctions précédemment diagnostiquées.
a) Substituts aux fonctions économiques
Le groupe d'étude spéciale chiffre à 10% du PNB ( p.131) la quantité de richesses à détruire chaque année pour équilibrer la stabilité de l'expansion économique liée au "gaspillage" de la guerre.
Il imagine alors un programme de recherche de bien-être social lié à la réalisation onéreuse de nombreux investissements et aménagements (hôpitaux, cliniques, écoles, bibliothèques, logements, transports en commun, amélioration de l'environnement et dépollution de l'eau, enfin lutte généralisée contre la pauvreté).
Mais force est de constater qu'un tel programme connaîtra un terme au bout duquel seul seront nécessaires des crédits de fonctionnement, annuels, modestes en comparaison et cela dans le cadre même de l'économie générale. (p.135)
Il envisage ensuite la recherche spatiale qui offre l'avantage d'être indéfinie dans l'espace et dans le temps, d'être infiniment dispendieuse.
Par ailleurs, cette recherche est en soit indissociable de la recherche à des fins militaires:
« A l'exception d'une fraction restreinte, tout le budget de recherches spatiales, si on l'estime en vertu de critères appliqués à des objectifs scientifiques comparables, doit être imputé de facto à l'économie militaire. Les recherches spatiales futures, prévues en temps que substitut à la guerre réduiraient les justifications "scientifiques" de leur budget à un pourcentage absolument minuscule. » (p. 137)
D'où l'intérêt de la recherche spatiale en temps que substitut économique au gaspillage de la guerre!
Dernier point, envisager un programme de désarmement universel qui, même s'il ne représente pas de dépenses considérables, devra être mis en place lors de la phase de transition nécessaire au passage à la paix.
b) Substituts au rôle politique
« Le système fondé sur la guerre rend possible la stabilité des gouvernements. Il y parvient essentiellement en fournissant à la société la nécessité permanente d'accepter une autorité politique. » (p. 140)
Pour se faire on peut envisager l'accroissement du poids et des missions des institutions internationales, créer un tribunal mondial, etc...
En l'absence de conflit il faut trouver une menace suffisamment importante pour amener les sociétés à accepter leur sujetion à leur gouvernement.
On peut envisager, mais le groupe d'étude spéciale reste sceptique, de lancer l'idée d'une menace interplanétaire.
« On a affirmé avec chaleur qu'une telle menace donnerait "le dernier et le meilleur espoir de paix"en unissant l'humanité toute entière contre le danger de sa destruction par des "créatures" venues d'autres planètes ou de l'espace.» (p.143)
Mais on peut également créer artificiellement des menaces terrestres "naturelles":
« ...pour être efficace, un substitut politique à la guerre devrait nécessiter des "ennemis de remplacement" dont certains risqueraient de paraître un tant soit peu "tirés par les cheveux" dans le contexte de l'actuel système fondé sur la guerre.
Il pourrait consister en ceci, par exemple, que la pollution totale du milieu pourrait remplacer la possibilité de destruction en masse par des engins nucléaires, en tant que principale menace apparente exercée contre la survie de l'espèce.
L'empoisonnement de l'air ainsi que des ressources principales de nourriture et d'eau est déjà en bonne voie et, à première vue, pourrait apparaître comme prometteur, vu sous cet angle; cet empoisonnement constitue une menace contre laquelle on ne peut se défendre qu'en utilisant à fond l'organisation sociale et le pouvoir politique.
Mais selon ce que l'on sait aujourd'hui, il faudra encore attendre la vie d'une génération ou d'une génération et demie avant que la pollution du milieu ambiant, si grave qu'elle soit déjà, devienne suffisamment menaçante, à l'échelle mondiale, pour pouvoir offrir une base possible à une solution de ce genre.» (p.143)
[ Nous rappelons que ce texte a été écrit il y a quarante ans!!!]
D'une façon générale on est contraint, aux yeux des rédacteurs, par la logique de ce système:
« Si invraisemblables que puissent paraître les ennemis de remplacement dont nous venons de parler, il nous faut insister sur le fait qu'il faudra bien en trouver un, d'une ampleur et d'une crédibilité suffisantes, si l'on veut que la transition vers la paix aboutisse un jour sans desintégration sociale. Il est plus que probable, selon nous, qu'une telle menace devra être imaginée plutôt que créée, à partir de situations inconnues.» (p. 145)
c) réflexion sociologique
Comme il l'avait été souligné, il importe de pouvoir remédier à la capacité de nuisance sociale des délinquants, révoltés, associaux, récidivistes, etc...
Dans cette hypothèse le groupe spécial ne prévoit aucune solution originale autre qu'une certaine "forme d'embrigadement" ce que l'on a pu observer à diverses époques des ateliers nationaux aux chantiers de jeunesse.
Dans la ligne de MacNamara qui venait d'exposer ce problème avant de lancer le groupe d'étude spéciale, nous le rappelons, les rédacteurs du rapport imagine une extension du Peace Corps, ce "Corps de la Paix" susceptible d'encadrer les éléments les plus durs et les moins fiables de la société vers des activités de type humanitaire "en faveur du progrès"!
Par ailleurs, on songe sérieusement à réintroduire l'esclavage sous une forme insidieuse, telle qu'elle a pu être imaginée dans certains romans d'anticipation, dont bien entendu le fameux "meilleur des mondes" d'Aldous Huxley.
« Il est parfaitement possible que la création d'une forme subtile d'esclavage soit une condition préalable absolue à la direction d'une société appartenant à un monde sans guerres. En pratique, la transformation des codes de discipline militaire en une forme d'esclavage, appelée par euphémisme d'un autre nom, ne réclamerait, de façon surprenante, qu'une révision de faible importance...» (p. 150)
Par ailleurs l'ennemi de remplacement doit apparaître suffisamment menaçant pour justifier d' exiger la nécessité "de payer le prix du sang" dans de très larges domaines des affaires humaines. (p. 151)
« Les modèles fictifs doivent présenter une force de conviction extraordinaire à laquelle doit s'ajouter une possibilité notable de sacrifices de vies humaines; la construction d'une structure mythologique ou religieuse "à la page", à cette fin, présenterait à notre époque des difficultés, mais mérite d'être prise en considération.» (p. 151)
Enfin dans le but de canaliser les déviances de certains associaux, les rédacteurs n'hésitent pas à envisager la mise à l'honneur de "jeux sanglants" en vue de garder un contrôle effectif sur les pulsions agressives des individus".(p. 151)
On ne peut oublier de nos jours les multiples scénarii des jeux de rôle, des jeux informatiques, des films qui correspondent à cette idée.
On se rappellera au moins "Les chasses du comte Zarov" qui est aujourd'hui un morceau d'anthologie.
Les auteurs imaginent même faire d'une pierre deux coups:
« ...il serait possible de faire des individus asociaux, dont il faut garder en main le contrôle au moyen d'une institution quelconque, "l'ennemi de remplacment" nécessaire à la cohésion de la société. L'impossibilité accrue, inévitable et irréversible pour certains, d'être employés, et l'extension parallèle d'une aliénation généralisée par rapport aux valeurs normalement admises pourrait obliger à envisager de telles mesures, et pourrait faire qu'elles deviennent nécessaires, même en tant que complément au système fondé sur la guerre.» (p.152/ 153)
Le tout est évidemment de savoir ce que l'on appelle les "valeurs normalement admises" dans un monde qui ne prend en compte que des critères de survie des plus forts indépendamment de toute valeur éthique ou morale!
d) rôle écologique des substituts
Il s'agit de lutter d'abord contre l'effet anti-eugénique de la guerre:
« La guerre n'a jamais été un facteur de progrès génétique. Mais en tant que système de contrôle brut de la population, utilisé en vue de préserver l'existence même de l'espèce, rien ne peut lui être reproché....
Il est évident que l'obligation de limiter la procréation aux produits de l'insémination artificielle fournirait un contrôle des niveaux de population parfaitement adapté à son rôle de substitut de la guerre.Un tel système de reproduction aurait, bien entendu, l'avantage supplémentaire de pouvoir être directement l'objet d'une administration eugénique. Ses développements futurs, tels qu'on peut les prévoir - la conception et la croissance embryonnaire se produisant en totalité en laboratoire - permettraient d'étendre le contrôle jusqu'à ses conclusions logiques.
La fonction écologique de la guerre ne serait pas seulement, dans de telles conditions, remplacée, mais surpassée dans le domaine de l'efficacité.
La première étape - contrôle total de la conception grâce à une variante des "pillules" susceptible d'être répandue partout, par l'eau ou par l'intermédiaire de certains aliments essentiels, compensée par un "antidote" également contrôlé - est en train de se réaliser.
Il ne semble pas qu'il soit nécessaire, dans un avenir prévisible, d'en revenir à aucune des pratiques démodées dont il a été question au chapître précédent (telles que l'infanticide, etc...) comme cela aurait été le cas si la possibilité de passer à un état de paix était survenu il y a deux générations.» (p. 154 / 155) Sic!
Or conclut le groupe, une telle politique eugéniste ne peut être mise en place tant que le système fondé sur la guerre est encore pratiqué.
Car :
« Un excès de population, c'est du matériel de guerre.
Tant qu'une société quelconque devra tenir compte d'unepossibilité de guerre, si éloignée soit-elle, elle doit maintenir le maximum supportable de population, même si, en agissant ainsi, elle aggrave de façon sérieuse sa situation économique.» (p. 156)
e) Culture et sciences
La dynamique créée par la guerre en matière de recherche scientifique et culturelle ira s'amenuisant durant encore deux générations en bénéficiant de l'effet actuel d'entraînement.
Cependant, les recherches nécessaires à la mise en place des programmes d'eugénisme et les technologies à améliorer pour réaliser le programme de bien-être social devraient nécessiter la participation de très nombreux centres de recherche.
Hors de ces branches, aucun substitut aux effets de la guerre sur la recherche scientifique ne semblent avoir été trouvé.
« ...par définition, nous sommes incapables de concevoir les questions scientifiques qui pourraient se poser une fois que celles que nous sommes capables de comprendre aujourd'hui auront trouvé leur réponse. » (p. 162)
V - Conclusions du rapport et implications
Partant du principe que la guerre est « la base même de l'organistion sur laquelle toutes les sociétés modernes sont construites.» (p.165) les auteurs du rapport concluent à la nécessité d'avoir recours aux substituts précédemment envisagés afin « de se préparer très soigneusement à l'éventualité de la paix, non que nous pensions que la fin des guerres soit nécessairement souhaitable, si même elle est possible, mais parce qu'elle pourrait nous prendre par surprise, sous une forme à laquelle nous pourrions ne pas être préparés.» (p.188)
En particulier, pour les cinq fonctions fondamentales de la guerre, le rapport rcommande une série de mesures dont nous voyons chaque jour un peu plus la réalisation prendre forme depuis quarante ans dans les orientations techniques de la recherche scientifique, l'amélioration des techniques et les transformations de notre vie quotidienne.
a) En matière économique
Nécessité de mettre en place un système de consommation de richesses « à des fins totalement non productives » (p.170)
- Programme de bien-être social pour l'amélioration maximale des conditions de vie
Ce sera la mise en place de la société de consommation de biens non plus durables mais jetables et éternellement renouvelables, ainsi que la quête indéfinie des revendications matérialistes dans nos sociétés occidentales "modernes".
- Programme spatial sans fin « dirigé vers des cibles impossibles à atteindre » (p.172)
C'est bien ce qui a été mis en place par la Nasa.
- Système d'inspection de désarmement « ultra subtil, ritualisé »
Le show médiatique hors du commun auquel nous venons d'assister avec l'affaire d'Iraq en est la parfaite illustration....et se passe de commentaires!
b) En matière politique
- Création d'une force de police internationale omniprésente.
C'est ce qui est réalisé à travers le renforcement des structures des Nations Unies, la création du Tribunal Pénal International, au pouvoir discrétionnaire, puisque les ressortissants israéliens et Américains sont exclus de sa juridiction.
En matière de surveillance on soulignera la mise en place du réseau "échelon" et l'ensemble des systèmes d'écoutes satellitaires mis en place depuis vingt ans, par les Etats Unis.
Il est symptômatique de constater que deux pays y jouent un rôle déterminant dans la mise en place des structures au sol nécessaires: le Royaume Uni et l'Australie.
Ce seront, comme par hasard, les seuls pays aux côtés des USA lors de l'invasion de l'Iraq.
- Accréditer l'existence d'une menace extra-terrestre
Depuis la fin de la guerre toute suggestion d'une vie extra-terrestre a été systématiquement rejetée par les "savants". L'invention du spectro-photomètre prouvait pourtant, par analyse de la lumière reçue des étoiles, l'universalité de la structure atomique et du tableau périodique des éléments de Mendeleieff.
Ces faits à eux seuls prouvaient que l'existence de la vie sans être certaine était probable, ailleurs, dans l'espace et dans le temps.
Depuis une vingtaine d'années, la tendance s'est inversée sur le plan scientifique et surtout sur le plan médiatique. On assiste en effet à un foisonnement d'émissions télévisées sur les OVNI, à une multiplication de séries sur les extra-terrestres, etc...
Nous citerons parmi les plus connues actuellement : "Les envahisseurs", "X-files" , "Stargate".
On peut y remarquer que de plus en plus "les créatures de l'au-delà" apparaissent dangereuses et impitoyables pour l'espèce humaine.
Même chose au cinéma où le gentil E.T. comme les sympathiques "aliens" de Spielberg dans "Rencontre du 3° type" sont mués en envahisseurs destructeurs impitoyables dans "Mars Attack" ou "Independance Day".
Tout est fait aujourd'hui pour accréditer dans l'esprit du grand public que l'extraterrestre existe nécessairement et sera forcément destructeur s'il parvenait sur terre.
- Menace sur les sociétés par pollution massive du milieu ambiant
Les exemples sont légion...
On citera au hasard:
. Les positions antiécologiques du Président George W. Bush (voir en annexe)
. L'action pour le moins équivoque de grandes associations comme Green Peace dont les liens avec le lobby pétrolier ne sont plus à démontrer et qui oeuvre contre le nucléaire pour le maintien de l'emploi superfaitatoire d'énergies fossiles polluantes. ( effet de serre, pollution aérienne, etc...)
. L'offensive récente antiécologique de la nouvelle doctrine du "développement durable" qui prône qu'il n'y a pas "d'état de nature naturel" puisque la Nature est en perpétuelle évolution et que son état à un moment donné est fonction des activités humaines que la Nature ne saurait entraver.
. La pollution massive du sol et des nappes phréatiques par des pratiques agricoles sciemment orientées vers l'emploi de plus en plus massif de substances dangereuses et pratiquement non boidégradables (engrais, pesticides, herbicides).
. L'emploi de substances à risque dans l'industrie (mercure, amiante, etc...dont les effets cancérigènes sont connus)
. L'existence d'accidents répétés comme la pollution marine par tankers "poubelles" toujours pas interdits
. La mise au point d'un ensemble "d'instruments biologiques destructeurs" dont nous reparlerons au paragra phe suivant.
- La création d'ennemis fictifs "même tirés par les cheveux" (sic)
A l'heure de l'invasion de l'Iraq sans aucun motif autre que d'avoir été désigné comme "l'ennemi des Etats-Unis", et pourquoi pas du genre humain, tout commentaire est superflu!
On pourra aussi, et c'est lié, évoquer la curieuse affaire des tours du 11 septembre et la désignation de "l'islamisme" comme cause de tous les maux...
c) En matière sociologique
- Encadrement de la population et des entreprises
Si le rapport propose "pour faire plaisir" à monsieur McNamara, qui est à l'origine de l'étude,
une extension des fonctions du "Peace Corps" - Le Corps de la Paix - force est de constater qu'avec les progrès de l'informatique et la généralisation des connections multimedia, les entreprises comme les individus sont pris dans un faisceau d'éléments de surveillance de plus en plus performants.
- Création d'une forme moderne de l'esclavage
Sans parler d'une exploitation non institutionnalisée des immigrés dans certains contextes, on songera aux effets de la délocalisation et aux conditions de travail dans le Tiers Monde.
On songera aussi à la paupérisation croissante de ces régions, liées à la volonté des institutions internationales comme la Banque Mondiale ou le F.M.I. qui obligent par exemple au démantèlement des caisses de stabilisation qui assuraient un revenu décent aux producteurs de produits agricoles de rente comme le café ou le cacao, qui ont pesé de tout leur poids pour la dévaluation de 100% du franc C.F.A., etc...
O se rappellera aussi qu'il existe un bureau des délocalisations à Bruxelles pour la C.E.E.
- Pollution ambiante intensifiée
Voir au paragraphe "politique", les deux sujets politique et sociologie étant effectivement intimement liés.
- Nouvelles religions et mythologies
On peut songer à l'émergence soudaine et politiquemment favorisée de l'Islam en pays traditionnellement chrétiens.
On peut se rappeler le rôle des Etats-unis dans la guerre du Kosovo, qui ne visait qu'à l'instauration d'une république musulmane stable dans une zone balkanisée à la suite de la chute du mur de Berlin.
On pensera aux nouvelles mythologies nées aux Etats-unis comme le mouvement "New Age"
Sur le plan purement religieux on évoquera le foisonnement des sectes aux U.S.A. qui prolifèrent sous le regard souvent bienveillant des membres de la Haute Administration...dont certains des acteurs les plus influents sont eux-mêmes liés à certaines sectes!
On peut aussi évoquer les mouvements charismatiques ou oecuménistes.
Nous mentionnerons enfin la multinationale "Universal", nouvelle "église" née au Brésil où elle compte plus de six millions d'adeptes et qui prend pied aujourd'hui en Europe par le Portugal. Sa doctrine fumeuse s'apparente à un synchrétisme chrétien amalgamé avec les mythes de la musique rock.
Des séries télévisées d'origine américaine sont consacrées aux sorciers, à Satan, aux vampires, etc...
Les sites web sur les mêmes sujets se multiplient sans soulever la moindre réprobation politique...
On peut aussi penser aux mythologies payennes remises à l'honneur depuis quelques années comme le druidisme et les cultes solaires favorisés par certaines sectes comme le Temple Solaire ou certains films comme "le seigneur des anneaux" qui popularisent des mythologies oubliées du grand public.
- Jeux "sanglants" d'utilité sociale
Sans que nous en soyons encore à la réalisation pratique de "Roller Ball", nous devons admettre que l'exaltation de la violence est omniprésente dans le monde médiatique.
C'est une banalité que de dire que la violence est partout à la télévision.
Depuis "Orange mécanique" les films sont légion.
Les jeux vidéo sont tous axés sur la destruction d'ennemis.
Des films comme "Les chasses du comte Zarov" mettent en scène des chasses à l'homme.
Des jeux télévisés de plus en plus nombreux sont conçus autour de l'idée d'élimination de concurrents à travers des épreuves physiques.
Le concept de "jeu de rôle" a fait une percée.
Il s'agit de poursuivre la mise en scène de scénarii souvent sanglants entre des partenaires fictifs...
La vulgarisation probable de la technique des hologrammes dans les prochaines années donnera à cette discipline un nouvel essor et un plus grand "réalisme".
La déification des sportifs atteint son paroxysme et la violence sur les stades de football est courante.
Les mentalités sont donc conduites à admettre une banalisation de la violence et à rechercher des "sensations" de plus en plus "fortes" qui pourraient bien effectivement déboucher sur l'instauration de spectacles effectivement sanglants, auprès desquels certains combats de boxe Taï sembleraient dignes des patronnages.
Certaines enquêtes sérieuses dans le monde pornographique laissent même entendre que des scènes de viols avec meurtres, surtout en Amérique latine, n'ont pas été simulées...
d) Ecologie
Les recommendations sont orientées vers deux directions : la limitation de la population et l'eugénisme, d'une part, la pollution du milieu ambiant utilisée comme menace de pression sur la société pour en maintenir la cohésion, de l'autre.
Nous avons déjà évoqué aux paragraphes "sociologie" et "politique" un ensemble d'effets polluants d'origine physico-chimiques.
Nous n'évoquerons donc ici que les éléments d'origine biologique qui viennent en complément des précédents et / ou oeuvrent dans la même voie.
Tout un ensemble de méthodes et de recherches concourent à cet effet.
Ils combinent à la fois des possibilités étendues de limitation de la population et de pollution du milieu biologique.
Nous citerons ici, dans l'état actuel de nos connaissances, les réalisations mises en place à ce jour :
- Les campagnes de vaccination
Mises en place à l'initiative d'organismes internationnaux comme l'OMS, ces campagnes préconnisées, voire forcées dans certains pays du Tiers Monde par suite d'accords avec la Banque Mondiale ou le FMI, sont faites beaucoup plus dans un but abortif ou contraceptif que dans un but prophyllactique.
Il est d'ailleurs symptômatique de voir que la vaccination contre la variole, maladie nullement éradiquée - ( comme si on pouvait éradiquer un virus de la planète!) - a été arrêtée.
Les campagnes de vaccination actuelle visent essentiellement les femmes.
Le but à travers le vaccin est l'incorporation de substances abortives, contraceptives ou stérilisantes.
Ces compléments aux toxines vaccinales sont de deux ordres: des substances allogènes contraceptives à forte concentration ou des hormones capables de déclencher des réactions antifoetales par auto-immunité.
Le détail de ces techniques ferait à lui seul l'objet d'une conférence et ne saurait être détaillé ici.
D'autres substances, ainsi injectables, sont susceptibles de favoriser des cancers sous l'influence de facteurs déclenchants, c'est notamment ce que l'on observe avec le cancer du cerveau induit potentiellement par l'abus des téléphones portables.
Ceci n'est pas de la science fiction : l'analyse fine par des laboratoires fiables indépendants à montré l'existence de telles substances de façon indubitable dans les doses distribuées par certains laboratoires dans le Tiers Monde.
- L'accès à l'eau potable
L'eau potable, par les traitements qu'elle subit, son universalité et son caractère indispensable, est un vecteur de choix pour véhiculer des produits abortifs et contraceptifs.
Rappelons que la conférence de Durban, où personne ne fut d'accord sur rien, se termina par un document prônant l'accession immédiate à l'eau potable pour un milliard sept cent millions d'hommes. Ce n'est pas un hasard!
Les campagnes des ONG, du Peace Corps, etc...visent toutes à favoriser l'accès à l'eau potable par des puits forés par leurs soins ou par des adductions et des stations d'épuration édifiées à leur initiative.
Dans tous les cas, cet accès à l'eau est assorti du déversement dans les puits et les conduites de substances dont les effets contribuent de manière non sélective à limiter la population.
- L'épidémiologie
Les épidémies sont l'occasion de campagnes de vaccination qui ramènent aux cas précédemment évoqués.Certaines sont naturelles, mais d'autres sont provoquées.
De nombreux travaux actuels montrent que le S.I.D.A., certaines formes de choléra ou de pneumonie ne sont pas d'origine naturelle.
A l'heure où ces lignes sont écrites l'O.M.S. vient de lancer un grand battage médiatique, en plein milieu de l'invasion de l'Iraq à propos d'une forme de pneumopathie particulièrement virulente issue du sud-est asiatique...qui aurait fait quinze morts!
Il est clair que ce battage n'est qu'un prétexte à lancer de nouvelles campagnes de vaccination dont les effets seront de la nature décrite plus haut.
- Les épizooties
Nous ne citerons pour mémoire que le scandale de la fièvre aphteuse dont les causes aujourd'hui connues paraissent bien liées au produit de traitement de la parasitose du vairon - ce que curieusement nient les organismes vétérinaires, les organisations professionnelles agricoles et les laboratoires pharmacologiques concernés.
Un bon nombre de "maladies" animales sont causées par des produits de traitement qui sont maintenus à l'utilisation.
Ces produits contribuent à entretenir une menace écologique certaine sur le cheptel et par voix de conséquence sur la production alimentaire.
- Les O.G.M.
Les organismes génétiquement modifiés, soit disant à des fins thérapeutiques, ont surtout été créés pour assurer la maîtrise des productions au profit des semenciers (grâce aux gênes "Killer" ou "Terminator") et des industriels de l'agrochimie (fabricants d'engrais et de pesticides)...car contrairement aux dires de certains, ces plantes sont beaucoup plus exigeantes et fragiles que les variétés "classiques".
Ces O.G.M. qui sont en passe d'envahir le monde entier, sous couvert de l'aide humanitaire, vont conduire le Tiers Monde à se trouver à la merci d'un chantage à la famine de la part des fournisseurs de semences qui se trouvent être toutes des multinationales à capitaux américains.
(Nous soulignons que l'essentiel des travaux brevetés a porté jusqu'ici sur les céréales d'alimentation de fond du Tiers Monde : maïs, sorgho et riz.)
Par ailleurs, rappelons que nous ne disposons d'aucun recul pour juger durablement des effets sur l'organisme des protéines modifiées ou de leurs effets secondaires sur les organismes tant humains qu'animaux.
Enfin la multiplication des essais de plein champs va conduire à une généralisation de la dissémination de ces organismes par les effets de la pollinisation.
Il est clair que la fameuse limitation à 1% de semences contaminées suffira à assurer la conversion totale des espèces concernées d'ici dix ans en espèces artificielles, donc aux mains des multinationales.
- "La guerre Climatique"
Nous nous devons, pour être complet, de mentionner ici le projet "Harp" qui permet à partir de modifications du champ électromagnétique par des champs d'antennes, dont les plus importantes sont installées en Alaska, d'induire des modifications spectaculaires et durables du régime pluviométriques à des milliers de kilomètres.
Sans que les alternances de sècheresses et d'inondations soient encore bien ciblées, un certain nombre de perturbations climatiques, comme les spectaculaires inondations allemandes de l'été 2002, ne sont pas d'origine naturelle, ce que le chancelier Schroeder avait alors publiquement souligné.
Pour ne citer que cela!
Au total, il existe aujourd'hui tout un arsenal conduisant à faire peser sur les populations et sur le milieu la menace durable et intense, à la discrétion des Etats-unis, souhaitée par le rapport!
e) Sciences et culture
Aucune recommandation n'est faite dans ces domaines, nous l'avons souligné.
Il est cependant clair que l'ensemble des travaux à mener pour parachever ce qui a été évoqué précédemment dans les domaines de la physique, de la chimie, de l'informatique et de la biologie constituent à eux seuls des moteurs puissants pour l'incitation à la recherche!
Conclusion
Loin de la fiction du "Meilleur des Mondes" dont on pourrait croire qu'il a servi de modèle aux membres du groupe d'étude spéciale, nous constatons que le rapport dit de "la Montagne de Fer" a servi de trame à la politique américaine mise en place depuis l'administration Johnson.
La guerre d'invasion de l'Iraq n'en est qu'une manifestation plus spectaculaire que d'autres.
Elle aurait pour effet d'achever la mainmise des Etats Unis sur les réserves énergétiques du monde, face à l'Europe et à la Chine qui en sont cruellement dépourvues pour le plus grand bénéfice de certaines multinationales.
Mais comme le souligne le rapport:
« Il est bien établi que certains groupes privés et certaines classes capitalistes ont intérêt à maintenir le système fondé sur la guerre. » (p. 180 / 181)
De ce point de vue, cette intervention est risquée d'autant que les motivations officielles de cette guerre sont suffisamment légères pour avoir soulevé la réprobation du monde entier.
Pourtant le rapport affirme:
« ...toute situation de paix authentique et totale, si perfectionnée soit-elle, sera un facteur de déséquilibre jusqu'à preuve du contraire. » (p. 183)
Mais les auteurs restent conscients des risques qu'une telle politique belliciste pose:
« Il est possible que l'une des plus grandes puissances se trouve un jour, par l'effet d'un gouvernement maladroit, dans une position où la classe administrative dirigeante aurait perdu le contrôle de l'opinion publique ou ne se trouverait plus en mesure de justifier une guerre nécessaire. Il n'est pas impossible d'imaginer, dans de telles circonstances, que surgisse une situation où un tel gouvernement serait obligé d'entreprendre de sérieuses négociations en vue d'un désarmement à grande échelle...et que de telles négociations conduiraient en fait à la destruction des installations militaires. Comme notre rapport l'a montré, une telle situation pourrait se révéler catastrophique. » (p. 184 / 185)
On ne saurait mieux dire!
Claude Timmerman
Le choc des civilisations.
Mythe et réalités
(…)
A la source des civilisations, il y a toujours une religion
Il y a un point de vue extrêmement simple, un critère qui permet de hiérarchiser les civilisations. J’aurais tendance à exprimer la chose de la manière suivante : “Dis-moi quel est ton dieu et je te dirai qui tu es.” Tant vaut le dieu qui fonde et inspire, de sa naissance à sa mort, une civilisation, tant vaut cette civilisation. À la source des civilisations, comme au principe de leur conservation au cours de leur histoire, il y a toujours eu la religion. C’est d’elle que découlent tous les aspects de la culture, c’est elle qui modèle la civilisation entendue comme manière d’être de l’homme. (…) La culture athénienne, le monde romain, le monde médiéval sont les produits spécifiques respectivement du paganisme et du catholicisme, ils incarnent la conception que les peuples se sont faits de Dieu et de l’absolu. Telle est la manière dont les hommes se représentent Dieu, telle est la manière dont ils s’organisent et façonnent le monde. Leur monde reflète l’idée qu’ils se sont faits du divin.
Autre façon de dire la même chose : la laïcité, cela n’existe pas, cela n’a jamais existé, cela n’existera nulle part. Une civilisation, quelle qu’elle soit, ne peut être qu’une extériorisation au plan temporel d’un dieu qui en est toujours l’âme et le principe. De là découle que les civilisations seront aussi spécifiques que les dieux qui les ont inspirées le sont eux-mêmes, et qu’elles vaudront ni plus ni moins que ce que valent ces dieux. Leur valeur grandit ou diminue à proportion de la distance plus ou moins grande qui les rapproche ou les éloigne du Dieu vrai dont les autres ne sont jamais qu’une caricature. (…)
Le Dieu chrétien, par les caractères qu’Il présente et que n’importe qui peut observer, a un impact positif sur la civilisation. Ils lui sont propres, porteurs d’une organisation temporelle du monde dont les autres civilisations sont incapables parce que le dieu qui les anime est démuni de ces attributs ou qualités. Quels sont donc ces caractères ? Je crois qu’on peut les déduire de la nature concrète de la civilisation occidentale.
Un Dieu qui nous demande de nous dépasser
D’abord, sur le plan civilisationnel qui nous intéresse ici, le Dieu chrétien est un Dieu transcendant, d’une transcendance qui n’est pas séparative car ce Dieu s’incarne, il descend vers nous, il nous invite à monter vers Lui : loin de nous abaisser, il nous pousse à nous élever jusqu’à Lui pour nous efforcer d’être digne de l’image de Lui qu’il a inviscérée en notre personne. La transcendance du Dieu chrétien n’a rien à voir avec la transcendance musulmane : c’est une transcendance qui élève au lieu d’abaisser. Sur le plan civilisationnel, cela a une conséquence tout à fait prodigieuse : le Dieu chrétien est un Dieu qui invite l’homme à se dépasser sans cesse. Ce n’est ni Brahmâ, ni le Tao, ni Allah qui diraient : ”Imitez-moi”, c’est Jésus-Christ qui le dit et Lui seul. Le Dieu chrétien nous invite à nous dépasser nous-mêmes, autrement dit, il invite la société qu’il ”investit” à ne pas s’endormir, ne pas s’amollir, ne pas se contenter de soi, à s’exercer sans cesse à une tension intérieure pour faire toujours mieux dans tous les domaines. Le monde occidental originel est un monde de l’effort permanent, à l’opposé des trois autres univers évoqués précédemment.
En effet, dans le monde musulman et sans doute en raison de la transcendance boiteuse qui le caractérise, l’homme n’est pas appelé à un dépassement de soi, rien ne tenaille son univers, ni exigence ni effort. Allah est transcendant, mais sa transcendance est celle d’un dominateur, d’un maître, détaché de l’humanité qu’il dirige, extérieur à elle, il lui donne, mais jamais ne se donne. Cette transcendance n’élève pas, elle écrase. De plus, en ignorant que “de minimis non curat prætor”, et que ce prætor, c’est le Dieu chrétien, elle se perd dans le détail, la minutie, l’accessoire, au détriment de la magnanimité. Elle prive ainsi l’homme de toute initiative, elle achève de l’asservir. La transcendance islamique écrase l’homme et le conduit directement vers l’immobilisme, au point que l’on peut dire que l’islam n’a d’histoire que depuis que nous lui en avons donné une. (…) L’Occident, lui, est actif, il lui est interdit de rester en friche.
Un Dieu qui prédispose à la conscience de soi
Le second caractère du Dieu chrétien, c’est la personnalité : Dieu est conscient de soi, dans le christianisme. Dieu est Logos. C’est un caractère qu’il nous délègue, dans une faible mesure, certes, mais qu’il nous délègue : l’homme qui est la réplique d’un tel Dieu est fondamentalement, dans le christianisme, conscience de soi, c’est-à-dire personne. Ce n’est pas par hasard que le “gnoti seauton” est né dans ce monde grec, que la Providence avait voulu pour précéder son “installation historique”. Et ce n’est pas par hasard que Descartes, qui trahit la conscience chrétienne, est né en terre chrétienne quelque temps après. Ni Socrate ni Descartes ne sont concevables ailleurs qu’en Occident. Et lorsque Valéry, pourtant athée, disait qu’”en Occident seulement, Dieu atteint le profond de la conscience”, il avait raison. L’”intimior meo” identifié à Dieu par saint Augustin n’existe nulle part ailleurs qu’en Occident. Cette dimension “conscientielle” de l’homme qui est due à “l’auto-pensée” de Dieu est inconnue des autres dieux : regardez le couple Brahman-Atman ou le Tao chinois absolument exclusif d’une dimension personnelle de Dieu, tout comme Allah d’ailleurs qui ne la connaît pas non plus, immédiat et totalement “irréflexif”. L’Occident, par participation à l’essence d’un tel Dieu, sera une civilisation de la conscience, de la conscience critique de soi-même, capable de se déformer en hypercritique mais positive en tant que telle.
Un Dieu qui nous invite à pénétrer dans l’intelligence du monde
Troisième caractère du Dieu chrétien. Il affirme : “Je suis la Vérité et la Vie”, invitant par là ses disciples à s’y attacher puisqu’il l’incarne. Les disciples d’un tel Dieu ne seront pas la vérité, ils pourront tout au plus la chercher ou essayer de la posséder. Où donc ? Dans les livres. Il n’y en a jamais eu que deux : l’écriture, le Livre de Dieu, et aussi le livre du monde qui a également Dieu pour auteur. En d’autres termes, il y a un ordre du monde à l’observation duquel le Dieu chrétien convie notre raison. Et dont, chose extraordinaire, la foi peut devenir, par accident, l’instrument de la raison : “Credo ut intelligam”. Je crois, non seulement pour être sauvé, mais aussi parce que de surcroît ma foi me permet de comprendre des choses que ma pauvre raison n’aurait pu atteindre seule. Le Dieu chrétien invite l’homme, par la connaissance, à déchiffrer un ordre du monde dont sa pensée est l’auteur. Il nous invite à pénétrer dans l’intelligence du monde, mieux encore que ne le faisaient déjà les Grecs. La civilisation occidentale, comme l’athée Husserl le reconnaissait lui-même “c’est le désir de connaître infiniment”. Aristote aurait dit : “d’actualiser la faculté naturelle supérieure de l’animal logique”, par opposition encore et toujours avec l’islam, l’Inde et l’Orient.
En effet, Allah n’exige que soumission, une foi servile que les scholastiques qualifiaient parfois d’”obsequium fidei”. Elle est l’acceptation totale de ce qu’Allah nous enjoint de penser et de faire pour accéder au paradis qui est un paradis charnel. Il ne demande pas à l’homme de le connaître, ni de connaître le monde. Il demande simplement à l’homme d’avoir en lui une espèce de foi du charbonnier modèle arabe qui suffira à son bonheur. L’islam a toujours ignoré la “theoria”, la Vérité en soi, il ne recherche rien d’autre que l’accomplissement de gestes qui commandent l’accès au paradis charnel, d’où l’infécondité scientifique et technique du monde arabe qui est d’origine religieuse. Auguste Comte et ses semblables se trompaient en disant que les Arabes devaient aux Grecs les sciences expérimentales et que nous leur devions la Renaissance. Cela est impossible, parce que ce serait métaphysiquement ou plutôt théologiquement contradictoire. (…)
Une volonté d’ordonner le monde
Enfin, dernier caractère parmi les plus manifestes du Dieu chrétien, Il est un Dieu créateur. Créateur d’ordre, Il ordonne le chaos par lequel le monde a commencé. Il produit de l’ordre, ce que les scholastiques plus tard appelleront “l’ordo universum”, l’ordre du monde que l’homme doit imiter et dont il doit s’inspirer dans l’ordre pratique, dans l’ordre politique tout particulièrement, qui est l’ordre pratique par excellence. Dans l’ordre politique, quand un opérateur sage et diligent, un fondateur d’état par exemple, travaille, il fait quelque chose d’analogue à ce qu’a fait Dieu en ordonnançant initialement l’univers. (…)
C’est ce que les Grecs et les Romains ont essayé à leur manière. À travers la Cité, la République, l’Empire, ils cherchaient à bâtir une société en quête d’harmonie, d’ordre et de raison. Cette volonté d’ordonner le monde pratique est propre à l’Occident préchrétien et chrétien. Dans son discours sur la “civilisation amoureuse de l’ordre”, Maurras écrit : “Le grand effort de la civilisation ne consiste qu’à sortir de la confusion. Distinguer, analyser, classer pour organiser”. La philosophie chrétienne est la source de cette pensée.
Le concept d’État est ignoré par l’Islam et par l’Orient qui préconisent la force sous toutes ses formes tout simplement parce qu’elle symbolise la transcendance aveugle du dieu correspondant. Le despotisme oriental, dont Montesquieu nous dit justement qu’il est d’origine islamique, ignore l’ordre et assujettit les hommes à l’usage de la force arbitraire, acceptée comme telle parce qu’”à transcendance nue, force nue”. Les formes du pouvoir politique y sont essentiellement élastiques. On ne songe pas à créer un ordre, des normes, des règles auxquelles soumettre les individus, car ces impératifs seraient étrangers à un monde en perpétuelle mutation qui exige que l’homme s’adapte pour trouver le bonheur.
En Occident, Dieu souffle aux hommes l’idée que l’ordre est un impératif pratique, et leur fait ainsi concevoir l’État. Là où le Dieu ne pense pas l’ordre, là où sa pensée ne débouche pas sur une création ordonnée, il n’y a pas d’état qui tienne. Il y a des substituts d’État : des chefferies tribales, des empires despotiques, des règnes familiaux, consensuels, mous, constamment évolutifs, sans ressort et sans âme : l’État n’existe pas.
La conclusion de ces observations est que si une civilisation creuse l’écart avec les autres, c’est celle de l’Occident originel parce qu’elle encourage l’effort, la réflexion, et engendre la science et la politique. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a que le premier Occident qui ait été capable de produire cela. L’Occident, entendons par là le bloc gréco-romano-médiéval, est, de ce point de vue, la civilisation référentielle, celle qui sans incarner la civilisation majusculaire qui n’existe pas, s’en écarte moins que les autres, c’est-à-dire exprime mieux l’homme universel que les autres à travers son particularisme et sa finitude forcée.
La tension vers l ‘universel
L’Occident classique est la seule civilisation qui ait prétendu explicitement à l’universel, la seule à avoir considéré que ses croyances, mœurs, coutumes, relevaient assez de l’essence humaine pour convenir à tous. Alexandre déjà, César, la monarchie de la “dilatatio fidei”, la monarchie médiévale, que font-ils ? Ils poursuivent un tel idéal, parfois à leur insu, impliquant chez eux la conscience du fait que le monde occidental a quelque chose de normatif et qu’il doit y faire participer les autres civilisations. Alors que, fait historique patent, la Chine accepte de ne valoir que pour elle-même et reste enfermée calmement dans un empire dont elle ne déborde jamais. Le bouddhisme se répand certes, en Orient, mais toujours par accident sans l’avoir voulu ni cherché. L’Islam quant à lui, loin de vouloir se répandre, ne cherche qu’à détruire ce qui n’est pas lui. Il y a un universalisme positif et un universalisme négatif. Le second consiste à détruire l’opposant, le premier à le convertir. L’islam ne cherche pas à convertir, à se dilater, à s’étendre, il cherche tout simplement à supprimer, physiquement au besoin, ce qui n’est pas lui. L’Occident se dilate, tend à s’épandre parce qu’il sent qu’il a le devoir de le faire au nom de l’Universel dont il est porteur là où les autres mondes ne bougent pas, restés figés en eux-mêmes, ou ne se répandent que par accident.
Le deuxième caractère référentiel du monde occidental est d’être consciemment mortel. En raison de l’effort vers l’ordre qui l’anime, il doit devenir et rester ce qu’il est ou se défaire. Les mondes orientaux, eux, connaissent des transformations qui les altèrent sans les détruire. On le voit dans le bouddhisme aux mille visages, aux avatars incessants, qui reste toujours le bouddhisme parce qu’intrinsèquement, il n’est probablement pas grand-chose. L’islam lui-même tolère les édulcorations. L’Asie du Sud-Est en est un exemple. L’islam perdure imperturbablement, sans trop savoir en quoi il consiste d’ailleurs dans la majorité des territoires qu’il contrôle. L’Occident ne supporte pas ce genre d’abâtardissement, il a le choix entre être vraiment lui-même ou s’autodétruire radicalement. Il a commencé de le faire à l’âge des Lumières et il continue aujourd’hui en rejetant les valeurs sur lesquelles il s’était construit, en acceptant une immigration massive qui est une insulte à ces mêmes valeurs, en s’entichant puérilement de “l’autre” jusqu’à devenir par cette valorisation masochiste étranger à lui-même. Il s’agit d’un suicide. Les Romains le disaient déjà des Grecs : “Corruptio meliorum pessima”, la corruption des meilleurs est la pire. La décadence de l’Occident répond à sa grandeur et la confirme en la détruisant.
Caude Rousseau
(…)
A la source des civilisations, il y a toujours une religion
Il y a un point de vue extrêmement simple, un critère qui permet de hiérarchiser les civilisations. J’aurais tendance à exprimer la chose de la manière suivante : “Dis-moi quel est ton dieu et je te dirai qui tu es.” Tant vaut le dieu qui fonde et inspire, de sa naissance à sa mort, une civilisation, tant vaut cette civilisation. À la source des civilisations, comme au principe de leur conservation au cours de leur histoire, il y a toujours eu la religion. C’est d’elle que découlent tous les aspects de la culture, c’est elle qui modèle la civilisation entendue comme manière d’être de l’homme. (…) La culture athénienne, le monde romain, le monde médiéval sont les produits spécifiques respectivement du paganisme et du catholicisme, ils incarnent la conception que les peuples se sont faits de Dieu et de l’absolu. Telle est la manière dont les hommes se représentent Dieu, telle est la manière dont ils s’organisent et façonnent le monde. Leur monde reflète l’idée qu’ils se sont faits du divin.
Autre façon de dire la même chose : la laïcité, cela n’existe pas, cela n’a jamais existé, cela n’existera nulle part. Une civilisation, quelle qu’elle soit, ne peut être qu’une extériorisation au plan temporel d’un dieu qui en est toujours l’âme et le principe. De là découle que les civilisations seront aussi spécifiques que les dieux qui les ont inspirées le sont eux-mêmes, et qu’elles vaudront ni plus ni moins que ce que valent ces dieux. Leur valeur grandit ou diminue à proportion de la distance plus ou moins grande qui les rapproche ou les éloigne du Dieu vrai dont les autres ne sont jamais qu’une caricature. (…)
Le Dieu chrétien, par les caractères qu’Il présente et que n’importe qui peut observer, a un impact positif sur la civilisation. Ils lui sont propres, porteurs d’une organisation temporelle du monde dont les autres civilisations sont incapables parce que le dieu qui les anime est démuni de ces attributs ou qualités. Quels sont donc ces caractères ? Je crois qu’on peut les déduire de la nature concrète de la civilisation occidentale.
Un Dieu qui nous demande de nous dépasser
D’abord, sur le plan civilisationnel qui nous intéresse ici, le Dieu chrétien est un Dieu transcendant, d’une transcendance qui n’est pas séparative car ce Dieu s’incarne, il descend vers nous, il nous invite à monter vers Lui : loin de nous abaisser, il nous pousse à nous élever jusqu’à Lui pour nous efforcer d’être digne de l’image de Lui qu’il a inviscérée en notre personne. La transcendance du Dieu chrétien n’a rien à voir avec la transcendance musulmane : c’est une transcendance qui élève au lieu d’abaisser. Sur le plan civilisationnel, cela a une conséquence tout à fait prodigieuse : le Dieu chrétien est un Dieu qui invite l’homme à se dépasser sans cesse. Ce n’est ni Brahmâ, ni le Tao, ni Allah qui diraient : ”Imitez-moi”, c’est Jésus-Christ qui le dit et Lui seul. Le Dieu chrétien nous invite à nous dépasser nous-mêmes, autrement dit, il invite la société qu’il ”investit” à ne pas s’endormir, ne pas s’amollir, ne pas se contenter de soi, à s’exercer sans cesse à une tension intérieure pour faire toujours mieux dans tous les domaines. Le monde occidental originel est un monde de l’effort permanent, à l’opposé des trois autres univers évoqués précédemment.
En effet, dans le monde musulman et sans doute en raison de la transcendance boiteuse qui le caractérise, l’homme n’est pas appelé à un dépassement de soi, rien ne tenaille son univers, ni exigence ni effort. Allah est transcendant, mais sa transcendance est celle d’un dominateur, d’un maître, détaché de l’humanité qu’il dirige, extérieur à elle, il lui donne, mais jamais ne se donne. Cette transcendance n’élève pas, elle écrase. De plus, en ignorant que “de minimis non curat prætor”, et que ce prætor, c’est le Dieu chrétien, elle se perd dans le détail, la minutie, l’accessoire, au détriment de la magnanimité. Elle prive ainsi l’homme de toute initiative, elle achève de l’asservir. La transcendance islamique écrase l’homme et le conduit directement vers l’immobilisme, au point que l’on peut dire que l’islam n’a d’histoire que depuis que nous lui en avons donné une. (…) L’Occident, lui, est actif, il lui est interdit de rester en friche.
Un Dieu qui prédispose à la conscience de soi
Le second caractère du Dieu chrétien, c’est la personnalité : Dieu est conscient de soi, dans le christianisme. Dieu est Logos. C’est un caractère qu’il nous délègue, dans une faible mesure, certes, mais qu’il nous délègue : l’homme qui est la réplique d’un tel Dieu est fondamentalement, dans le christianisme, conscience de soi, c’est-à-dire personne. Ce n’est pas par hasard que le “gnoti seauton” est né dans ce monde grec, que la Providence avait voulu pour précéder son “installation historique”. Et ce n’est pas par hasard que Descartes, qui trahit la conscience chrétienne, est né en terre chrétienne quelque temps après. Ni Socrate ni Descartes ne sont concevables ailleurs qu’en Occident. Et lorsque Valéry, pourtant athée, disait qu’”en Occident seulement, Dieu atteint le profond de la conscience”, il avait raison. L’”intimior meo” identifié à Dieu par saint Augustin n’existe nulle part ailleurs qu’en Occident. Cette dimension “conscientielle” de l’homme qui est due à “l’auto-pensée” de Dieu est inconnue des autres dieux : regardez le couple Brahman-Atman ou le Tao chinois absolument exclusif d’une dimension personnelle de Dieu, tout comme Allah d’ailleurs qui ne la connaît pas non plus, immédiat et totalement “irréflexif”. L’Occident, par participation à l’essence d’un tel Dieu, sera une civilisation de la conscience, de la conscience critique de soi-même, capable de se déformer en hypercritique mais positive en tant que telle.
Un Dieu qui nous invite à pénétrer dans l’intelligence du monde
Troisième caractère du Dieu chrétien. Il affirme : “Je suis la Vérité et la Vie”, invitant par là ses disciples à s’y attacher puisqu’il l’incarne. Les disciples d’un tel Dieu ne seront pas la vérité, ils pourront tout au plus la chercher ou essayer de la posséder. Où donc ? Dans les livres. Il n’y en a jamais eu que deux : l’écriture, le Livre de Dieu, et aussi le livre du monde qui a également Dieu pour auteur. En d’autres termes, il y a un ordre du monde à l’observation duquel le Dieu chrétien convie notre raison. Et dont, chose extraordinaire, la foi peut devenir, par accident, l’instrument de la raison : “Credo ut intelligam”. Je crois, non seulement pour être sauvé, mais aussi parce que de surcroît ma foi me permet de comprendre des choses que ma pauvre raison n’aurait pu atteindre seule. Le Dieu chrétien invite l’homme, par la connaissance, à déchiffrer un ordre du monde dont sa pensée est l’auteur. Il nous invite à pénétrer dans l’intelligence du monde, mieux encore que ne le faisaient déjà les Grecs. La civilisation occidentale, comme l’athée Husserl le reconnaissait lui-même “c’est le désir de connaître infiniment”. Aristote aurait dit : “d’actualiser la faculté naturelle supérieure de l’animal logique”, par opposition encore et toujours avec l’islam, l’Inde et l’Orient.
En effet, Allah n’exige que soumission, une foi servile que les scholastiques qualifiaient parfois d’”obsequium fidei”. Elle est l’acceptation totale de ce qu’Allah nous enjoint de penser et de faire pour accéder au paradis qui est un paradis charnel. Il ne demande pas à l’homme de le connaître, ni de connaître le monde. Il demande simplement à l’homme d’avoir en lui une espèce de foi du charbonnier modèle arabe qui suffira à son bonheur. L’islam a toujours ignoré la “theoria”, la Vérité en soi, il ne recherche rien d’autre que l’accomplissement de gestes qui commandent l’accès au paradis charnel, d’où l’infécondité scientifique et technique du monde arabe qui est d’origine religieuse. Auguste Comte et ses semblables se trompaient en disant que les Arabes devaient aux Grecs les sciences expérimentales et que nous leur devions la Renaissance. Cela est impossible, parce que ce serait métaphysiquement ou plutôt théologiquement contradictoire. (…)
Une volonté d’ordonner le monde
Enfin, dernier caractère parmi les plus manifestes du Dieu chrétien, Il est un Dieu créateur. Créateur d’ordre, Il ordonne le chaos par lequel le monde a commencé. Il produit de l’ordre, ce que les scholastiques plus tard appelleront “l’ordo universum”, l’ordre du monde que l’homme doit imiter et dont il doit s’inspirer dans l’ordre pratique, dans l’ordre politique tout particulièrement, qui est l’ordre pratique par excellence. Dans l’ordre politique, quand un opérateur sage et diligent, un fondateur d’état par exemple, travaille, il fait quelque chose d’analogue à ce qu’a fait Dieu en ordonnançant initialement l’univers. (…)
C’est ce que les Grecs et les Romains ont essayé à leur manière. À travers la Cité, la République, l’Empire, ils cherchaient à bâtir une société en quête d’harmonie, d’ordre et de raison. Cette volonté d’ordonner le monde pratique est propre à l’Occident préchrétien et chrétien. Dans son discours sur la “civilisation amoureuse de l’ordre”, Maurras écrit : “Le grand effort de la civilisation ne consiste qu’à sortir de la confusion. Distinguer, analyser, classer pour organiser”. La philosophie chrétienne est la source de cette pensée.
Le concept d’État est ignoré par l’Islam et par l’Orient qui préconisent la force sous toutes ses formes tout simplement parce qu’elle symbolise la transcendance aveugle du dieu correspondant. Le despotisme oriental, dont Montesquieu nous dit justement qu’il est d’origine islamique, ignore l’ordre et assujettit les hommes à l’usage de la force arbitraire, acceptée comme telle parce qu’”à transcendance nue, force nue”. Les formes du pouvoir politique y sont essentiellement élastiques. On ne songe pas à créer un ordre, des normes, des règles auxquelles soumettre les individus, car ces impératifs seraient étrangers à un monde en perpétuelle mutation qui exige que l’homme s’adapte pour trouver le bonheur.
En Occident, Dieu souffle aux hommes l’idée que l’ordre est un impératif pratique, et leur fait ainsi concevoir l’État. Là où le Dieu ne pense pas l’ordre, là où sa pensée ne débouche pas sur une création ordonnée, il n’y a pas d’état qui tienne. Il y a des substituts d’État : des chefferies tribales, des empires despotiques, des règnes familiaux, consensuels, mous, constamment évolutifs, sans ressort et sans âme : l’État n’existe pas.
La conclusion de ces observations est que si une civilisation creuse l’écart avec les autres, c’est celle de l’Occident originel parce qu’elle encourage l’effort, la réflexion, et engendre la science et la politique. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a que le premier Occident qui ait été capable de produire cela. L’Occident, entendons par là le bloc gréco-romano-médiéval, est, de ce point de vue, la civilisation référentielle, celle qui sans incarner la civilisation majusculaire qui n’existe pas, s’en écarte moins que les autres, c’est-à-dire exprime mieux l’homme universel que les autres à travers son particularisme et sa finitude forcée.
La tension vers l ‘universel
L’Occident classique est la seule civilisation qui ait prétendu explicitement à l’universel, la seule à avoir considéré que ses croyances, mœurs, coutumes, relevaient assez de l’essence humaine pour convenir à tous. Alexandre déjà, César, la monarchie de la “dilatatio fidei”, la monarchie médiévale, que font-ils ? Ils poursuivent un tel idéal, parfois à leur insu, impliquant chez eux la conscience du fait que le monde occidental a quelque chose de normatif et qu’il doit y faire participer les autres civilisations. Alors que, fait historique patent, la Chine accepte de ne valoir que pour elle-même et reste enfermée calmement dans un empire dont elle ne déborde jamais. Le bouddhisme se répand certes, en Orient, mais toujours par accident sans l’avoir voulu ni cherché. L’Islam quant à lui, loin de vouloir se répandre, ne cherche qu’à détruire ce qui n’est pas lui. Il y a un universalisme positif et un universalisme négatif. Le second consiste à détruire l’opposant, le premier à le convertir. L’islam ne cherche pas à convertir, à se dilater, à s’étendre, il cherche tout simplement à supprimer, physiquement au besoin, ce qui n’est pas lui. L’Occident se dilate, tend à s’épandre parce qu’il sent qu’il a le devoir de le faire au nom de l’Universel dont il est porteur là où les autres mondes ne bougent pas, restés figés en eux-mêmes, ou ne se répandent que par accident.
Le deuxième caractère référentiel du monde occidental est d’être consciemment mortel. En raison de l’effort vers l’ordre qui l’anime, il doit devenir et rester ce qu’il est ou se défaire. Les mondes orientaux, eux, connaissent des transformations qui les altèrent sans les détruire. On le voit dans le bouddhisme aux mille visages, aux avatars incessants, qui reste toujours le bouddhisme parce qu’intrinsèquement, il n’est probablement pas grand-chose. L’islam lui-même tolère les édulcorations. L’Asie du Sud-Est en est un exemple. L’islam perdure imperturbablement, sans trop savoir en quoi il consiste d’ailleurs dans la majorité des territoires qu’il contrôle. L’Occident ne supporte pas ce genre d’abâtardissement, il a le choix entre être vraiment lui-même ou s’autodétruire radicalement. Il a commencé de le faire à l’âge des Lumières et il continue aujourd’hui en rejetant les valeurs sur lesquelles il s’était construit, en acceptant une immigration massive qui est une insulte à ces mêmes valeurs, en s’entichant puérilement de “l’autre” jusqu’à devenir par cette valorisation masochiste étranger à lui-même. Il s’agit d’un suicide. Les Romains le disaient déjà des Grecs : “Corruptio meliorum pessima”, la corruption des meilleurs est la pire. La décadence de l’Occident répond à sa grandeur et la confirme en la détruisant.
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