vendredi 2 avril 2010

La symbolique luciférienne Rose+Croix.

Nos travaux, précédés eux-mêmes des travaux publiés par CSI-Diffusion en 2005 et parallèlement par ceux du CIRS (Comité international Rore Sanctifica[1]), nous ont conduit, dans nos précédents messages depuis novembre 2006, à mettre à jour les influences anglicanes, elles-mêmes très liées aux loges illuministes Rose+Croix, dans la destruction de l’Eglise catholique, en particulier dans la destruction du Sacerdoce catholique sacramentellement valide en vue de l’extinction du Sacerdoce de la Nouvelle Alliance.

1- L’IMPORTANCE DES LOGES ILLUMINISTES ROSE+CROIX DANS LA PRISE DE CONTROLE DE LA FSSPX – ASPECTS HISTORIQUES DE LA FRATERNITE DE LA ROSE+CROIX PAR JEAN VAQUIE
Les Rose+Croix appartiennent aux Hautes loges maçonniques. Cette partie (illuministe) dite « de droite » de la Franc-maçonnerie dirige la branche (rationaliste) dite « de gauche » : les Hautes Loges (à connotation religieuse et très traditionnelle) exercent une domination (par influence de cercles) sur les Basses Loges progressistes, laïcardes et très engagées dans la promotion de l’idéologie des droits de l’homme ou des fondements philosophiques de la doctrine de la liberté religieuse. Le fonctionnement de ces cercles maçonniques présente une certaine complexité, mais quelques grands principes se dégagent, dont celui de ce rapport de domination des Hautes Loges traditionnelles sur les Basses Loges rationalistes. Les loges rationalistes accomplissent le Solve, alors que les loges traditionnelles illuministes réalisent le Coagula qui le suit chronologiquement.
Jean Vaquié a produit un texte sur les Manifestes rosicruciens, dont voici quelques passages synthétiques.
« Historiquement la "rose-croix" a été choisie comme pavillon par une société de pensée dont nous allons voir les premières manifestations et dont le dynamisme est tout entier dirigé vers la réformation universelle, c'est à dire dans le sens du renversement des institutions historiques chrétiennes et dans le sens de leur remplacement par autre chose. Autre chose qu'il s'agit précisément d'élaborer. Le pavillon rosicrucien est chrétien dans ses apparences, mais la marchandise qu'il couvre ne l'est pas.
Trois coups de clairons teutoniques ont brusquement annoncé, dans les premières années du XVIIè siècle, l'existence, que l'on soupçonnait vaguement d'ailleurs, de la Fraternité de la Rose-Croix. Ces trois coups de clairons, ce sont les trois Manifestes rosicruciens que nous allons étudier maintenant.
Et s'ils prennent place dans notre enquête sur les doctrines révolutionnaires, c'est précisément parce qu'ils ont inauguré, sur un certain plan tout au moins, la phase de la réformation politique.
La "Réformation" luthérienne avait été surtout religieuse. La "Réformation Universelle" qu'entreprennent bruyamment les frères de la Rose-Croix s'étend à la philosophie, à la science et à la politique des États. Examinons tout cela.
Quels sont donc ces trois manifestes dont le ton fut si tonitruant ? Le premier s'intitule la Fama Fraternitatis et date de 1614. Le second est la Confessio Fraternitatis et il a été publié l'année suivante, 1615. Le troisième a pour titre Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz, édité en 1616. »
(…)
« Pris dans leur ensemble, les Manifestes rosicruciens sont un appel à la Réformation Universelle sur les ruines de l'ordre chrétien. A un certain moment, nous avons même vu apparaître, en feu-follet, comme la lueur du "Grand Soir".
Ces trois coups de clairon ont suivis un silence hermétique ("silentium post clamorem" disait-on alors en Würtemberg). Mais il est bien évident qu'ils avaient été précédé par une longue préparation, une longue incubation. La Fraternité de la Rose-Croix a eu sa préhistoire.
Quant à l'influence postérieure de ces trois manifestes, elle a été considérable et cela surtout en Angleterre. Ce sont les frères de la Rose-Croix qui sont allés parasiter les dernières loges opératives d'Angleterre et d'Écosse et qui les ont transformées en loges dites spéculatives. Le rosicrucianisme est une des sources les plus certaines de la maçonnerie moderne en même temps que de l'idéologie révolutionnaire. » Jean Vaquié – Les Manifestes rosicruciens
Les loges illuministes aiment le rite de Saint Pie V, les fleurs de lys, les symboles monarchiques. Ses adeptes baignent dans des activités où il est de bon goût de magnifier la tradition monarchique capétienne, de s’opposer à la Révolution française, ou tout au moins d’en déplorer les excès. Ces loges critiquent l’esprit laïcard des obédiences rationalistes, elles critiquent l’idéologie des droits de l’homme et les désordres moraux de toute sorte que véhicule le progressisme. Elles séduisent des personnes qui ont une sensibilité « de droite » et qui viennent fréquenter les milieux de la Tradition catholique. Elles se complaisent dans ces milieux, sachant dissimuler leurs véritables intentions et abuser les plus naïfs qui, souvent par manque de formation, concentrent leurs attaques contre le progressisme, et même, croient percevoir dans ces membres des loges illuministes des alliés voire des chefs, un réservoir de forces à même de les aider à vaincre le progressisme. Ces naïfs qui n’étudient pas, oublient qu’il existe une véritable dialectique rationnaliste/illuministe qui fonctionne contre l’Eglise, car coordonnées par un centre supérieur qui en tire les ficelles.
La manœuvre du ralliement de la FSSPX, à laquelle nous assistons depuis plus d’un an, relève de cette action des loges illuministes. La FSSPX n’est pas menacée par les loges rationalistes, trop étrangères et opposées à son combat. D’où l’importance de bien connaître les Rose+Croix qui appartiennent à cette mouvance, qui sont en apparence les plus proches de la Tradition catholique, et qui par là même représentent les véritables ennemis, les plus dissimulés, du Sacerdoce catholique.
Avec Vatican II et depuis quarante ans, les forces du Solve ont travaillé à détruire l’Eglise et semble pratiquement accomplie. Depuis l’élection de Ratzinger, les plans des loges illuministes sortent de l’ombre, des initiatives sont suscitées, encouragées par les média afin de mener la phase de Coagula, qui consiste à construire un édifice nouveau avec les débris de l’ancien et de mettre en place une contrefaçon d’Eglise ayant les apparences de la Tradition catholique. Le Sacerdoce a été progressivement quasi-éradiqué dans l’Eglise conciliaire par l’application durant près de quarante ans d’un rite de consécration épiscopale rendu volontairement invalide.
Pour cela, la FSSPX représente un obstacle international et dispensateur des trésors de la grâce sacramentelle à ce projet du Coagula, dans la mesure où ces loges ne la contrôlent vraiment pas à leur guise, bien que des agents relaient ses consignes pour lui impulser certaines orientations. Le combat que nous vivons ces mois-ci est celui du dernier assaut des loges illuministes Rose+Croix afin d’emporter le contrôle de l’œuvre de Mgr Lefebvre par une intégration, sous une forme (Patriarcat Tridentin) ou une autre (Eglise catholique de Rite Tridentin) sous l’autorité de l’abbé Ratzinger. Ensuite les autres pièces du montage du Coagula suivront : l’Eglise catholique de rite Anglican[2], l’Eglise catholique Nordique Luthérienne, etc
Mgr Ernest Jouin, Curé de Saint-Augustin à Paris, sous la bénédiction du Pape Saint Pie X, avait entrepris l’étude systématique des travaux occultistes des loges illuministes Rose+Croix, exposés dans la Revue Internationale des Sociétés Secrètes (RISS partie rose) longtemps introuvable et désormais partiellement rééditée[3]. Il semble aujourd’hui et singulièrement parmi les clercs de la FSSPX que ces travaux absolument vitaux pour le combat catholique aient été entièrement ignorés, quand ils ne sont pas tournés en dérision par des clercs malhonnêtes ou prétentieux autant qu’ignorants.

2- LE 18° DEGRE DU RITE MAÇONNIQUE DU CHEVALIER ROSE+CROIX : UN BON PASTEUR QUI N’EST AUTRE QUE LUCIFER
2.1 Qui était Jules Doinel (Jean Kostka) ?
Jules Doinel joua un rôle vers 1893 comme Patriarche de l’Eglise catholique gnostique[4], dans la mouvance sataniste qui se répandait à cette époque. Converti à la Foi catholique en 1895, et ayant abjurés ses hérésies, il écrivit Lucifer démasqué[5], dans lequel il dévoilait la signification des grades maçonniques et les influences lucifériennes qui règnent sur les hautes loges illuministes. Voici ce qu’écrit sur lui en 1910, l’abbé Barbier, un jésuite qui quitta son Ordre pour poursuivre ses études sur la Contre-Eglise.
« La Gnose a été rénovée en 1888 par Jules Doinel, archiviste départemental du Loiret et membre du Conseil de l'Ordre du Grand-Orient de France[6]. Une charte de 1022, écrite de la main du chancelier épiscopal, Etienne, avait ramené son attention sur ce personnage, l'un des quatorze hérésiarques brûlés, le 28 décembre 1022, à Orléans, pour avoir pratiqué et professé la doctrine gnostique.
Doinel se sentit soudain possédé d'un ardent amour pour la Gnose et se donna la mission d'en recueillir les débris épars ou plutôt d'en renouer et rajeunir l'antique tradition. Il ressuscita l'Eglise gnostique dont il se fit le premier Patriarche sous le nom de Valentin II. Fort du principe cher à toutes les confessions gnostiques, dit son successeur, le Patriarche Synésius (Dr Fabre des Essarts) : «le sacerdoce peut être conféré dans toute sa plénitude par simple influx divin, sans l'action d'un signe initiatique», il n'alla demander ses pouvoirs à aucun centre d'initiation. «Il était prêtre de par l'action de ce mystérieux influx et crut pouvoir légitimement s'écrier : «C'est l'Éon Jésus lui-même qui m'imposa les mains et me sacra évêque de Monségur»[7]. Le F. Doinel groupa de hautes intellectualités. Un synode ne tarda pas à être constitué et, en 1893, consacra son titre d'évêque de Monségur dont il avait déjà été investi par voie intuitive. Une hiérarchie s'établit. Plusieurs évêques furent créés. »
« La grâce divine a des desseins et des ressources insondables. L'initiateur de ce mouvement satanique, J. Doinel, le Patriarche Valentin II, détesta ses erreurs et revint au catholicisme. En décembre 1895, la nouvelle suivante fut communiquée aux évêques gnostiques : «Doinel a abjuré la foi gnostique entre les mains de l'évêque catholique d'Orléans. Il lui a remis ses insignes patriarcaux, s'est confessé et a communié solennellement dans la cathédrale».
« L'hérésiarque converti se sentit pressé du besoin de réparer autant qu'il était possible le mal dont il avait été l'auteur. Sous le pseudonyme de J. Kostka (il attribuait en partie à saint Stanislas la grâce de son retour), il écrivit dans la Vérité française une série d'articles alors fort remarqués, où se trouvent les détails les plus singuliers sur les sectes: occultes et en particulier celle des gnostiques, et un aperçu du rituel liturgique ainsi que des mystères sataniques qu'elles célèbrent et de ceux de la Franc-Maçonnerie. Ces articles furent plus tard réunis en volume sous le titre de Lucifer démasqué. Il y règne un ton de foi et de repentir d'une note si juste, à la fois si profonde et si mesurée, une réserve si sincèrement chrétienne au milieu de descriptions abominables et de révélations où rien n'est écrit pour satisfaire la curiosité, qu'il est impossible de ne pas accorder une grand-valeur à ce témoignage. Le livre de M. Doinel ne saurait être comparé à certains ouvragea d'autres pénitents, d'un style tout différent. »
Abbé Emmanuel Barbier, Les infiltrations maçonniques dans l'Eglise, Desclée de Brouwer, 1910, extrait de la Critique du libéralisme, n° des 1er mai, 1er août, 15 août, 1er septembre, 15 septembre 1910 avec plusieurs approbations épiscopales.
2.2 Le 18° degré de chevalier de la Rose+Croix
Après avoir expliqué que le 18° degré Rose+Croix de la maçonnerie marque « l’entrée dans les arrières-loges lucifériennes », Jules Doinel décrit l’ivresse spirituelle malsaine qui se saisit de l’initié devenu chevalier de la Rose+Croix. :
« Lucifer donne à ce grade un tel charme, un tel éclat qu'on l'embrasse passionnément. On se sent fier et triomphant d'être chevalier de la Rose-Croix. »
« Il y a aussi l'allégresse hautaine de la profanation, du sacrilège conçu, sinon approfondi, de l'association de la pensée humaine à la pensée du roi des Anges coupables, de l'identification avec Lui, de la participation à sa science, de la communion à son Verbe. Il y aussi l'influence de sa Présence spirituelle. » J.Doinel
Pour Doinel, le grade Rose+Croix représente le prototype des hauts grades :
« Le grade de Rose-Croix contient donc le satanisme à haute dose. II est le germe des hauts grades, comme le degré d'apprenti était le germe du grade du Maître : avec cette différence, toutefois, que le grade de Rose-Croix constitue le maçon parfait, le maçon ayant contracté, s'il est intelligent, s'il a le sens religieux, un pacte formel avec l'ennemi de Jésus-Christ ». J.Doinel
Ensuite Jules Doinel va détailler trois mystères lucifériens :
« Dans la loge rouge, il y a entre autres, mais plus spécialement, il y a trois mystères lucifériens : le mystère de l'INRI, le mystère de la Rose-Croix; le mystère du Signe-du-Bon Pasteur. J'ai reçu la complète illumination démoniaque sur ces trois mystères ». J.Doinel
2.2.1 Le mystère luciférien de l’INRI
Procédé typiquement diabolique, le sigle INRI qui était inscrit sur la Croix rédemptrice de Notre Seigneur, est invoqué par les Rosicruciens, mais sa signification est inversée :
• I(esus) N(azarenus) R(esurrexit) I (ncassum) : C’est vainement que Jésus le Nazaréen est ressuscité. « C’est l’INRI infernal, par lequel il affirme que Jésus est ressuscité, mais que lui, Satan, rendra nulle la résurrection ». J.Doinel
• Autre signification donnée par les lucifériens :
« Le Rose-Croix, à son tour fait le signe du Bon Pasteur, ou le signe de l'équerre, en disant : INRI Et en disant INRI, le Rose-Croix dit : I(n) N(omine) R(egis) I(nferni) Au nom du Roi de l'Enfer ! Il prononce comme le chrétien sa profession de foi, mais il la prononce dans un sens absolument contraire. Il se proclame Luciférien. Il se proclame fidèle de l'Enfer. Il se proclame réprouvé. Que le mystère innommable que je révèle, éclaire les confesseurs et fasse frémir les malheureux qui ont reçu le stigmate de la bête : l'Equerre. » J.Doinel
L’usage de symboles chrétiens par des Rosicruciens induit les catholiques naïfs ou confiants en erreur, là où ils voient un symbole sacré exprimé par un initié du grade de chevalier Rose+Croix, ils sont bien loin de se douter qu’au même symbole puisse être donné un sens inversé par le fourbe.
2.2.2 Le mystère luciférien de la Rose+Croix
La symbolique de la rose et de la croix devient négatrice de la Rédemption accomplie par l’adorable sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ, elle se veut le cachet du silence apposée sur cette Rédemption efficace, elle vise à obstruer l’écoulement des grâces sacramentelles que les rosicruciens tiennent en abomination.
« Que signifie donc la Rose du silence apposée sur la Croix et sur celle place de la Croix où reposait la tête couronnée d'épines du Seigneur ? Elle signifie le cachet de l'annulation mais sur la Rédemption. La Rose plaquée à la croix n'est autre chose que l'annulation de l'œuvre de la Croix. Et seul, Lucifer a pu avoir cette pensée. Seul il a pu concevoir cette théorie monstrueuse. » J.Doinel
Et Jules Doinel cite un discours prononcé dans une arrière-loge :
« Ce moyen sera donc de cacheter (sic) la Croix, comme on cachète un testament précieux qu'on veut rendre inutile. Nous mettrons donc sur la Croix, le cachet de la Rose. NOUS IMPOSERONS SILENCE A LA CROIX. Et la croix silencieuse ne parlera plus aux hommes d'un salut et d'un devoir, qui ne sont ni le devoir qui nous incombe, ni le salut que nous attendons. D'un autre côté, le catholicisme privé de la Croix et des fruits de la Croix, qui sont la charité, l'abnégation, la patience, le pardon des injures et la réforme de la vie individuelle comme de la vie sociale. Le catholicisme perdra son prestige et son action sur les esprits cultivés, d'abord; sur les masses, ensuite. Cachetons la Croix. » J.Doinel
Lorsque les rosicruciens parsèment leurs œuvres de rose et de croix, n’y voyons nul acte de piété, mais bien plutôt ce « cachet » par lequel ils signent leur œuvre d’extinction des grâces qui coulent du Sacrifice de la Croix, par lequel ils entendent empêcher que l’eau et le sang ne coulent du côté du Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, sous la déchirure de la lance.
2.2.3 Le mystère luciférien du Bon Pasteur
Troisième mystère luciférien, celui du Bon Pasteur qui désigne Lucifer dans les loges illuministes et qui est manifesté par un signe, une salutation dont toute la symbolique est blasphématoire :
« Lucifer, à son tour se manifeste dans les loges rouges et dit : «Je suis le bon Pasteur !» Et il donne à ses brebis, le signe de ce pasteur. Ce signe : le voici :
«Vous croiserez vos deux bras sur votre poitrine, votre bras gauche sur votre bras droit, vos deux mains étendues et vos deux yeux levés vers le ciel ; puis vous lèverez votre main droite en l'air, et avec votre index droit, séparé, vous montrerez le ciel. Celui qui vous tuilera, montrera, lui, la terre, avec son index droit en réponse à votre signe. Et ce sera le contre-signe. Vous croiserez alors votre jambe droite derrière votre jambe gauche. Votre frère croisera, à son tour, sa jambe gauche derrière sa jambe droite. Cela fait, votre frère et vous, vous croiserez vos deux bras chacun sur votre poitrine, vos deux mains bien étendues, en vous plaçant vis-à-vis l'un de l'autre : vous vous saluerez ; vous vous mettrez réciproquement les deux mains de l'un sur la poitrine de l'autre, sans décroiser vos bras. L'un dira EM, l'autre répondra MAN, l'un dira NUEL, l'autre répondra PAX VOBIS. Vous vous donnerez ensuite le baiser fraternel, chacun sur la joue droite de l'autre. Le Tuileur vous dira alors : Avez-vous retenu la parole ? Vous répondrez : oui, Très Puissant Chevalier ! Il vous demandera : Donnez-la moi ; Vous direz : I ; il dira : N ; vous répondrez : R ; il dira : I. Enfin, il vous demandera votre âge. Vous répondrez : TRENTE TROIS ANS !» J.Doinel
Et Doinel décompose avec précision cette salutation dite du « Bon Pasteur » et détaille avec précision la signification de chaque élément de cette symbolique :
« Les deux bras croisés sur la poitrine, c'est la moquerie de la Croix, déjà annihilée par la Rose du silence. Les mains étendues, c'est la dérision de la prière. Les yeux levés au ciel, c'est l'insulte ironique à l'extase et au ravissement des saints. Le geste du signe et du contre-signe, c'est le geste hiératique du Baphomet qu'adoraient les Templiers. C'est en gnose, l'anabase et la catabase ; l'évolution et l'involution. En maçonnerie rouge, c'est la menace jetée au ciel et le salut donné à Lucifer. C'est aussi l'interversion du dogme catholique, en ce sens que l'enfer devient le ciel du luciférien. Le croisement des jambes c'est le redoublement du mépris de la croix. On la rejette en arrière et on la foule en simulant sa forme. Le mot Emmanuel qui signifie Prince de la paix, est le mot qui dans Isaïe et dans l'Evangile désigne le Seigneur. Le rose-croix l'attribue à Satan, son Emmanuel. L'INRI est décomposé. On connaît son triple sens. » J.Doinel
Et le sacrilège ira plus loin par la célébration d’une Cène qui devient une anti-messe.
« J'ajoute que la cène du 18è degré est, dans la pensée de Satan, I'ANTI-MESSE. Il n'est pas nécessaire de développer l'odieuse significations de ce dernier symbole : la cène.
La haine de l'Eucharistie est de tradition dans les loges rouges. On m'a dit que dans certaines de ces loges (…), surtout en Orient, on souillait des hosties consacrées. » J.Doinel
Ainsi pour Doinel, « le 18° degré renferme la quintessence maçonnique ».
Voilà pour l’exposé d’un ancien initié, la signification des mystères lucifériens des chevaliers maçonniques de la Rose+Croix.
De tels personnages, mus par leur haine du Sacrifice de la Croix et de l’Incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ, poursuivent depuis des siècles à détruire l’Eglise catholique, à détruire la validité sacramentelle de ses Ordres, canal nécessaire à la transmission des grâces sacramentelles d’une génération de chrétiens à une autre, par le ministère des évêques et des prêtres véritablement catholiques.
Dans ce paroxysme du combat des hautes loges lucifériennes contre le Sacerdoce catholique, dont nous sommes témoins en 2006, l’Eglise conciliaire est devenu le véhicule de ces influences infernales. Déjà sous Léon XIII, le cardinal-secrétaire d’Etat, Rampolla del Tindaro, membre de la secte luciférienne de l’OTO, était initié dans le grade de chevalier de la Rose+Croix. Que dire en 2006, alors que nous savons que pas moins de quatre Loges de rite écossais (réservées aux clercs) sont en activité au sein du Vatican ? Et ceci aux dires des conférences publiques données à l’Institut Universitaire Saint Pie X à Paris, par l’abbé du Chalard de Taveau et Monsieur Arnaud de Lassus. Propos identiquement tenus par Mgr Fellay lui-même en 1999 et disponibles sous format vidéo[8]. Il devient évident que cette structure conciliaire, et qui ne possède plus de Sacerdoce valide, est devenu l’instrument de ces attaques contre l’Eglise catholique qui subsiste encore de façon éparse et ultra-minoritaire dans le monde.
La FSSPX représente le dernier bastion de la seule société sacerdotale internationale jouissant encore du Sacerdoce authentique de Melchisedech sacramentellement valide et dont les Rose+Croix souhaitent s’assurer un contrôle total. Pour cela la bataille du ralliement qui se joue actuellement doit être analysée méticuleusement à la lumière des principes et de la symbolique des Rose+Croix.

3- LE « BOUQUET » SPIRITUEL EST DEVENU UNE « GERBE MAGNIFIQUE » DE ROSES… DE ROSE+CROIX ?
La manœuvre du ralliement de la FSSPX a connu une accélération, dès la réélection de Mgr Fellay le 12 juillet 2006, par le lancement de l’imposture sacrilège du « bouquet » spirituel, par lequel il a été demandé aux clercs et aux fidèles de prier un million de chapelets pour que la Très Sainte Vierge Marie accorde à Ratzinger la « force de libérer le rite de Saint Pie V ».
En publiant les résultats de ce « bouquet », l’abbé Lorans a affiché sur le site Dici.org[9] un symbole, en l’appelant ce « bouquet » une « gerbe magnifique »!
Le montage sur la photo du "bouquet spirituel" : une rose + une croix et puis sur la croix du chapelet, non pas Notre Seigneur crucifié, mais le PX (raccourci de Pax et Pax Christi ) que l'on retrouve sur le cierge pascal ainsi que sur les nouvelles éditions de missels depuis plusieurs années. Coïncidence remarquable ce PX est à rapprocher d’un autre, le Pax Vobis de la salutation des Rosicruciens.
Il est clair, à la lumière du texte de Jules Doinel que nous venons de citer, que ce symbole affiché sur Dici.org peut souffrir une lecture bien différente, et à son insu, de celle que prétend lui donner l’abbé Lorans, comme cela est le cas pour les symboles que les rosicruciens se sont appropriés.
Que donnerait une telle lecture rosicrucienne ?
S’il devait être avéré que cette image manifeste un symbole rosicrucien (la rose du silence scellée sur la croix), cette symbolique exprimerait que la finalité réelle du « bouquet » serait de parvenir ultimement à nier les effets salvateurs de la Rédemption en coupant les fruits du Sacrifice, car la capture de la FSSPX à laquelle doit mener le Motu Proprio (fruit demandé par la prière du « bouquet ») permettrait aux antichrists de Rome de prendre le contrôle de la FSSPX et de couper la transmission du Sacerdoce valide. Ce qui réaliserait ainsi la devis INRI : I(esus) N(azarenus) R(esurrexit) I (ncassum) : C’est vainement que Jésus le Nazaréen est ressuscité. Les Roses+Croix qui poursuivent de leur haine la messe et le Saint Sacrifice des autels auraient ainsi, par un mouvement qui aurait pris l’apparence de la piété (chapelet), réussi à détruire la transmission du Sacerdoce perpétuée le 30 juin 1988 par Mgr Lefebvre et à interrompre le sacrifice de la croix qui se renouvelle sur nos autels. De plus, les Rose+Croix qui auraient inspiré le « bouquet », seraient alors parvenu à enclencher ainsi la destruction finale du Sacerdoce, tout en se moquant de la Très Sainte Vierge Marie, Mère du Sacerdoce et en feignant de lui attribuer le « miracle » du Motu Proprio Tridentin. Ce serait véritablement de l’Art Royal. Et le PX serait, dans cette interprétation, la touche finale, la signature de leur œuvre.
Nous ne mettons pas en cause l’abbé Lorans, simplement nous croyons, par contre, qu’au sein du Vatican actuel se trouvent des rosicruciens et alors nous nous demandons qui, à Rome, a inspiré cette imposture du « bouquet » ? Qui a influencé la symbolique choisie pour communiquer sur le résultat de ce « bouquet » ? Car un montage photographique plus adéquat eut été facile à réaliser. Il y a sans doute une influence romaine derrière tout cela, et il importe de savoir laquelle précisément ainsi que de découvrir ses relais.

4- LE TERME « BON PASTEUR » - LA NAÏVETE ET L’ABSENCE DE FORMATION DES CLERCS D’AUJOURD’HUI AU SUJET DE LA CONTRE-EGLISE ET DES HAUTES LOGES ILLUMINISTES
Autre application d’une symbolique ambiguë, le cas de l’Institut du Bon Pasteur. L’IBP a été érigé le 8 septembre 2006 par l’abbé Castrillon Hoyos, en présence des abbés Laguérie, Héry, Aulagnier, de Tanoüarn, etc. Qui a donc eu cette idée de choisir le terme de « Bon Pasteur » ? L’idée a-t-elle été soufflée directement par l’abbé Ratzinger ? Un tel choix est-il un pur hasard, ou alors relève-t-il de cette symbolique rosicrucienne ? Connaissant le degré d’influence des loges maçonniques au sein de l’actuel Vatican, chose que Mgr Fellay était le premier à reconnaître en 1999[10], il doit être froidement envisagé que ce choix symbolique recouvre une intention occulte parfaitement déterminée de la part d’un hiérarque romain. Il appartenait à l’abbé Laguérie d’être plus vigilant et de se méfier des autorités vaticanes. Mais a-t-il pensé à cette possible signification ? Savait-il que le terme « Bon Pasteur » possède, dans le 18° degré de chevalier Rose+Croix, une signification luciférienne ? Pour cela, il eût fallu qu’il ait étudié un peu plus les travaux des ecclésiastiques solides qui ont creusé cette grave question des infiltrations maçonniques dans l’Eglise, comme l’abbé Barbier, Mgr Jouin, ou Mgr Delassus, au lieu de s’en moquer. Mais, plus affairé à promouvoir La Paille et le Sycomore de l’abbé Celier-Sernine qu’à travailler à perfectionner sa propre connaissance des ennemis les plus redoutables de l’Eglise, il devait fatalement se retrouver un jour placé devant de telles interprétations à tiroir. On ne discute pas impunément avec des autorités conciliaires dont il est évident qu’elles agissent sous l’influence des doctrines maçonniques illuministes.

5- CONCLUSION
Notre Seigneur nous a prévenu que dans les derniers temps viendront des faux prophètes qui égareront les fidèles. L’étude des doctrines et de la symbolique des loges illuministes, et en particulier des Rose+Croix, devient en 2006 une obligation, afin de se préserver de toute manipulation, et alors que nous sommes témoin d’un Coagula, préparé de longue date, et dont l’objectif consiste à mettre en place une Eglise conciliaire néo-anglicane au clergé invalide, après que la FSSPX ait été neutralisée en étant réunie à cette structure apostate. Pour ne pas l’avoir compris, des clercs bien imprudents, se trouvent aujourd’hui exposé à des interprétations ambiguës. Mgr Lefebvre avait préféré couper les ponts en effectuant, après avoir déclaré : « nous ne pouvons pas collaborer », le 30 juin 1988 son « opération survie » et non pas l’ « opération suicide » [11]. Il était loin de deviner que moins de vingt ans plus tard, l’un des évêques qu’il venait de consacrer, allait prendre l’initiative d’engager l’ « opération suicide » de la FSSPX de la collaboration avec l’abbé Ratzinger à laquelle lui-même, Mgr Lefebvre, se refusait énergiquement. Le sermon historique des sacres peut être entendu à la fin de la vidéo de la lettre solennelle aux quatre évêques[12].

Abbé Michel Marchiset

Le prêt à intérêt et l'usure.

Par l'abbé J. Olivier


L’ampleur des entreprises exige depuis longtemps déjà l’emprunt de capitaux considérables, auxquels, en retour, on fournit annuellement une somme fixe qu’on appelle intérêt. Cet intérêt est-il légitime, puisque l’Eglise l’a si longtemps condamné ? A quelles conditions est-il autorisé ? Quand devient-il usure ? La légitimité ou la prohibition de l’intérêt est ainsi l’une des questions les plus délicates de l’histoire économique…


Petit historique du prêt à intérêt. [1]

Il y a une tradition judéo-chrétienne relative à la question du prêt à intérêt, question qui semble n’être qu’une question d’ordre économique, mais qui, aux yeux plus perspicaces du croyant, touche à la question de l’usage des biens terrestres et de la propriété, à celle des droits du travail, à celle enfin des relations fraternelles des hommes entre eux.

L’Ancien et le Nouveau Testament, disons-le de suite, ne renferment pas de dissertations savantes sur la fécondité ou la stérilité de l’argent, mais des règles de conduite, des inspirations ou des conseils, où l’on ira d’ailleurs chercher plus tard les éléments d’une synthèse idéologique. « Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, au pauvre qui est avec toi, ne sois pas une morsure pour lui ; tu n’exigeras pas de lui d’intérêt. » Exode, XXII, 25. De l’étranger cependant, il est permis d’exiger des intérêts, car ce n’est pas un frère, la loi d’amour universel n’ayant pas encore été annoncée par Jésus-Christ. Jésus-Christ vient la proclamer dans son Discours sur la Montagne et du même coup, la fraternité s’étant élargie, la distinction dans le prêt entre le concitoyen et l’étranger tombe : « Comme vous voulez que les hommes vous traitent, traitez-les vous-mêmes. » Il faut donc prêter sans rien attendre de retour, à plus forte raison sans rançonner l’emprunteur.

On pense bien que ce monde nouveau qui grandit, bâti sur des bases aussi étranges, va se heurter à un tout autre monde, bâti, lui, sur la cupidité et l’ambition. Dans le monde gréco-romain, le prêt à intérêt sévit, exigeant et rapace : il lui faut de 12 à 60 % par an.

Les Pères de l’Église vont donc lutter pour soumettre à la loi morale ce contrat de crédit devenu instrument perfectionné et quasi-légal d’exploitation mutuelle. Reprenant les textes de l’Ancien Testament, ils les adapteront à la loi nouvelle et leur donneront toute leur signification, puisque tous sont devenus frères en Jésus-Christ. Saint Ambroise dans un raccourci aussi puissant qu’ironique dira : « Exige l’usure de celui que tu peux tuer sans crime. » Ainsi, ajoute l’abbé Calippe, « le droit d’usure lui apparaît comme une forme du droit de guerre, c’est-à-dire comme l’antithèse de la loi chrétienne de fraternité. » Saint Augustin n’est pas moins vigoureux : « Certains prêteurs osent dire : Je n’ai pas d’autre moyen d’existence. Un cambrioleur (latro) m’en dirait tout autant. »

Mais voici les grandes assemblées conciliaires. Le concile de Nicée commence par interdire aux clercs tout trafic d’argent, quel qu’il soit. L’interdiction se généralisera peu à peu et s’étendra aux laïques eux-mêmes. Le IIIème concile de Latran (1179) et le IVème (1215), le IIème concile de Lyon (1274), le concile de Vienne (1311) consolideront souverainement cette nouvelle conquête de la morale chrétienne sur l’économique. Citons au moins quelques phrases du concile de Vienne. « …Nous, désireux de mettre un frein à cette audace pernicieuse (de l’iniquité de l’usure), nous avons statué… que tous les pouvoirs des Communautés, capitaines, recteurs, consuls, juges, conseillers et officiales quelconques qui ont eu la présomption de composer, d’écrire ou d’éditer de semblables statuts d’après lesquels des usures sont payées ou des usures qui ont été payées ne sont pas restituées, s’ils ont agi avec intention, librement et sciemment, qu’ils encourent la sentence d’excommunication… »

Et comme, en ces temps, les peuples reconnaissent l’Église pour leur mère, bientôt les lois de l’une deviennent les lois des autres.

Mais alors un fait paradoxal se présente : les chrétiens doivent s’interdire les pratiques usuraires vis-à-vis de tous, même juifs ; mais ceux-ci continueront de les exercer vis-à-vis des chrétiens, restés pour eux des étrangers.

Désormais la lutte va se placer sur le terrain philosophique et économique, et saint Thomas est le témoin le plus authentique, le guide le plus sûr et aussi le lutteur le plus vigoureux de cette nouvelle tactique. Se fondant sur le droit romain, il distinguera les choses « fongibles » (ou consomptibles) qui se détruisent par l’usage, et les choses « non fongibles » (une maison, un champ, un outil) dont on peut séparer la propriété et l’emploi.

Cela se résume ainsi : [2]

1° On transmet simplement à autrui une chose en compensation d’une autre chose : c’est le cas de l’achat et de la vente.

2° On concède l’usage de la chose, à charge de restituer la chose même :
a) l’usage est concédé gratuitement : - en matière fructifiante = usufruit
- en matière non fructifiante = prêt ou commodat
b) l’usage n’est pas gratuit : toujours une chose non-consomptible = location [3]

3° On transmet une chose avec l’intention de la recouvrer, mais à fin de conservation et non d’usage, c’est le dépôt ou le gage.

Dès lors la doctrine est solidement établie et saint Thomas l’expose clairement dans sa Somme théologique. Il pose la question : Est-ce un péché de prendre un intérêt pour de l’argent ? Et il répond : « Recevoir un intérêt pour de l’argent prêté est injuste de sa nature, parce qu’alors on vend ce qui n’existe pas, d’où il résulte manifestement une irrégularité dans le contrat, qui est opposée à la justice. Pour rendre cette proposition plus évidente, il faut remarquer qu’il y a des choses dont l’usage équivaut à leur consomption et destruction, comme le pain et le vin. Dans ce cas, on ne peut pas estimer l’usage de la chose à part de la chose elle-même… En prêtant ces choses, on en passe le domaine à l’emprunteur. Si quelqu’un voulait vendre d’une part le vin et de l’autre l’usage du vin, il vendrait la même chose deux fois et vendrait une fois ce qui n’existe pas. D’où il pécherait manifestement contre la justice… Or l’argent a été inventé pour les échanges et ainsi le principal usage de la monnaie est de servir et de disparaître dans les échanges. Et voilà comment il est, de sa nature, illicite de recevoir un prix de l’argent prêté, ce que l’on appelle usure ; et comme l’homme est tenu de restituer le bien injustement acquis il est tenu à la restitution des intérêts. » [4]

Et le grand docteur montre qu’au contraire on peut recevoir un prix pour l’usage d’une maison dont on reste propriétaire, parce que l’usage d’une maison se distingue nettement de son existence.

On vient de le voir, l’argent est nettement rangé parmi les biens consomptibles. Il ne sert pas à produire des richesses, mais à les échanger [5]. Il y a pourtant, d’après saint Thomas, deux cas où l’on pourrait exiger plus que la somme d’argent prêtée.

Le premier est celui justement où le prêteur conserverait la propriété de son argent par le contrat d’association. « Celui qui prête de l’argent transfère à l’emprunteur la propriété de l’argent, d’où il résulte que celui-ci le reçoit à ses risques et périls et demeure obligé de le rendre intégralement. Mais celui qui confie son argent à un marchand ou à un ouvrier, formant avec eux une sorte de société, ne leur transfère pas la propriété de son argent, mais la garde pour lui, si bien que c’est à ses risques et périls qu’il participe ainsi, soit au commerce du marchand, soit au travail de l’ouvrier ; il peut donc légitimement, dans ce cas, réclamer comme une chose lui appartenant une part du bénéfice. » [6]

Le deuxième cas est encore plus pratique. Il y a des situations, même en dehors du contrat d’association, où l’on pourra réclamer une somme supérieure au prêt. C’est quand le prêteur subit un dommage positif et direct, en raison même du prêt. On reconnaît ici en germe les titres extrinsèques, comme on dira plus tard, le lucrum cessans (cessation d’un bénéfice), le damnum emergens (préjudice subi) et le periculum sortis (risque de perdre le prêt).

Au Vème concile de Latran, en 1513, une définition autorisée de l’usure sera donnée : « Il faut entendre par usure le gain et le profit réclamés sans travail, sans dépenses, ou sans risque, pour l’usage d’une chose qui n’est pas productive. »

Mais en face de la transformation du régime économique qui s’opère alors de plus en plus, transformation qui se complique par le redoutable esprit d’autonomie absolue et d’individualisme que la Réforme a déchaîné sur le monde, les discussions se multiplient dans la chrétienté à cause des nouveaux et multiples contrats institués pour s’adapter au régime, mais qui risquent, en s’adaptant, de violer les vieilles règles de la morale chrétienne.

Le 1er novembre 1745, le savant pape Benoît XIV publia sa fameuse encyclique Vix pervenit qui exposait à nouveau la doctrine traditionnelle de l’Église. Lui aussi va définir l’usure : « Elle consiste en ce qu’un prêteur, s’autorisant du prêt lui-même, dont la nature requiert l’égalité entre le reçu et le rendu, exige plus qu’il n’a été reçu, et soutient qu’il a droit, en plus du capital, à quelque profit en raison même du prêt. »
Les mots soulignés dans la phrase montrent bien la doctrine de l’Église. Le prêt ne sera jamais de lui-même un titre à un profit. Si l’on veut tirer profit de l’argent, il faudra recourir à d’autres formes de contrat que celui du prêt ou mutuum, celui-ci lui étant essentiellement opposé, la justice exigeant l’équivalence des prestations échangées.

Mais, ajoute le grand pape, « il peut quelquefois se rencontrer dans le contrat de prêt certains autres titres qui ne sont pas du tout essentiels, et… intrinsèques à la nature même du contrat de prêt. Ces titres créent une raison très juste et très légitime d’exiger, suivant les formalités ordinaires, quelque chose, en plus de l’argent dû à cause du prêt. » Ces titres sont les trois que nous avons cités plus haut. Leur vraie nature est d’être compensatoires, compensatoires des pertes subies, des profits manqués, des risques courus, mais non pas des gains que l’emprunteur va faire, la distinction est importante. La loi civile reconnaissant l’intérêt dit légal est-elle un nouveau titre ajouté aux trois premiers ? Il ne le semble pas : elle ne constitue pas un titre spécial, mais elle reconnaît l’existence habituelle des autres titres extrinsèques.

Benoît XIV expose alors qu’il y a d’autres contrats d’une nature toute différente et qui peuvent « alimenter le commerce, maintenir et promouvoir pour le bien public, un négoce productif. » Ce sont : l’achat des rentes annuelles et le commerce lui-même licitement conduit.

Enfin il observe que ce serait téméraire et déraisonnable de croire que le prêt est toujours et partout accompagné des titres extrinsèques. Il rester toujours « de nombreux cas où l’homme est tenu de secourir son prochain par le prêt pur et simple. » Ce sera sa manière de reconnaître en fait la fonction sociale de la propriété.

En terminant, le pape tire les conclusions pratiques de la doctrine : la nécessité de discuter ces questions délicates avec charité, le sérieux de ces questions qui ne sont nullement des disputes de mots, mais peuvent entraîner des fautes graves, enfin le rôle de l’autorité qui a, en pareille matière, son droit d’intervention aussi bien que la raison.

L'usure mène à la guerre.

Le Super mécanisme Concentrationnaire

(…)
Mais parmi tous les mécanismes concentrationnaires, il en est un plus subtil et plus puissant, dont l'ignorance était quasi totale il y a trente ans (ndlr, écrit en 1950, donc en 1920). Aussi suis-je bien obligé de l'exposer en détail. C'est le mécanisme bancaire qui multiplie les méfaits de l'usure et du crédit. En effet, d'un côté, par l'addition des intérêts il double, puis quadruple toute dette en quinze puis trente ans, d'un autre côté, par le subterfuge du crédit et de la monnaie scripturale, il vampirise toutes les richesses mobilières et surtout immobilières d'une nation, puis du monde.

L'usure a toujours été interdite par le Droit canon romain, puis par le Coran. Le catéchisme du concile de Trente est formel: "Tout ce qu'on prend au delà de ce qu'on a donné est usure... c'est pourquoi le prophète Ezéchiel (18-17) dit que Celui-là sera juste qui n'aura rien pris au-delà de ce qu'il aura prêté . Et Notre Seigneur nous ordonne, dans Saint-Luc (6-35), de prêter sans en rien espérer. Ce péché a toujours été considéré, même par les païens, comme un crime très grave et très odieux" et le concile ajoute, "c'est ce qui fait dire à Ciceron que prêter à usure ou tuer un homme c'est la même chose. Et en effet, ceux qui prêtent à usure vendent deux fois une même chose, ou ils vendent ce qui n'est point".
Il faudrait bien peu connaître l'histoire des civilisations pour s'imaginer qu'il ne s'agit là que d'un principe de morale et non pas d'un principe fondamental de bonne organisation de la société civile... car il n'y a qu'une seule clé pour les Deux Royaumes (celui de la Terre et celui du Ciel).

La civilisation égyptienne a duré quelques cinq mille ans; elle ignorait la monnaie. Les diverses civilisations mésopotamiennes se sont effondrées les unes après les autres, au bout de quelques siècles, s'entre-déchirant, s'entre-détruisant. Elles connaissaient non seulement le trafic des lingots, mais l'usure, c'est-à-dire le "croît de l'argent" comme l'appelle le code d'Hammourabi. L'intérêt pouvait légalement atteindre 25% et montait jusqu'à 100 et 140%...
L'Encyclopaedia Britanica (article Money, édition de 1929) souligne que l'écroulement de la Grèce au VIème siècle comme l'effondrement de l'Empire romain sont également dus à l'usure. Ainsi que l'a montré G. Ferrero dans: la Grandeur et le déclin de Rome, Jules César fut brisé pour s'être montré incapable de résoudre "la gigantesque accumulation d'intérêts inaliénables qui avaient concentré toute la richesse en quelques mains, réduisant les petits propriétaires en esclavage".

Vous commencez à soupçonner pourquoi Cicéron est plus dur dans ses jugements que les Pères de l'Église!

Précisons que le mot usure ne s'applique pas au taux pratiqué mais au caractère du prêt (Il n'en est pas de même du mot : usurier. Cependant les auteurs anglais qualifient d'usure le prêt à la production de l'argent qui n'existe pas, de l'argent négatif). Le prêt de consommation est seul qualifié d'usure dans les textes canoniques, le prêt à la production n'est pas un prêt, mais un apport de capital à une entreprise dont l'activité fournit des bénéfices. Ce prêt à la production n'est-il pas licite? Oui, dans certaines limites du taux de l'intérêt, mais non quand celui-ci atteint 50% à 60%, tel est cependant le taux réel des avances bancaires modernes.

Pour le comprendre, il faut étudier la constitution et le développement de la Banque d'Angleterre, type du système bancaire moderne, né en pays protestant où l'usure avait été autorisée par Elisabeth.


En 1694, Guillaume d'Orange, devenu Guillaume III d'Angleterre, n'avait plus d'argent pour payer son armée. Ce Hollandais, dont le succès avait été financé par les banquiers protestants de son pays, va — juste retour des choses — être pris dans l'engrenage des usuriers anglo-hollandais. Un syndicat d'usuriers, dirigé par William Paterson, lui proposa la combinaison suivante: a) Le syndicat privé avancera au gouvernement un prêt en or de 1 200 000 livres, au taux de 6%, le capital et l'intérêt étant garantis par l'État et payés en or; b) en récompense, le syndicat privé a le droit de s'appeler Banque d'Angleterre; c) comme le syndicat se démunissait ainsi de tout son capital pour financer le prêt, il avait en échange (?) le droit d'émettre et de négocier des billets à ordre jusqu'à la concurrence des 1 200 000 livres prêtées en or, à l'Etat.

Jusque-là, seul l'Etat avait le droit régalien de battre monnaie, c'est lui qui aurait pû et dû émettre ces billets gagés sur l'or qu'il avait emprunté. Le syndicat, abusant de son titre de Banque d'Angleterre, fit imprimer des billets reconnus valables à Londres, puis dans tout le pays, sous caution morale du roi et matérielle du prêt en or. C'était génial, le public avait confiance en des papiers que la Banque — n'ayant plus de capital — était incapable de rembourser. Ainsi est né le crédit moderne en argent-papier, véritable contrefaçon du Credo.

Par cet abus de confiance envers le peuple anglais, doublé de haute trahison envers le roi, dit Thomas Robertson (1), le clan des usuriers doubla d'un trait de plume sa fortune. Elle fit même plus que doubler, puisqu'il touchait non seulement l'intérêt sur son prêt en or, mais l'intérêt sur les billets en papier qu'il se mit à prêter — le 6% sur le capital initial devenant du 12%, en huit ans il doublait à nouveau (2).

Ainsi la Banque avait créé une double dette, l'une du gouvernement — lequel, après tout, empochait l'or — l'autre du peuple anglais. L'endettement simultané du gouvernement et du peuple ne fera que croître sans cesse, le gouvernement faisant évidemment tout retomber sur le peuple par le système des impôts. Telle est l'origine de la Dette nationale anglaise, nulle avant Guillaume III et qui atteignait, en 1948, 24 milliards de livres. Le mécanisme comporte trois stades: usure, dette, impôts, dont 60% servent à payer les intérêts de la dette.
Guillaume III continua à emprunter à la Banque jusqu'à concurrence de 16 millions de livres-or. Et celle-ci émit la même somme en billets. Bien plus, comme les billets avaient cours au même titre que l'or, même à l'étranger, la Banque avança désormais au gouvernement du papier... cautionné par lui, et non plus en or. Le tour était joué. Il est évident qu'à ce moment-là le gouvernement aurait pu reprendre son droit régalien et décider d'imprimer lui-même, les billets; il n'aurait ainsi jamais eu d'intérêts à verser ni de dette nationale en boule de neige.

Au début, la banque n'émit des billets que jusqu'à concurrence de l'or prêté, et conserva une réserve-or destinée à couvrir les demandes de remboursement. Petit à petit, elle s'aperçut que les gens préféraient manier des billets plus légers que l'or, et qu'on pouvait émettre des billets en se contentant de garder une réserve de 10%.

Mises en goût par une opération aussi fructueuse, les banques se multiplièrent comme des champignons. Entre 1694 et 1830, on trouve dans les îles Britaniques 684 banques privées, émettant chacune ses propres billets.


En dehors de toute considération morale le prêt à la production suffit à déséquilibrer toute économie qui n'est pas purement agricole ou pastorale, c'est à dire la seule économie où le "croît biologique", don de Dieu, éternellement renouvelé, peur dépasser le "croît de l'argent" lorsque le taux est faible. L'industrie, elle, ne fait que transformer, et par l'extraction, épuiser.
Tout d'abord, c'est l'inflation. Il y a dix fois plus de signes monétaire légaux en 1836 qu'en 1694. Or cette monnaie-papier n'est pas seulement prêtée mais dépensée directement par les banques, qui jouent ainsi le rôle de commerçants. Elles peuvent ainsi faire marcher leur commerce, avec seulement 10% du capital réel, tandis que les industriels qui veulent lancer une usine ou constituer un stock empruntent aux banques, au taux de 6%, des billets qui ne représentent quasi rien et hypothèquent leurs moyens réels de production pour du vent. Cela explique le peu de faillites des banques et la vampirisation des industries et du commerce par les "banques d'affaires".

Toutefois, en 1836, le gouvernement britannique eut conscience du danger. Après une enquête secrète, le chancelier Robert Peel prit l'initiative du Bank Charter Act de 1844. Cette lois retira aux quelques 600 banques privées le droit d'émettre des billets en ne reconnaissant qu'à la -seule- Banque d'Angleterre, obligée cette fois d'avoir une couverture-or de 100% — ce qui dura jusqu'en 1914...— Aujourd'hui, la couverture n'est plus que symbolique.
Pauvre gouvernement! Les 600 banquiers se réunirent en un nouveau syndicat, le Joint Stock Banks- et -remplacèrent l'émission des billets interdits par l'émission de chèques facilitant l'avance bancaire, c'est à dire l'ouverture de crédit en compte courant. Ce n'était qu'une émission camouflée de billets, et d'autant plus avantageuse qu'elle allait servir principalement à enfler la production des gros emprunteurs et non à faciliter la consommation des petits, comme la monnaie légale.

C'était un nouveau coup de génie. Cette fois, ce n'est plus le roi qui cautionnera l'émission, ce sont les déposants, par suite d'une confusion habilement entretenue.


Le secret de la toute-puissance bancaire dans le monde entier, précise Robertson, réside dans le fait suivant: "Lorsqu'un individu dépose aujourd'hui 1 000 £ en espèces à la banque, celle-ci ne prête pas ces 1 000 £ à un autre client, mais les garde en réserve, et prête en avance bancaire, ou par chèque 9 000 £, c'est à dire neuf fois le montant du dépôt qu'elle a reçu". C'est le premier client qui constitue la réserve de 10%... alors que le bon public croit que toute Banque n'est qu'un intermédiaire qui avance l'argent mis chez elle en dépôt, soit 1 000 £ pour 1 000 £. C'est d'ailleurs ce qui est déclaré dans tous les traités orthodoxes, et qui était officiellement inscrit dans l' Encyclopaedia Britanica jusqu'en 1910; mais dans l'édition de 1929, vous lisez que "les banques prêtent en créant du crédit, elles créent leurs moyens de paiement ex nihilo" précise M. R. Hawtrey, secrétaire adjoint au Trésor.

En général, l'emprunteur a déposé des garanties. S'il ne peut rembourser son emprunt, la banque saisit les garanties et fait là un bénéfice absolu, pendant que l'emprunteur, lui, fait faillite. S'il rembourse, la banque touche 6% sur 9000 £, soit 54% sur les 1 000 £ qui lui avait été déposées jadis, joli bénéfice pour avoir fait un simple jeu d'écriture. L'opération est annulée, la somme inscrite est rentrée dans la colonne Avoir, elle annule le montant porté en sortie dans la colonne Doit. Les 9 000 £ se dissolvent dans le vent, d'où elles étaient venues!...
De là le pouvoir quasi magique des banques. Non seulement elles créent et détruisent de la monnaie, mais des affaires. Elles provoquent des booms, des crises artificielles, des périodes de suractivité ou de chômage, suivant que — comme une coquette — elles accordent ou non leurs faveurs, c'est-à-dire des crédits de compte courants. Elles sont maîtresses du "cycle du commerce". Leur pouvoir est invincible, quel que soit le parti qui triomphe temporairement. Elles concentrent progressivement tout entre leurs mains, sur la ruine des nations.


Lorsqu'en 1919, Vincent C. Vickers — gouverneur de la Banque d'Angleterre depuis 1910 — s'apercevra de cette destruction irrémédiable, il démissionnera et commencera à dénoncer cet engrenage implacable (3). Il en résultera l'Official Governmental Report on Finance and Industry, dit MacMillan Report (4), au Parlement anglais de 1931, puis le Canadian Government Report of the Committee on Banking and Commerce, de 1939 (5), qui confirmèrent tous ces faits et révélèrent que le mot: dépôt bancaire est une escroquerie verbale, il fait croire à un actif alors qu'il représente au contraire un passif, une dette des emprunteurs. Il faut lui substituer l'expression "crédit financier" ou mieux "argent négatif".
Avec ce système une banque peut tout acheter, tout faire passer entre ses mains, puisqu'elle peut doubler en deux ans non seulement son capital réel mais l'argent qu'on lui dépose. Elle réalise l'idéal concentrationnaire, n'ayant besoin ni de déplacer des hommes, ni de rassembler des machines, quelques traits de plume suffisent. C'est la reine des machines-en-papier! (ndlr, les ordinateurs)


Pas de concentration sans destruction
Le mécanisme moderne du Crédit, portant sur la production va conduire au même effondrement que la simple usure de l'antiquité, portant sur la consommation , car il ne possède plus d'autorégulation venant des signes monétaires légaux, de l'argent accumulé ou thésaurisé, de l'épargne.

Lorsque des consommateurs investissent leur épargne, tout d'abord, le taux d'intérêt réel reste limité, inférieur à 10% mais surtout, l'industrie qui emprunte ne peut se développer qu'en fonction de cette épargne, de ce surplus qui n'a pas été dépensé pour la consommation. À moins de fabriquer des objets superflus, cette industrie risque peu de surproduire, c'est-à-dire de produire au-delà des possibilités d'achat des consommateurs. Tandis que dans le cas du financement par les banques, qui émettent une monnaie scripturale anticipée , basée sur l'hypothèse de la vente des objets produits, les exploitations de la production s'enflent à une vitesse dépassant les pouvoirs d'achat réels qui sont désormais négligés et ignorés.
Il s'en suit une hystérie de la production qui offre l'alternative: chômage ou guerre pour la destruction des biens qui encombrent le marché.

Il y a donc deux financements possibles de caractères totalement opposés: l'un provenant de l'épargne, de l'argent en supplément et l'autre projeté par anticipation . Dans le premier cas, l'autorégulation doit venir de l'offre des capitaux existants, dans le second, de la demande en besoins primaires les plus certains.


Ainsi le financement bancaire — mis en lumière — est tout indiqué pour la construction et l'équipement immobilier profitant à l'ensemble du pays. Là où il n'y a point à craindre de surproduction, c'est vraiment la demande qui fixe l'émission. Ce sont les besoins en logements, en routes, en ponts, en hôpitaux, en écoles, en forêts, qui cette fois, deviennent les régulateurs de la monnaie scripturale anticipée, si dangereuse dans ses anticipations. Mais dans ce cas, seuls des offices régionaux — et non une banque de crédit centralisée (6) — permettraient d'avoir la confiance du public de la région et le contrôle effectif des besoins proches. Comme là, il s'agit de prêt de consommation et non plus de production, il ne peut plus être question d'intérêt. La Région ne peut être usurière. Le mécanisme bancaire, en tant que mécanisme , est utilisé sans compromission avec l'usure, il possède son autorégulation organique: la connaissance de la communauté dans ses besoins propres. C'est le seul cas où posant le Bien au départ, nous le récoltons à l'arrivée.


Lorsque s'ajoutent les méfaits de prêt à intérêt de taux scandaleux, de la monnaie scripturale non freinée par les besoins et de l'hystérie de la production, on dévale à roue libre vers la destruction obligatoire.
La ruine vient, d'une part de la Dette nationale et de ses intérêts reportés sur le peuple par l'impôt qui n'est plus "juste", ne répondant pas à un service rendu. Aussi se pose la question: faut-il rendre à César ce qui est à Mammon?

La ruine est augmentée par l'inflation qui déprécie les biens du travail et qui est telle qu'en juillet 1945, les banques réunies des îles Britanniques possédaient en caisse 600 millions de £ et avaient accepté environ 5 400 millions de £, soit neuf fois plus, en reconnaissances de dettes, prêts, avances, investissements. Ces 5 400 millions n'ayant aucune existence réelle ont été créés par les banques, à partir de rien, depuis 1844, au taux de 1 million par semaine (7).

Le système est très exactement satanique. L'homme ne peut rien créer ex-nihilo. L'argent-négatif ou dette peut, et doit, être détruit par un jeu d'écritures sur le grand Livre: la colonne Avoir équilibrant la colonne Doit. Mais subsiste l'intérêt à payer, qui ne le peut être que grâce à une nouvelle création ex-nihilo d'argent-négatif et ainsi de suite... Il se produit une boule de neige de dettes, une marée d'argent-négatif, de néant, qui augmente sans cesse et entraîne à la destruction obligatoire des biens réels.

Le chaos économique qui conduit chaque pays à l'alternative: révolution ou guerre, provient d'une méconnaissance de vérités élémentaires, tant des marxistes d'ailleurs, que des économistes libéraux. Marx, en effet, n'a nullement soupçonné le mécanisme de l'argent-négatif, et a reporté ses attaques contre le profit et la propriété. Ces derniers ayant toujours été défendus — dans de justes limites — par l'Église, mère des Pauvres, la sagesse commandait de chercher une autre explication.
La voici. Pour qu'il n'y ait pas coexistence de surproduction et de sous-consommation, il faut que le revenu national puisse acheter la production nationale donc lui soit égal (8) — la soupape des exportations étant de plus en plus réduite dans un monde qui s'unifie (9).

Or tout prix comporte deux parts: l'une de travail, l'autre de capital, l'une a) de salaires personnels (directs ou indirects mais versés à des personnes pour leur consommation), l'autre b) de rémunération des capitaux engagés, qui sont des capitaux d'argent-négatif en majeure partie — la monnaie légale servant à peine à 5% des échanges (avoua lors de l'enquête précitée M. C. Towers, gouverneur de la Banque du Canada). Tel est le phénomène a + b découvert expérimentalement par le major Douglas en 1920 et au sujet duquel M. de Valera déclarait en 1942: "Malgré mes demandes réitérées, aucun économiste n'a pu me démontrer la fausseté de ce théorème".
Si donc les producteurs touchent un total a, ils ne peuvent, en aucune façon, acheter un total a + b ; le revenu national reste toujours inférieur à la production nationale. Il y aura toujours des surplus et les consommateurs seront toujours en état de sous-consommation. Telle l'origine du phénomène surabondance-misère qu'aucun dirigisme ne peut réduire.

Faut-il souligner que plus la structure productrice est concentrée, plus les investissements dans d'énormes machines sont gigantesques, plus b croît aux dépens de a dans l'équation, moins les salarié peuvent acheter leur production, plus la misère augmente, ce qui se vérifie depuis un siècle, quelle que soit l'augmentation continue des salaires (10).


Le remède financier — dont nous avons déjà montré dans nos autres chapitres la valeur économique — consiste d'une part dans le micro-machinisme et la décentralisation diminuant b. Et d'autre part, dans le retour à l'Etat de son droit régalien de battre monnaie, enfin dans l'utilisation de crédit public retrouvé, sans intérêt , pour la construction des services publics nationaux, régionaux (routes et hôpitaux, écoles et forêts) où la part de salaires personnels est maxima et qui sont en dehors du circuit Production, dans lequel doit jouer seulement la monnaie légale (11).

Faut-il faire remarquer que, quelle que soit la Distribution: structure du commerce et répartition des biens parmi les citoyens, cela ne joue qu'à l'intérieur de a. Il peut y avoir des injustices, des bénéfices scandaleux ou un gaspillage dû à une cascade d'intermédiaires, mais les Salaires totaux, plus ou moins bien répartis, doivent d'abord permettre d'acheter la Production totale.

Le système bancaire actuel, autrement dit l'usure-à-l'argent-négatif ne peut rien créer de positif, il est très exactement inverti. Il prospère en temps de guerre, s'épanouit, apporte la prospérité matérielle aux ouvriers requis en usine, aux fournisseurs de l'État et aux fabricants de munitions, pendant que la fleur de la nation est tuée ou mutilée. Il languit en temps de paix, se contracte, apporte le rétrécissement du pouvoir d'achat, les faillites, banqueroutes, le chômage et toutes les misères à la clé. Pourquoi ce paradoxe?

Il y a toujours assez de pouvoir d'achat pour les buts de guerre PARCE QUE les biens créés sont détruits. Ainsi la sous-consommation peut être ordonnée au nom du patriotisme, tandis que la surproduction est liquidée.
Il ne s'agit point de mettre au pilori les banquiers actuellement inconscients, mais de considérer les faits. Les faits sont les suivants, ils crèvent les yeux: l'usure-à-l'argent négatif conduit à fournir toujours assez d'argent pour la guerre, la mort et la destruction et jamais assez pour la paix, la vie et la construction. Plus la guerre est terrible, dévastatrice, plus de pouvoirs d'achat sont créés, plus le flot d'argent-négatif s'enfle ainsi que les bénéfices des usuriers. Mais ce gonflement ne peut avoir lieu avec des biens qui encombreraient le marché, puisque les salaires sont toujours insuffisants pour les acheter, et ne peut avoir lieu que dans un seul cas, celui de la destruction délibérée des stocks. Le système ne fonctionne avec efficiency que si l'on détruit des biens réels (12). Il conduit implacablement à la guerre.

Extrait de: DEMAIN, C'EST L'AN 2000! de Jean-Gaston BARDET (éd. Jacques Petit, Angers, 1950)

Jean-Gaston BARDET (1907-1989) architecte et urbaniste, professeur international, il fut en poste dans de nombreux endroits du monde, Europe, Afrique, Moyen-Orient, les Amériques, en particulier l'Amérique Latine, dont le Méxique, où il travailla à six reprises.













(1) In -Human Ecology-, (Maclellan ed. 240 Hope Street, Glasgow), admirablement documenté mais dont nous n'acceptons pas le remède.

(2) Savoir doubler l'intérêt fait partie de la science bancaire... Ainsi en est-il de la vente à crédit -mensuel- à 8%, qui est en réalité à 16%, et qu'on tente de généraliser en Europe (en 1950)
(3) Economic Tribulations (Badley Heat, 1941).

(4) Publié par H. M. Stationary Office (Londres, 1931)
(5) Publié par Hing's Printer (Ottawa, 1939)
(6) Dont les méfaits sont dénoncés par Robertson, -op. cit-, et le thomiste irlandais R. P. Denis Fahey in -Money manipulation and Social Order-, (Brown and Nolan. Dublin).

(7) Tel est le montant de l'impôt secret perçu sur toute la communauté de l'espace financier britanique, qui le paie non avec du vent mais avec son travail et ses propres biens réels. Et ce chiffre de 5 400 millions ne comporte pas toutes les acquisitions et investissements dans les affaires nationales ou internationales qui se montent au moins à 5 000 autres millions.
(8) Molotov, longtemps ministre des affaires étrangères de l'URSS, avoua que la seule chose qu'il craignait était que cette égalité soit réalisée en Occident...
(9) La recherche des grands espaces financiers, les accords financiers entre plusieurs nations n'ont, au fond (et peut-être inconsciemment), pour but que de trouver... chez les autres, de l'argent que l'on ne peut trouver chez soi; mais le théorème reste inéxorablement valable pour l'espace considéré!

(10) Le personnel de certaines usines s'appauvrit au fur et à mesure que s'accroît leur modernisation. Il pouvait acheter, en 1947, environ la moitié de la production, et deux ans après seulement le quart, car la modernisation entraîne un accroissement des charges du capital et une diminution des pouvoirs d'achat. Cf. l'article de Georges Levard, in "revue d'Action Populaire" de décembre 1950.
(11) L'abîme qui sans cesse augmente entre le "progrès" matériel et le progrès moral, vient de ce que la production matérielle n'est plus organique. Elle n'est plus financée par le croît naturel, par les propres réserves des industries, mais par anticipation, par dettes d'argent-négatif. Elle s'enfle à une vitesse qui dépasse toute maturation possible des individus. Cela est fondamental pour comprendre l'hystérie de la production.
(12)Aussi les faillites des industries sont-elles acceptées avec complaisance par les banques, c'est une des soupapes de sûreté qui empêchent la chaudière d'éclater. Par contre, les bons "Serra" émis sans intérêt au Kenya, vers 1921, ou les "billets coopératifs" sans intérêt, J.A.K., au Danemark en 1931, furent stoppés par les banques nationales, car les professeurs d'économie démontrèrent (!!) "que c'était un gros -désavantage- pour tout le monde (!) d'emprunter sans intérêt". Qu'en pensent les constructeurs de petites maisons familiales... qui paient deux fois leur maison?

Réchauffement et Hyperclasse.

Il y a un paradoxe : les dirigeants des grands pays du monde inscrivent de plus en plus leur action dans le temps court des médias ; et simultanément, ils prétendent mettre au centre de leurs préoccupations la lutte contre le réchauffement climatique dont l’efficacité ne pourra au mieux prouver ses effets qu’entre 2050 et 2100. En fait, qu’il corresponde à une réalité ou non, l’alarmisme climatique a d’abord des fonctions de légitimation des pouvoirs et de l’idéologie dominante.

Explications :

1- L’alarmisme climatique donne le beau rôle aux dirigeants des grands pays du monde.
Il les montre préoccupés des grands problèmes et soucieux de l’avenir tout en étant responsables et reconnus par leurs pairs : quel beau rôle ! Les conférences internationales sont rarement efficaces mais elles fonctionnent comme des syndicats sinon d’administration, du moins de promotion mutuelle pour les chefs d’Etat. Et face à l’alarmisme climatique l’objectif affiché compte évidemment d’avantage aux yeux de l’opinion que les résultats qui seront constatés — ou non — par les petits-enfants ou arrières petits-enfants des électeurs actuels.

2- L’alarmisme climatique permet une gestion des peuples par la peur
Pour les gouvernants les menaces catastrophiques ont un triple avantage :
- elles servent à justifier des mesures coercitives ;
- elles entraînent les gouvernés à accepter des disciplines et à se couler dans des moules collectifs qu’on leur impose indépendamment de leurs origines culturelles ;
- elles légitiment une propagande massive puisque c’est pour une « bonne cause ».
En ce sens l’alarmisme climatique a la même fonction que les grandes peurs sanitaires qui se succèdent : maladie de Creutzfeld Jacob (vache folle), canicule, grippeA H1N1. Il s’agit toujours de faire peur pour mieux prendre les contrôles des esprits.

3- L’alarmisme climatique permet de « divertir » les peuples et d’occulter des problèmes immédiats
Evoquer des « grandes peurs » c’est se monter vainqueur de périls illusoires (les peurs sanitaires) ou engager des combats aux résultats invérifiables (le réchauffement climatique). C’est aussi éviter de parler et de poser des problèmes bien réels : la mise en cause des identités nationales sous les coups de boutoir de la mondialisation et de l’immigration, la montée de l’insécurité dans les grandes cités du monde, l’explosion du chômage dans le monde développé et l’accaparement des fruits de la croissance par la superclasse mondiale.

4- L’alarmisme climatique, justification du mondialisme
L’alarmisme climatique a permis d’imposer à l’opinion un nouveau vocable : celui fort abstrait de « planète » ; il s’agit de substituer à un attachement charnel à la terre de ses ancêtres, un lien intellectuel au cadre géologique de notre vie. L’idée est simple : créer un patriotisme mondial et par la même justifier au nom des « problèmes de la planète » des solutions mondiales. Parler « planète », c’est faire avancer le mondialisme, à rebours de l’écologie de proximité qui, elle, mène au localisme.

5- L’alarmisme climatique, nouvelle justification de l’immigration
Les immigrationnistes ont enfourché un nouveau cheval de bataille : élargir la notion de réfugiés politiques à celle des « réfugiés climatiques » et créer ainsi une nouvelle catégorie d’immigrés. La notion de « réfugiés climatiques » n’est pas encore entrée dans le droit positif mais elle est déjà médiatiquement utilisée ; et il suffira d’une catastrophe — sécheresse, inondation ou tsunami comme il en a toujours existé — pour justifier une nouvelle vague d’immigration.

6- L’alarmisme climatique, un prétexte à de nouvelles spéculations
L’alarmisme climatique a débouché sur la valorisation des agros carburants source d’une spéculation sur les marchés agricoles et de leur déstabilisation.
L’alarmisme climatique a aussi conduit à la création de nouveaux marchés virtuels : droit à polluer et « crédit carbone ». Le Monde du 19 novembre 2009 rappelle que « parmi les grands financiers du crédit carbone il faut citer Goldman-Sachs » (…) City group et Morgan Stanley développent aussi des projets ».
Voir les grandes banques de Wall street responsables de la crise financière et distributrices des plus gros bonus à leurs membres au cœur de ce dispositif spéculatif à prétention écologique ne peut qu’inciter à la… prudence.

Andrea Massari
19/11/2009
Source : Polémia

Skull & Bones.

La Fraternité de la mort

Vu ses membres illustres et son influence actuelle déterminante, on se devait d’étudier le cas très intéressant et capital de la Fraternité de la mort (Brotherhood of death ) ! Il s’agit d’une fraternité, dans la tradition maçonnique, de l’université de Yale. Contrairement à ce qui est dit, on est très loin de la fraternité post adolescente, aux bizutages et à la saoulerie faciles. On assiste plutôt à une fraternité dégénérée adepte d’un culte obscure comme a réussit à le démontrer Ron Rosenbaum dans son article du New York Observer. Quinze Bonesmen initiés chaque année, huit cents au total. Grâce à deux enregistrements aussi bien vidéo qu’audio nous savons maintenant ce qui se pratique lors de ce sombre rituel contre-initiatique.

Mais avant d’aller plus loin, il est nécessaire une bonne fois pour toute de parler du tabou absolu, l’empêcheur de réfléchir : Le Complot ! C’est le pendant international de l’accusation d’antisémitisme, dès que les accusations de « théoricien du complot » ou de « conspirationniste » sont lancées, on est discrédités ad vitam aeternam, les rictus s’animent, la dérision et les blagues fusent… Très léger comme débat et très peu contradictoire intellectuellement, à l’image de cette époque médiocre. Il convient ici de rappeler qu’il n’est point question de « Théorie » mais de faits réels et concrets, vérifiables et prouvés maintes fois. A chacun la responsabilité de le voir ou de le nier mais en aucune manière cette réalité ne disparaîtra quelque soit votre choix ou votre envie. Il existe une histoire officielle et étatique, en sortir vous mènera à une série d’ennuis en cascades. Malgré les efforts incessants de désinformation et de propagande, des faits finissent toujours par sortir du trou profond dans lequel ils ont été ensevelis. Le paradigme est donc établit et toutes les recherches qui s’ensuivront devront concorder avec et rien d’autre. Reste à savoir quel est ce paradigme lorsque l’on sait par exemple que la Fondation Rockefeller a donné 139.000 dollars en 1946 pour établir une version officielle de la seconde guerre ! Il existe bien des lois anti-trust pour empêcher les complots financiers et économiques, pourquoi n’existerait-il pas de complot politique ?! Plus concrètement, qu’est-ce que le communisme et sa révolution sanguinaire de 1917 si ce n’est un complot internationaliste contre la Russie et qui a occasionné des centaines de millions de morts. Rien d’autre qu’un complot, on le sait maintenant et possédons les preuves. La révolution rouge n’a jamais été une révolte populaire contre un Tsar despote mais bien un complot étranger qui a écrasé le peuple comme aucun Tsar n’aurait pu le faire ou même l’imaginer…

Qu’est-ce qu’une théorie ? C’est une hypothèse servant à expliquer une problématique quelconque afin de la « comprendre ». Il faut rappeler autant de fois qu’il le sera nécessaire que l’on ne peut infirmer l’absence d’une chose, ce qui est fait à longueur d’émissions et d’articles de presse ! On ne peut que proposer des évènements, des faits mais il faut pour que cela soit possible, que la partie adverse lise les faits et écoute les arguments proposés, ce qui n’est malheureusement jamais respecté ! Deux méthodes scientifiques sont utilisées aussi pour prouver cette théorie. Primo, l’explication la plus simple sera celle retenue. Enfin, l’explication qui répond au plus grand nombre de faits sera la meilleure de toutes. De surcroît, trois conditions définissent la conspiration : Les comploteurs se réunissent secrètement, leurs décisions doivent prendre corps, in fine, elles doivent êtres illégales. C’est ce que nous comptons établir et prouver dans cet article à l’image de l’ouvrage d’A. C. Sutton7.

Passons aux enregistrements de Ron Rosenbaum , que contiennent-ils ? Des passages ahurissants qui vous laisseront sans voix ! D’une vulgarité - dont vous m’excuserez l’étalage - rare. Ceci risque même de discréditer toute recherche sur cette loge morbide. En avril 2000, grâce à un enregistrement audio, puis en 2001 grâce à trois caméras à vision nocturne, R. Rosenbaum et quelques étudiants de Yale ont réussit l’impossible : filmer le rituel contre-initiatique dans les locaux de la loge « The Tomb » (la tombe est dépourvue de fenêtres). Etaient présents à la cérémonie d’initiation un homme déguisé en squelette capuchonné, un autre en diable et un dernier en robe. Une voix identifiable en tant que celle de W. Bush criait « Je vais te fourrer comme j’ai fourré Al Gore, je vais te tuer comme j’ai tué Al Gore ». Puis à un initié de crier « Retires ce piston de mon cul oncle Toby », plusieurs « Tais-toi néophyte » ! Puis un : « Le bourreau est la mort, le diable est la mort, la mort est la mort » , c’est leur mantra spécifique. Puis des « Cours néophyte, cours… trouves le fémur… » et quelques hallucinants et choquants « lèche mon anus néophyte, lèche mon cul… ». Ils racontent leurs exploits sexuels chaque samedi soir dans des cercueils tout en se masturbant, il leur est aussi demander de déterrer un mort ! Je sais que c’est très dur à croire mais c’est ainsi, c’est vérifiable. La monstruosité et l’extrême débilité d’un fait ne le rendent pas pour autant impossible. Deux pamphlets ont été écrits sur l’Ordre, l’un par Lyman BAGG en 1871 intitulé Quatre années à Yale, l’autre après l’invasion des locaux « The Tomb » par des étudiants de Yale le 29 septembre 1876 et dans lequel on lit une description très détaillée de l’intérieur des lieux. Plus exactement, les murs et les plafonds sont décorés par une multitude d’ossements humains, on y trouve les portraits du fondateur RUSSEL ainsi qu’un autre allemand. Ils décrivent les lieux comme un repère de pilleurs de tombes ! Ils découvrent aussi les surnoms donnés aux membres par l’Ordre (comme les illuminatis : Magog, Chilo, Eumenes, Glaucus, Prisaticus et Arbaces7).

Ces quelques paroles poétiques inquiétantes sont celles de l’élite mondiale d’hier et d’aujourd’hui. Pour le premier groupe, nous allons en parler maintenant en remontant l’historique de cette loge aussi dégénérée que dangereuse. L’Ordre (comme ils le nomment) a été crée et fondé en 1833 par un certain William Huntington RUSSEL et le non moins célèbre Alfonso TAFT. RUSSEL a effectué, juste avant, quelques voyages dans l’Allemagne de l’époque où il a reçu son initiation et l’autorisation d’ouvrir un chapitre à Yale. Afin de comprendre l’importance de cette loge, il est essentiel de savoir que RUSSEL a été général de l’armée et législateur d’état dans le Connecticut. Concernant TAFT, il a été Attorney General des USA ainsi que Secrétaire d’État à la Guerre. Son fils, autre bonesman, a été Président des USA et juge à la cour suprême au même moment ! Environ 30 familles WASP seulement constituent l’Ordre et pratiquent une endogamie importante. La technique est simple, ils contrôlent toutes les parties de la société : Maison Blanche, justice, politique, banques, think tanks (et autres fondations), éducation, média et publication, l’église et enfin l’industrie et le commerce. Depuis 1833, a appartenu à l’Ordre une quantité importante d’hommes de pouvoir. La liste est longue et on ne va citer que les plus importants d’entre eux qui ont eu une influence directe sur notre quotidien. Parmi les bonesmen les plus influents on peut citer Andrew Dickinson WHITE président de l’Association Américaine d’Histoire. Positionnement clé pour imposer une ligne historique officielle. D’autres associations leurs appartiennent : American Economic Association, American Chemical Society, American Psychological Association… Cinq membres de la famille Lord ont appartenu à l’Ordre, dont les deux derniers Charles Edwin a été Contrôleur de la monnaie (1981) et Winston qui a été directeur (Chairman) du CFR ! Plusieurs universités leurs appartiennent, en dehors de Yale vous avez aussi la Cornell University présidée par Andrew Dickson WHITE ou la Johns Hopkins University présidée par Daniel Coit GILMAN ainsi que la Columbia University…etc. Les fondations les plus prestigieuses sont infiltrées : Carnegie Institution présidée par le même Daniel Coit GILMAN, la Ford Foundation présidée par McGeorge BUNDY, la Twentieth Century Foundation présidée par Evans CLARCK. Autre société méconnue présidée par Theodore MARBURG et W. H. TAFT, la American Society for the Judicial Settlement of International Disputes. Cette dernière a donné naissance à la Ligue de Renforcement de la Paix qui donna la Société des Nations puis in fine l’ONU ! L’UNESCO a été fondée par le bonesman Archibald McLEASH. Les think tanks comme le « Peace Research Institute » ou « l’Institut des Etudes Politiques » sont tous sous le contrôle de l’Ordre. L’Eglise a été infiltrée par l’Union Theological Seminary de l’université de Columbia dont un des présidents fut Sloan COFFIN. La plus grande manipulation des bonesmen – en dehors de l’éducation – restera la création de la Federal Reserve Bank (FED) en 1913 et la spoliation du peuple américain de son droit de battre monnaie gratuitement. Ce pouvoir unique et ultime leur permit d’enclencher le plan en trois guerres mondiales d’Albert PIKE : 14-18, 39-45 et la dernière qui va suivre bientôt entre l’Islam et l’Occident. L’Ordre a crée de toute pièce l’Union Soviétique par de l’aide militaire directe de l’armée américaine, de l’armement, une aide financière illimitée ainsi qu’un lobbying de haut niveau. On retrouve dans ces manipulations Thomas D. TACHER, Amos et Gifford PINCHOT, William KENT et le bankster criminel Edward H. HARRIMAN. On sait aujourd’hui que les banquiers Max et Paul WARBURG ont financé TROTSKY et LENINE avec des mallettes d’or. HARRIMAN et son ami Prescott « Geronimo » Bush ont financé aussi Hitler et le régime nazi par l’intermédiaire de l’Union Banking Corporation via le magna allemand Fritz Thyssen. Prescott BUSH a même été mis en examen par le congrès US pour intelligence avec l’ennemi ! Le centre révolutionnaire de l’époque se situait au n°120 Broadway qui était l’immeuble de : Edward H. HARRIMAN Company, l’American International Corporation, JP MORGAN Firm, la FED, Bankers Club, Tacher & Bartlett, Amos PINCHOT’s Office, General Electric, Guggenheim Exploration, Soviet Bureau, Weinberg & Posner (premier ambassadeur soviétique), Guanranty Trust Company au n° 140 et l’Anglo-Russian Chamber of Commerce au n° 233… On observe ainsi une concentration importante de tous les organes impliqués dans la création de l’URSS dans le même immeuble ! Dans la même optique, Rockefeller a offert le terrain de l’ONU pour ne pas être à plus de 10 minutes du Gouvernement Mondial !

Il est ainsi évident qu’une telle organisation a un pouvoir sans précédent au sein d’une société afin de la manipuler à sa guise. Il est question ici des maîtres du monde. Que vous le vouliez ou non, leur monnaie de singe est la référence mondiale. Leur armée est la plus puissante et « Gendarme du Monde », personne ne peut s’y opposer bien au contraire, ils s’empressent tous de l’aider avec leurs bases militaires et leurs satellites. Ils battent monnaie et contrôlent le système bancaire, écrivent les lois, manipulent et décident des programmes scolaires et universitaires, possèdent les médias et manipulent les masses, créent les fondations pseudo philanthropiques et autres associations ou think tanks afin d’influer et diriger les élites vers une direction voulue. URSS, ONU, UNESCO, FED, Hitler, Banque Mondiale, FMI… sont tous issus des bonesmen. La musique mondiale, le cinéma, la langue, la mode et la nourriture sont toutes yankee « American way of life » ! La situation est critique, très critique. Elle est d’autant plus critique et sérieuse qu’aujourd’hui, les bonesmen sont au pouvoir.
On a parlé du rituel satanique des Skull & Bones, de leur historique même s’il remonte assez loin.

Maintenant parlons de l’actualité la plus proche afin de comprendre ce qui se passe ou du moins essayer. Depuis quelques décennies, les présidents US ont tous appartenu à l’Ordre. George H. BUSH puis George W. BUSH ont présidé 12 ans. Pendant la seconde élection de BUSH junior son adversaire n’était autre qu’un bonesman John KERRY. Ils contrôlent, comme vous le voyer, les deux camps, aussi bien démocrate que conservateur ! Aujourd’hui avec Barak OBAMA , qui est déjà cousin au huitième degré de Dick CHENEY, on rencontre un autre bonesman au poste de conseiller économique dans la personne de Austan « The Ghoul » GOOLSBEE. Son financier n’est autre que le dangereux spéculateur et prédateur George SOROS. Sans oublier son mentor politique qui est Zbigniew Brzezinski fondateur entre autre de la Commission Trilatérale.

Trouvez-vous normal que les médias européens n’en parlent jamais ! La simple mention du nom des Skull&Bones à John KERRY lors d’un débat dans un campus a valu une décharge de quelques dizaines de milliers de volts à l’étudiant Andrew MEYER entouré d’une demi douzaines de policiers et bien plus d’agents secrets ! Voilà une leçon donnée à toute personne libre cherchant la vérité. Je ne pense pas que cela soit suffisant pour nous arrêter mais ceci peut impressionner les plus faibles.
Je pense avoir donné une quantité suffisante de preuves pour commencer à y voir plus clair. Malheureusement il n’y aura jamais assez de lumière pour ceux qui ne veulent voir. Ne réagissez pas si vous le voulez, laissez ces comploteurs dégénérés dominer le monde mais sachez au moins pour qui vous allez périr dans un futur proche, c’est la moindre des choses…

1. Ne pas négliger d’autres fraternité non moins dangereuses : Scroll and Key, Book and Snake, Wolf’s Head…etc.
2. Antony C. SUTTON le qualifie tout simplement de sataniste !
3. www.observer.com/node/44302. At Skull and Bones, Bush’s Secret Club Initiates Ream Gore. 23 avril 2001.
4. Neufs heures seulement après l’assassinat de JFK, la télévision niait déjà le complot !
5. Le choix de la défaite. Annie Lacroix-Riz. Ed. Armand Colin. ISBN : 978-2-200-26784-1.
6. Phrase de Edgar HOOVER : « L’individu est handicapé en se trouvant face à face avec une conspiration, si monstrueuse, qu’il ne peut croire qu’elle existe ».
7. America’s secret establishment. An introduction to the order of Skull and Bones. Antony C Sutton.
8. Journaliste au New York Observer, diplômé de Yale University.
9. Définition de « Néophyte » : Nouvellement converti à une religion !
10. The hangman equals death ! The devil equals death ! Death equals death
11. Le cas de G. H. Bush « Magog » et le crâne de Geronimo est le plus célèbre.
12. L’Ordre a été financé par le trafique d’opium international.
13. White Anglo-Saxon Protestant.
14. Council of Foreign Relation, autre groupe d’influence conspirateur.
15. Lettre de Pike à Giuseppe MAZZINI datant du 15 août 1871.
16. Son budget dépasse de loin la somme des toutes les autres nations du monde !
17. Ex patron de la CIA.
18. Cf. vidéo : www.youtube.com/watch?v=z1U-9tO9V4o&eurl
19. Dont la femme Michelle est membre du CFR !
20. « Ghoul » : de Goule, macabre, morbide.
21. Autre obscur groupe d’influence de David Rockefeller comprenant l’Amérique du nord, l’UE et le Japon.
22. Hormis un article de l’Express du 27/09/2004 intitulé Les liaisons mystérieuses.
23. Cf. sa vidéo sur Youtube

La généalogie de la Superclasse Mondiale.

Le site Polémia nous livre une étude brillante, sans concession mais nuancée, sur ceux que certains croient constituer une caste homogène, surpuissante, machiavélique et comploteuse, et dont d’autres nieraient presque l’existence, au motif que la reconnaître serait caricaturer une réalité plus complexe.
Ce qu’est réellement cette oligarchie et comment elle s’est constituée est, de fait, une question centrale, riche d’enseignements sur les mutations idéologiques et sociales de l’Occident depuis deux siècles, comme sur l’avenir de l’Europe et du monde.
Une question qui impose, pour parvenir à une perception lucide de la situation, de dépasser des représentations et clivages obsolètes, notamment politiques et économiques. Sans quoi, le « Système » pourrait bien continuer encore d’égarer les naïfs dans son labyrinthe, marchand de rêves messianiques faits par d’autres et pour d’autres.


I – Il convient au préalable de définir ce que l’on entend par superclasse mondiale
Que signifie cette expression ? Trois termes significatifs :
– c’est une classe, soit un groupe social qui présente des traits particuliers durables qui le distinguent des autres ;
– elle se situe au-dessus des autres, en particulier au-dessus des anciennes élites nationales ;
--elle est mondiale, car son projet est mondialiste.

A/ Cette classe peut se définir comme un réseau occidental de dirigeants, diversifié et interactif
Il comprend notamment :
- les responsables des banques mondiales et de la finance internationale qui commandent à l’économie ;
- les responsables des entreprises transnationales ou post-nationales ;
- les participants aux forums mondiaux ou régionaux (G-7, G-20, Davos, Rounds, etc.) : ils fixent des évolutions qui s’imposent aux gouvernements et aux acteurs économiques, alors qu’ils n’ont aucun statut constitutionnel ni d’organisation inter-étatique ;
- les responsables des fondations et les ONG [Organisations Non Gouvernementales] qui concurrencent les Etats en pratiquant l’ingérence (et qui sont notamment financés par les entreprises transnationales) ;
- les médias mondiaux, c’est-à-dire ceux qui produisent des signes et du sens (ils appartiennent aux grands groupes mondiaux) ;
- les « autorités morales », c’est-à-dire les réseaux d’influence, clubs, think-tanks [groupes de réflexion], associations, cultes ; elles sont en interaction avec le pouvoir médiatique et dominent la classe politique ;
- les dirigeants des principales centrales syndicales (en interaction avec le patronat et le pouvoir politique) ;
- les responsables des partis institutionnels occidentaux et de la haute administration (ils sont sous l’influence des médias et il y a osmose croissante entre la haute fonction publique, la classe politique et les dirigeants des grandes entreprises).
Le tout, constitué par ce réseau, est plus que la somme de ses parties, car l’action de chacun contribue à renforcer le Système d’interactions qui le constitue. La SCM s’exprime au travers d’un réseau de relations (cf. David Rothkopf, « La Caste », Ed. Robert Laffont, 2009), qui offre en lui-même de multiples avantages réciproques.
Mais ce réseau est hiérarchisé (le super-pouvoir financier est au sommet et la classe politique est plutôt en bas).

B/ En quoi cette superclasse mondiale se distingue-t-elle des anciennes élites dirigeantes ?

1) La SCM possède en effet un certain nombre de caractéristiques des classes dominantes dans l’histoire :
- elle est peu nombreuse, en proportion de la population : elle comprendrait, selon les auteurs, 6.000 membres à l’échelle mondiale (David Rothkopf), ce qui est sans doute trop étroit. Le nombre de millionnaires en dollars s’établirait à 8,6 millions d’après l’agence Merril Lynch (Le Figaro du 25 juin 2009) ; ils détiendraient 32.800 milliards de dollars. [Il s'agirait de quelques dizaines de millions de personnes], d’après Samuel Huntington ;
- elle cumule la puissance temporelle et la richesse : ce réseau de dirigeants mondiaux cumule les pouvoirs économique, culturel, médiatique et politique, pouvoirs désormais largement interchangeables en Occident ; il réalise une interaction permanente entre ces pouvoirs, mais il repose à la base sur la possession et l’accumulation de la richesse (pléonexie), car c’est elle qui permet finalement de maîtriser tous les autres pouvoirs en Occident.
En effet, l’argent se transforme en pouvoir de différentes façons ; c’est en particulier un moyen simple de gagner les élections (selon Rothkopf, aux Etats Unis, 40% des membres du Sénat et 28% des membres de la Chambre des représentants seraient millionnaires) et le pouvoir est en retour un moyen de développer son influence et les occasions de s’enrichir plus (sinon, on ne voit pas pourquoi tous ces riches se lanceraient en politique).
En outre, les entreprises mondiales ont désormais une surface financière bien supérieure à celle des Etats : David Rothkopf fait remarquer que, sur les 166 entités qui représentent plus de 50 milliards de dollars de PIB en 2007, seulement 60 sont des Etats ; ou que les 250 plus grandes entreprises mondiales avaient en 2007 un chiffre d’affaires de 14.870 milliards de dollars, soit un tiers de la production mondiale et un montant plus important que le PIB des Etats-Unis ou de l’Union européenne ;
- elle est constituée, à l’origine, à partir d’éléments audacieux et sélectionnés (mais principalement par l’esprit d’entreprise et la concurrence économique, de nos jours) ; la SCM est une classe entreprenante : elle repose sur l’esprit d’entreprise, qui est le versant positif de l’esprit bourgeois ; elle a une approche entrepreneuriale en tout ce qu’elle fait : des médias aux campagnes électorales ;
- elle repose sur des mécanismes de reproduction sociale (même si ce réseau n’est pas fermé : on peut y accéder au moins à la base et on peut aussi en sortir) d’autant que la mobilité sociale s’est nettement réduite en Occident, par rapport à ce qu’elle était encore dans la seconde moitié du XXème siècle ; le recrutement familial est aussi une caractéristique de cette classe : il y a des dynasties politiques, médiatiques ou économiques.

2) En outre, la SCM récapitule beaucoup des traits classiques de la bourgeoisie au XIXème siècle, tels que décrits par les observateurs traditionnels (par exemple, Donoso Cortes et son analyse de la « classe discutante », Werner Sombart, etc.) ou socialistes (Marx notamment).
Werner Sombart oppose ainsi l’idéal-type du bourgeois à celui du seigneur (de l’aristocrate) : le bourgeois est celui qui compte, qui calcule, qui épargne et prend son profit ; le seigneur est celui qui donne (y compris sa vie) et qui dépense sans compter, qui méprise l’argent, car ses principes ne sont pas de l’ordre du matériel mais du spirituel (sens de l’honneur, du devoir, de la lignée). Le bourgeois cherche à optimiser l’intérêt personnel : il est « la mesure de lui-même » ; l’aristocratie repose, au contraire, sur le dépassement et le don de soi (l’esprit de service et de sacrifice). Le bourgeois a des droits, l’aristocrate des devoirs (« Noblesse oblige »).
D’après Sombart, l’esprit capitaliste résulte de la combinaison de trois forces : l’appât du gain (la passion de l’or), l’esprit d’entreprise et l’esprit bourgeois. C’est la combinaison de l’appât du gain et de l’esprit d’entreprise qui explique la naissance de l’entreprise capitaliste. Mais l’esprit bourgeois a évolué. A l’origine il était marqué par l’épargne et la tempérance.
Au XIXème siècle apparaît une nouvelle race d’entrepreneurs qui tiennent à la fois du flibustier et du calculateur : le but est alors d’étendre les affaires et les profits sans limite, d’obtenir des gains de plus en plus rapides, de prendre d’assaut le client et d’obtenir la suppression de ce qui fait obstacle à la course au gain (d’où la formulation d’un libéralisme de plus en plus radical, qui culmine aujourd’hui dans le mondialisme libre-échangiste). C’est la mutation culturelle du capitalisme qu’a analysée au XXème siècle le sociologue Daniel Bell.
Marx a, de son côté, mis en lumière comment la bourgeoisie avait, aux XVIIIème et XIXème siècles, contribué à rompre avec l’ordre ancien : en particulier, comment elle détruisait les institutions traditionnelles comme la famille et la nation, en substituant la logique contractuelle à celle des liens naturels. L’évolution de l’idéologie des droits de l’homme – création de la petite bourgeoisie au XVIIIème – confirme la pertinence de cette analyse, puisque la revendication de ces « droits » est devenue aujourd’hui un moyen de dissoudre les droits de la citoyenneté, de la nationalité et les identités, perçus comme autant d’obstacles au triomphe du marché (ce qui explique pourquoi les grandes entreprises s’y rallient (comme pour la discrimination positive, par exemple). Il a aussi mis en lumière que la tendance profonde du capitalisme à la concentration et à la financiarisation sapait la propriété et la liberté individuelles, qui étaient pourtant les ressorts initiaux du système.

3) La SCM possède cependant des caractéristiques nouvelles qui la distinguent des anciennes élites dirigeantes européennes :
- c’est une classe dénationalisée, car le réseau qui la compose est de plus en plus mondial (à mesure que les entreprises sont de plus en plus transnationales). C’est une classe déracinée qui veut se sentir partout – c’est-à-dire nulle part – chez elle ; ce qui induit un comportement indifférent, « touriste », vis-à-vis des communautés dans lesquelles elle est installée (mais finalement toujours plus ou moins provisoirement). Le développement des moyens de communication donne à la SCM une assise presque mondiale (l’Afrique exceptée) et des leviers d’action largement instantanés et immatériels ;
- c’est une classe qui s’est coupée du reste de la population. Cette classe est « bullocrate » (Jean-François Kahn) : elle vit dans une bulle qui la protège de ce que subit le reste des hommes et de ce qu’elle leur fait subir. Cette situation est nouvelle car, dans l’histoire, les riches et les puissants ont toujours plus ou moins côtoyé les moins riches ou les pauvres, en particulier parce qu’ils les protégeaient ; aujourd’hui, la SCM a la possibilité de vivre dans un monde à part, qui limite les contacts avec le reste de la population au strict minimum :
- bulle financière et patrimoniale : cf. les « parachutes dorés », les possibilités d’expatrier sa richesse, l’optimisation fiscale, l’appel au contribuable pour compenser les erreurs de gestion et venir au secours des banques et des entreprises ; ce phénomène de bulle patrimoniale se traduit aussi dans l’élargissement de l’éventail des revenus à son profit, qui est aussi un autre aspect de la mondialisation de l’économie, à savoir l’accroissement des inégalités de revenu et de fortune. D’après Rothkopf, l’éventail des salaires aux Etats-Unis est passé de 1 à 20, à 1 à 350, au profit des patrons de grandes entreprises. Les rémunérations dans les 23 plus grandes institutions financières américaines pourraient dépasser 140 milliards de dollars en 2009, soit +20% par rapport à 2008, d’après le Wall Street Journal du 14 octobre 2009, etc. ;
- bulle sécuritaire : quartiers, lieux de résidence, de travail, de villégiature et modes de déplacement protégés – en particulier des réalités déplaisantes de l’immigration et de l’insécurité en Europe. L’évolution des comportements sécuritaires de la SCM, en particulier de la classe politique, témoigne physiquement de sa coupure croissante avec le reste de la population ;
- bulle culturelle : avec les écoles et les établissements d’enseignement privilégiés pour ses enfants, la SCM est aussi la seule à tirer profit du marché mondial de l’art déraciné, alors que par ailleurs la marchandisation du monde appauvrit, chaque jour un peu plus, la culture dévolue au reste des hommes (cf. la dégradation générale des médias et de l’enseignement en Occident) ;
Grâce à ce statut privilégié, la SCM est parvenue à encaisser uniquement les bénéfices de son action et à externaliser les risques et les pertes sur le reste de la population. Elle peut donc célébrer « la mondialisation heureuse », comme le dit Dominique Strauss-Kahn, car elle n’est heureuse que pour elle. La différence est de taille, avec les anciennes élites qui payaient régulièrement, de leur sang ou de leur faillite honteuse, leur statut privilégié.
La SCM a en outre succédé, en Occident, à la génération qui a vécu la Seconde Guerre mondiale : héritière de mai 1968, elle a grandi dans la facilité et l’abondance et n’a jamais été confrontée à des enjeux tragiques (alors que la bourgeoisie au XIXème avait connu les guerres et les révolutions) ; c’est une classe d’enfants gâtés ;
- c’est enfin une classe nettement déchristianisée : elle a adopté un messianisme qui n’est pas chrétien, mais antichrétien Ce messianisme repose sur une hérésie, c’est-à-dire le projet de réaliser le paradis sur terre (repris aux communistes) par la destruction des nations, l’accès de tous au bonheur matériel et l’instauration d’un gouvernement mondial (qui conduira à la fin de l’Histoire).
Ce messianisme débouche sur un constructivisme qui ne voit plus les peuples que comme une cire vierge (héritage de l’esprit des Lumières), qu’il convient de déconstruire et de reformater en fonction du projet. Elle a donc le plus profond mépris pour la liberté, la souveraineté et la liberté des peuples. Ce messianisme va à l’encontre de l’incarnation, qui repose au contraire sur la valorisation de la diversité humaine et naturelle, comme reflet des multiples visages de la divinité.
Donoso Cortes définissait la bourgeoisie comme une « classe discutante », c’est-à-dire qui discutait, contestait toute autorité autre que la sienne. La SCM est, elle, une « classe méprisante », qui n’a que mépris pour son prochain, réduit à l’état de ressource (humaine). Il suffit de voir comment les membres de cette oligarchie parlent de leurs concitoyens (les gens, les français, …) ou traitent leurs opposants.
La SCM est ainsi atteinte de démesure : depuis la chute du fascisme, du communisme et la marginalisation du catholicisme, elle croit à son élection historique sinon divine. Elle croit qu’elle a le droit de faire le bonheur des gens malgré eux, et de tout bouleverser (elle dit « moderniser ») pour que son règne arrive.

(…)

12/2009